Pourquoi Stellantis et Renault restent sous-cotés en Bourse, malgré des profits records
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CHARLES PLATIAU
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C'est un cruel paradoxe pour les constructeurs automobiles. Deux ans après le déclenchement de la crise sanitaire, à laquelle a succédé d'autres crises (pénurie de semi-conducteurs, guerre en Ukraine...), leurs cours de Bourse sont toujours au ras des pâquerettes. Et ce, alors que leurs profits n'ont jamais été aussi élevés. Ils sont ainsi parvenus à améliorer significativement leur profitabilité alors même que les ventes se tassaient, ou étaient carrément en baisse.
En Europe, le marché est désormais un tiers en-dessous de ce qu'il était avant la crise du Covid. Pourtant, Stellantis a largement amélioré sa rentabilité, pour atteindre 14% de marge opérationnelle. Renault, qui réalise l'essentiel de ses profits en Europe, a même doublé sa rentabilité au premier semestre.
La formule est désormais bien connue : les constructeurs ont privilégié les modèles à plus forte valeur ajoutée, les mieux équipés, et surtout les véhicules électriques. En outre, sur un marché contraint, où la demande peine à trouver des voitures, ils ont cessé toutes remises dans les ventes.%
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Oui mais voilà, le marché n'est pas acheteur. Renault, qui a généré près d'un milliard d'euros de trésorerie au premier semestre et doublé sa marge opérationnelle, vaut moins de 8 milliards d'euros en Bourse. A peine plus que sa participation de 44% dans Nissan. Si on retire sa très lucrative filiale bancaire RCI Bank, il ne reste plus rien. Stellantis, lui, est valorisé 44 milliards d'euros. Un chiffre conséquent, mais qui ne reflète ni sa profitabilité, ni son bilan (26 milliards de trésorerie). L'action du groupe, issu de la fusion entre Fiat Chrysler et Peugeot Citroën, a même baissé de 27% par rapport à son plus haut atteint mi-janvier. Certes, les cours ont repris des couleurs depuis les publications semestrielles (+11% chez Renault depuis les résultats, et +9% chez Stellantis), mais ils restent encore très bas.