Sanofi augmente son dividende grâce à un bénéfice net annuel à +340%

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(Crédits : Charles Platiau)
Le bénéfice net du groupe pharmaceutique a atteint 12,3 milliards d'euros contre 2,8 milliards un an auparavant, soit une progression de près de 340%. Un gain pour les actionnaires de l'entreprise en partie dû à la vente de ses actions dans son partenaire Renegeron, une biotech américaine qui développe des anticorps de synthèse utilisés contre le Covid.

Le géant pharmaceutique français Sanofi va proposer un dividende en hausse après avoir publié vendredi un bénéfice net en très forte progression en 2020, dopé par la vente de ses actions Regeneron.

Dans le détail, le bénéfice net du laboratoire - qui est sous le feu des critiques pour le retard de son vaccin anti-Covid et ses suppressions d'emplois dans la recherche - a atteint 12,3 milliards d'euros contre 2,8 milliards un an auparavant, soit une progression de près de 340%.

Pour rappel, Sanofi avait distribué un peu plus de 4 milliards d'euros de dividendes en 2020, déjà en hausse par rapport à 2019.

> Lire La Tribune Occitanie : Sanofi veut supprimer 55 postes à Montpellier

Celle-ci inclut une importante plus-value de plus de 7 milliards d'euros générée par la vente de ses actions dans son partenaire Renegeron, une biotech américaine qui développe des anticorps de synthèse utilisés contre le Covid et dont a bénéficié l'ancien président américain Donald Trump.

Lire aussi : « Sanofi est résolu à développer un vaccin sûr et efficace contre la Covid-19 », Olivier Bogillot (Président France)


Le conseil d'administration du groupe va proposer un dividende en hausse, à 3,20 euros, qui représentera un versement de plus de 4 milliards d'euros à ses actionnaires.

Le bénéfice net des activités, qui exclut certains éléments exceptionnels et est privilégié par le groupe, affiche, lui, une hausse de 4,2% (+9,6% à taux de change constants) à 7,35 milliards d'euros.

Le bénéfice net par action des activités (BNPA), autre indicateur clef pour le groupe, atteint 5,86 euros, soit une hausse de 9,2% à taux de change constants (+3,9 en devises courantes), un chiffre plus élevé qu'anticipé.

Fin octobre, Sanofi avait relevé son objectif et indiqué tabler sur une croissance de 7 à 8% pour 2020.

Le groupe anticipe pour 2021 une solide croissance de cet indicateur, dans une fourchette située dans le haut de la première dizaine, dit-il.

Sanofi fait par ailleurs valoir que près de 1,7 milliard d'économies ont été réalisés l'an passé, dont environ 60% ont été réinvestis, dit-il.

La performance des ventes de vaccins contre la grippe

L'an passé, le géant pharmaceutique a enregistré un chiffre d'affaires de 36,04 milliards d'euros, en hausse de 3,3% à taux de changes constants (mais quasi stable à taux de change courants). Il s'agit de ventes moins élevées qu'attendu par un consensus d'analystes interrogés par Factset.

Les vaccins ont été particulièrement porteurs, avec une progression de 8,8% à quasiment 6 milliards d'euros. Dans un contexte de pandémie, les vaccins contre la grippe ont vu leurs ventes bondir de près de 38% tandis que ceux des voyageurs ont à l'inverse chuté de plus de 40%.

Outre cette division, Sanofi a continué d'être soutenu par la croissance de son produit phare Dupixent (+74% à 3,5 milliards d'euros), développé en collaboration avec Regeneron, pour lequel il anticipe, à terme, plus de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaire.

Ce médicament, utilisé notamment dans le traitement de l'asthme ou de la dermatite atopique, est un "blockbuster" pour Sanofi, envisagé dans de nouvelles indications, comme l'oesophagite à éosinophiles, une maladie inflammatoire de l'oesophage.

Les ventes de la médecine générale (diabète, cardiovasculaire) ont à l'inverse poursuivi leur recul (-7,6 à 14,7 milliards d'euros), pénalisées en partie par la baisse des ventes de traitements pour le diabète aux Etats-Unis et en Chine.

