Vaccination anti-Covid : pas d'immunité collective en 2021, regrette l'OMS

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Les campagnes de vaccination massives, face à la progression galopante du Covid-19, ne suffiront pas à garantir une immunité collective en 2021, a averti lundi l'OMS.
Les campagnes de vaccination massives, face à la progression galopante du Covid-19, ne suffiront pas à garantir une immunité collective en 2021, a averti lundi l'OMS. (Crédits : Denis Balibouse)
"Le déploiement des vaccins, quand il s'agit de milliards de doses, "prend du temps, nous n'atteindrons pas l'immunité collective en 2021", a expliqué la responsable scientifique de l'OMS, Soumya Swaminathan. D'autres experts mettent en garde contre un "potentiel faux sentiment de sécurité dû au déploiement des vaccins". Partout dans le monde, on assiste à une flambée de la pandémie, avec de nouveaux cas de transmission aux animaux, et de nombreux gouvernements prennent des mesures de couvre-feu partiel ou total.

DOSSIER - La course aux vaccins

Les campagnes de vaccination massives, face à la progression galopante du Covid-19, ne suffiront pas à garantir une immunité collective en 2021, a averti lundi l'OMS, dont une équipe est attendue cette semaine en Chine, un an après l'annonce du premier des près de 2 millions de morts de la pandémie.

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Les mutations plus contagieuses du virus affolent la planète

Les statistiques des cas, qui dépassent désormais les 90 millions recensés, s'affolent dans le monde, en raison de mutations plus contagieuses du virus.

Un an jour pour jour après l'annonce par Pékin du premier décès du Covid-19, un homme qui faisait ses courses sur un marché de Wuhan, la Chine a donné son feu vert à la venue d'une équipe d'experts de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) chargée d'enquêter sur l'origine du coronavirus, initialement attendue la semaine dernière.

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La visite de ces 10 experts, désormais programmée à partir de jeudi, est ultra-sensible pour le régime chinois, soucieux d'écarter toute responsabilité dans l'épidémie qui a fait plus d'1,9 million de morts et plongé dans le monde dans la crise économique.

"Ce sont des réponses que nous cherchons, non des coupables ou des accusés", a assuré le directeur des questions d'urgence sanitaire à l'OMS, Michael Ryan.

"J'ai hâte de me faire vacciner et de vivre sans peur et sans masque"

 Sept centres de vaccination massive ont ouvert lundi au Royaume-Uni, où le gouvernement compte immuniser quelque 15 millions de personnes d'ici mi-février pour commencer à lever son troisième confinement en un an.

Le système de santé britannique, qui a franchi le seuil des 80.000 morts, est "actuellement confronté à la plus dangereuse situation dont on puisse se souvenir", a alerté Chris Whitty, le médecin-chef pour l'Angleterre.

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En Allemagne, qui compte plus de 40.000 morts, les prochaines semaines constitueront "la phase la plus dure de la pandémie" avec un personnel médical travaillant au maximum de ses capacités, a déclaré la chancelière Angela Merkel.

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Débuts difficiles des campagnes de vaccination

Pour répondre à l'impatience mondiale face aux difficultés d'accès aux vaccins, la société allemande de biotechnologie BioNTech a affirmé pouvoir fournir "2 milliards de doses" de son vaccin d'ici la fin de l'année, nettement plus que le précédent objectif portant sur 1,3 milliard de doses.

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La PME, associée au géant américain Pfizer, tient désormais compte du "nouveau standard" permettant de tirer 6 doses de chaque flacon au lieu de 5.

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L'Inde, deuxième pays le plus touché - après les Etats-Unis - avec plus de 10 millions de cas recensés, a prévu de commencer dès samedi à vacciner jusqu'en juillet 300 millions d'habitants sur une population de 1,3 milliard.

"J'ai hâte de me faire vacciner et de vivre sans peur et sans masque tout le temps, l'an dernier a été très dur pour nous", a déclaré à l'AFP Shatrughan Sharma, un travailleur de 43 ans à New Delhi.

La Russie a pour sa part annoncé que 1,5 million de personnes dans le monde s'étaient fait administrer son vaccin Spoutnik V et envisage d'en développer une version "légère" ne nécessitant qu'une seule injection, mais de moindre efficacité.

Lire aussi : "Vaccin de singe": l'UE accuse la Russie de calomnier les concurrents de son Spoutnik V pour préserver ses parts de marché

Aux États-Unis, où près de 376.000 personnes sont mortes du coronavirus, le président élu Joe Biden a reçu lundi en direct à la télévision la deuxième dose du vaccin de Pfizer/BioNTech.

"Ma priorité numéro un est de faire en sorte que le vaccin soit (injecté) dans les bras des gens, aussi rapidement que possible", a-t-il déclaré. Pour accélérer le rythme des vaccinations, New York a assoupli ses critères d'éligibilité et ouvert lundi ses premiers grands centres.

