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Entreprises & FinanceAutomobile

Y aura-t-il un vrai patron pour Renault?

Photo de Alain-Gabriel Verdevoye

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 03 septembre 2013 à 17:23

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Carlos Ghosn devient seul maitre à bord chez Renault. Pour la première fois depuis 2008. Mais le double PDG de la firme française et de son allié Nissan peut-il tout diriger? Il avait justement désigné un numéro deux de Renault en 2008 pour pouvoir prendre du champ...

Décidément, la fonction de numéro deux est maudite chez Renault. Après avoir sacrifié Patrick Pelata en avril 2011, après la rocambolesque affaire des faux espions, Carlos Ghosn, le PDG de Renault et Nissan, limoge maintenant Carlos Tavares, pour avoir clamé ses ambitions. Tirant la leçon de ses deux tandems avortés avec pourtant des hommes-lige, fidèles parmi les fidèles, qui l'avaient naguère accompagné chez Nissan, Carlos Ghosn, âgé de 59 ans se passera désormais purement et simplement de... numéro 2. Au moins, comme ça, c'est clair. Une décision prise alors que son mandat arrive d'ailleurs à échéance en mai prochain. S'il n'a pas dévoilé clairement ses intentions, rien ne laisse toutefois présager qu'il veuille lâcher les rênes de Renault, qu'il dirige depuis 2005.

L'autoritaire patron sera donc seul maître à bord. Et ce, pour la première fois depuis 2008! "Le vrai patron de Renault, c'est moi", avait-il d'ailleurs déjà martelé il y a  deux ans, devant quelques journalistes lors d'un voyage au Brésil, en nommant Carlos Tavares Directeur général délégué. "Je suis le mandataire social. Je suis responsable de la marche de l'entreprise devant les actionnaires", avait en particulier alors souligné le PDG, marquant une primauté qui va désormais s'accentuer.... en l'absence de second et donc de dauphin présumé.

Deux ou même trois groupes, c'est beaucoup

Même si Carlos Ghosn accroit son emprise sur Renault, reste une question cruciale:  qui va réellement piloter Renault? Comment en effet un PDG à cheval sur deux entreprises peut-il prétendre être le dirigeant opérationnel plein et entier de la firme au losange? Carlos Ghosn a été effectivement reconduit en juin dernier pour deux ans de plus à la tête de Nissan, qu'il dirige depuis 1999, d'abord comme directeur général puis comme PDG. L'homme a aussi pris récemment la tête du conseil d'administration du premier constructeur russe Avtovaz  Lada, qui passe progressivement sous le contrôle de l'alliance Renault-Nissan. Un cumul unique dans l'industrie automobile mondiale.

La question de sa disponibilité chez Renault est d'autant plus légitime que c'est justement pour prendre du champ et se concentrer sur les grands enjeux de l'alliance Renault-Nissan que Carlos Ghosn avait demandé à Patrick Pelata de devenir son bras droit, il y a quasiment cinq ans. Retour à la case départ? Pourtant, même avec un numéro deux, bien des experts lui reprochaient déjà de ne pas développer suffisamment la gamme des véhicules Renault et de ne pas consacrer assez de temps à la firme française. C'est pour désamorcer les critiques que Carlos Ghosn avait maintes fois promis d'"être plus présent en France", un message  adressé à l'État français, premier actionnaire avec 15% du capital.

Pas un homme de produit automobile

Le dirigeant franco-brésilien, devenu un héros au Japon pour le redressement opéré chez Nissan, va avoir du mal. Car, Renault n'est pas au mieux de sa forme en Europe, son marché  prioritaire. Si les Dacia de la filiale roumaine à bas coûts cartonnent, le groupe manque de produits attractifs pour la marque au losange elle-même. Or, Carlos Ghosn n'est pas le spécialiste du produit qu'étaient en revanche Patrick Pelata et surtout Carlos Tavares, deux passionnés d'automobiles. Les choix de Carlos Ghosn quand il était seul à la tête de Renault n'avaient d'ailleurs pas été très heureux en termes de style avec des Renault Twingo II ou Laguna III banales à souhait. La Laguna III aura été un semi-échec.

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Les anciennes responsabilités de Carlos Tavares vont être réparties, selon un communiqué du groupe tricolore, entre deux nouvelles directions, l'une déléguée à la compétitivité et l'autre à la performance. Elles s'ajouteront aux directions financière, des ressources humaines et celle déléguée à la présidence. Ce plan, qui a été soumis lundi au conseil d'administration et à une centaine de dirigeants lors du séminaire de rentrée du groupe sera présenté le 9 septembre en comité central d'entreprise.

Alain-Gabriel Verdevoye

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