La division "santé grand public" (qui comprend le doliprane) a, elle, diminué de 1,9% à quelque 4,4 milliards d'euros, notamment en raison d'une faible saison de toux et de grippe.

Lire aussi : Absence de vaccin français: « le moment de se remettre en cause », selon le Medef

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Commentaires
a écrit le 05/02/2021 à 19:57 :
Et sans vaccin anti-covid !! Et en sabordant une bonne partie de sa RD !! Qu'est-ce que ça aurait été !!😁
a écrit le 05/02/2021 à 17:41 :
Bref une machine à faire du fric et non à soigner, quelque chose reste en travers de la gorge quand même non ?
Réponse de le 05/02/2021 à 21:09 :
Qu'est-ce qui nous empêche donc d'acheter des actions de cette "machine à faire du fric" pour financer nos "soins" ? Sinon, c'est effectivement un changement de technologie qui entraîne la rétrogradation de SANOFI comme de Pasteur : le vaccin à ARN messager est davantage un traitement qu'un vaccin. C'est comme les fabricants de fiacres et diligences, qui ont été complètement dépassés par l'industrie automobile...
a écrit le 05/02/2021 à 17:11 :
Ces dernières années, le dividende a toujours été un peu au dessus de 3 Euros, il n'y a donc pas de grand changement cette année et l'article est trompeur car ce dividende n'a rien d'exceptionnel.
a écrit le 05/02/2021 à 15:56 :
Parfait, donc Sanofi va pourvoir réindustrialiser en France, et augmenter fortement ses budgets de recherches en France et Outre-mer, souveraineté oblige ?
Mais les dirigeants de Sanofi s'en tapent de la souveraineté !
L'État ayant aussi une grosse part de responsabilité puisqu'il n'investit toujours pas suffisamment dans la R&D, et ne pousse que depuis quelques années aux modernisations (robots, numérique).
Sans oublier les couts des l'industrialisations, du travail et de production qui étaient trop élevés par rapport aux grandes nations concurrentes, ce qui obligeait nos meilleurs brevets à se tirer ailleurs pour faire plus de marges, mais aussi pour aller chercher de plus gros marchés. Le marché de l'UE est énorme, mais comme chacun y tente de fusiller son concurrent, plutôt que de créer des alliances pour aller plus fort à l'export, c’est bancal !
Le PIB par habitant français n'est pas très élevé, et les salaires moyens ne permettent pas de booster suffisamment la consommation intérieure, ni d'investir autant qu'ailleurs dans la création d'entreprise.
Et les chercheurs, même s'ils sont assez bien cocoonés en France (si on oublie le passage Sarkozy), sont aussi aimantés par des propositions salariales supérieures à l'étranger.
Manques d'investissements et de R&D, ça concerne aussi évidement l'éducation.
Les extrêmes, partis, écolos et syndicats ont aussi une grande part de responsabilités pour avoir freiné, par le passé, maintes avancées (robots, modernisations, digitalisation).
Liste non exhaustive.
En 2019, le groupe a réalisé 35,3% de son chiffre d'affaires aux États-Unis, soit 12,7 Md€, et 18,2% en Europe, soit 6,5 Md.
Après l'Oréal qui n'est qu'à 9,3%, les trois actionnaires suivants sont deux fonds américains et un norvégien.
Voilà le constat.
Donc en sortie de la crise COVID, y’aura toujours un maximum de faiblesses, et de renoncements et erreurs du passé, qu’il faudra continuer à corriger.
Justice ? Non.
Les groupes pharmaceutiques et toutes les industries médicales, qui n’avaient pas du tout anticipé une telle crise, et qui sont donc en partie responsable de son ampleur, vont tout de même récupérer un maximum de pognon, et vont se la jouer.
Et on sait très bien que les grands groupes (pharmaceutiques et autres), et les hypermarchés, ont toujours tenté d'imposer le maximum de délocalisations à toutes leurs chaines de sous-traitance, pour augmenter leurs marges, avec plus ou moins de laxisme, opéré par de nombreux gouvernements et ministres (économie et finance).
Tout le restant n'étant que du blablabla.
Souveraineté, relocalisations, haut de gamme, va falloir arrêter le cinoche et les demi-mesures, et passer à la vitesse supérieure avant la prochaine crise.
Pour tout ce que j'achète, et ceci depuis de décennies, le regarde toujours la provenance et même plus, comme l'actionnariat. Comme la technique et la R&D sont mon rayon, et que je suis tout ce qui bouge, c'est assez simple pour moi.
Mais chacun peu faire l'effort, évidement en fonction de ses moyens, et privilégier avant tout, quand c'est possible, les produits fiançais, puis européens, puis africains, avant aller acheter des produits américains, canadiens, chinois, japonais ou coréens.
Et puis quitte à acheter loin des produits agricoles ou agroalimentaires, autant ne pas booster nos plus gros concurrents économiques, ça s’appelle l’intelligence économique.
Pourquoi nous propose-t-on des pamplemousses de Floride ou d'Israël?
Pourquoi nombre des biscottes, petits pains et céréales proposés par nos hypermarchés dépendent d'entreprises américaines?
Notez que même chez les distributeurs de meubles les fabrications françaises sont maintenant indiquées. Si ce n'est pas le cas, il y a de fortes chances que l'origine soit asiatique. Dans le petit électroménager, le tricolore s'affiche aussi.
Les circuits courts sont préférables pour la planète, mais aussi pour nos emplois, et donc pour résorber notre chômage au plus vite, à l'échelle française, mais aussi européenne. La souveraineté est aussi en jeu. Le soft power aussi, pour exemple, lors de cette première année de crise, nous ne pouvions pas proposer des vaccins, respirateurs, tests, masques à nos alliés, puisque nous n’étions même pas capables de subvenir à nos propres besoins.
Vous l'aurez compris, je ne suis pas fan des traités de libre échange, nécessaires, mais quelquefois totalement mal cogités.
Le temps me manque….
Pas le temps de me relire comme dab :>))
Réponse de le 06/02/2021 à 22:12 :
Sanofi n'est pas une que boite Française, mais une multinationale Franco-Allemande avec des capitaux venant d'autres pays comme toutes les multinationale. En France nous ne voulons pas de boite Française car comment alors expliquer que nous préférons mettre notre épargne de 450 MILLIARDS en livrets défiscalisé. Moi aussi pour parodier les frexiteurs de ce forum, je dis vite, vite un fond de pension.
a écrit le 05/02/2021 à 14:11 :
340 % de bénéfices, c'est un titre pour faire parler les ignares anti-profit et qui par leur schizophrénie se demandent ensuite pourquoi certaines entreprises ferment. Ce n'est pas un bénéfice opérationnel mais le résultat d'une vente d'un actif. 340% de bénéfices dans ce cas est donc un non sens.
a écrit le 05/02/2021 à 13:32 :
c'est marrant, mais selon qu'on va sur un site de baveux moralistes, ou sur le site d'un journal economique, les chiffres ne sont pas presentes pareil
en toute independance, la presse de gauche independante qui soutient les ultra neo paleo d'ultra gauche syndiques explique plutot qu'il ne peut pas y avoir suppresions de postes dans la recherche, vu qu'il y a de l'ultra profit capitaliste ( genere ailleurs)
c'est limite curieux de voir des journalistes qui rentrent dans le detail de ce qu'on apprend en cours de finance deuxieme annee sur la ventilation des resultats
tres curieux pour un pays comme la france
ca releve le niveau
( a mon avis c'est pour pas finir dernier au pisa economique, les preuves etant deja faites ailleurs! en sciences, mais pas que...)
a écrit le 05/02/2021 à 12:38 :
Bref une machine à faire du fric et non à soigner, quelque chose reste en travers de la gorge quand même non ?
Réponse de le 05/02/2021 à 17:16 :
Sinon, il y a le communisme mais il ne me semble pas que ça ait fait la preuve de son efficacité et de son humanité.
En attendant c'est justement cette attirance aux profits à-venir qui fait que les investisseurs acceptent des pertes pendant des années dans les startups.
La médaille a 2 faces et ce n'est pas forcément si négatif.

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