Vaccination : attention au "faux sentiment de sécurité"

Mais l'OMS a averti que masques, distanciation sociale et lavages des mains seraient encore le quotidien de l'humanité "au moins jusqu'à la fin de cette année".

"Nous n'allons pas atteindre (...) l'immunité collective en 2021", a lancé la responsable scientifique de l'OMS, Soumya Swaminathan. Le déploiement des vaccins, quand il s'agit de milliards de doses, "prend du temps", a-t-elle expliqué, exhortant à "faire preuve d'un peu de patience".

De son côté, le directeur de la Santé de La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), Emanuele Capobianco, a mis en garde contre un "potentiel faux sentiment de sécurité dû au déploiement des vaccins".

Inquiétude autour du variant anglais

Une inquiétude justifiée par la circulation mondiale du variant identifié en Grande-Bretagne, d'une contagiosité accrue.

Lire aussi : Covid-19: que sait-on de "B117" et "V2", les deux variants du virus qui inquiètent tant les scientifiques?

Les autorités sanitaires russes ont annoncé dimanche en avoir découvert un premier cas chez une personne de retour du Royaume-Uni. Le Mexique, pays qui compte plus de 130.000 morts, en a également détecté un premier cas dans l'Etat de Tamaulipas, frontalier des Etats-Unis.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a par ailleurs indiqué que l'agence "a été informé par le Japon au cours du weekend d'un nouveau variant du virus".

La fréquence des mutations favorisée par l'expansion du virus

"Plus le Covid-19 se répand, plus il y a de chance qu'il évolue encore. A noter que la transmissibilité de certains variants du virus semble augmenter", a-t-il ajouté.

À court terme, les États européens durcissent les mesures pour réduire les contacts, au risque d'aggraver la morosité économique.

Le Portugal, où l'épidémie atteint de nouveaux records, "décrètera quelque chose de très semblable au premier confinement de mars", selon le chef du gouvernement Antonio Costa. Le président sortant Marcelo Rebelo de Sousa, 72 ans, a été testé positif. Asymptomatique, il s'est mis à l'isolement.

Des gorilles testés positifs au virus

En France, où le nombre de malades du Covid-19 hospitalisé continue de grimper, le couvre-feu a été étendu dans huit départements.

Lire aussi : Le couvre-feu à 18h étendu à huit départements dès dimanche

Au Liban, la réponse à la propagation en flèche du nouveau coronavirus est elle radicale: couvre-feu total pendant onze jours, à partir de jeudi, durant lequel il sera interdit de sortir, même pour faire ses courses alimentaires ou promener son chien.

Plusieurs gorilles du zoo de San Diego en Californie ont été testés positifs au virus et placés en quarantaine, ont annoncé les autorités. Il s'agit du premier cas connu de transmission chez ces animaux.

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Commentaires
a écrit le 13/01/2021 à 8:11 :
Donc la question est : pourquoi autant de précipitation à vacciner de la part de nos chers politiciens, tous bords confondus, en France et sur la planète entière ? Peut-être pour des raisons beaucoup plus inavouables, pas forcément en lien avec la santé ...
a écrit le 12/01/2021 à 15:02 :
Ce qui est sur c'est que vu que l'on ne veux pas chercher on ne trouvera pas un traitement pouvant être prescrit par les médecins généralistes.
Franchement je me demande ce que nous ferons de plus en cas de retour de la peste noire.
De même je me demande si ces gens savent que nous n'avons pas attendu le vaccins contre le Choléra pour prendre des mesures.
Un bon malade est un malade pris en charge á temps et qui de ce fait évite l'hôpital. (mon dieu j'ai péché contre le remdisivr)
a écrit le 12/01/2021 à 14:20 :
Les objectifs de nos politiques manquent cruellement de réalisme.
Pour atteindre l'immunité collective 70 % de la population doit être vaccinée et à raison de 2 doses cela fait 94 millions d'injections pour la France
à raison de 300 à 400 centres de vaccination nous arriverons péniblement (à condition d'avoir les vaccins nécessaires) à 4,5 millions/mois soit 54 millions/an
Résultat : nous sommes partis sur deux ans de vaccination pour atteindre le seuil de l'immunité collective.
a écrit le 12/01/2021 à 12:01 :
Le virus mute, l'OMS ne sait pas comment il se présentera dans 6 mois, peut-être ne sera t-il plus dangereux? Par ailleurs , au niveau des soins , de prochaines molécules permettant d'éviter l'hospitalisation vont arriver. On en a besoin , cette dictature des diafoirus devient lassante.
a écrit le 12/01/2021 à 10:57 :
Mis à part le fait que les partisans du « passeport vaccinal » vont revenir à la charge en 2021, l’OMS vient d’annoncer que, vaccinés ou non, nous allons être obligés de respecter les gestes barrière et de porter un masque pendant toute l’année 2021 et ceci car l’immunité collective ne sera pas atteinte. Qu’est-ce que l’immunité collective ? Pour faire court c’est quand un virus ne peut plus se propager car il rencontre trop de sujets protégés (70% pour Covid-19). Ceci dit il est presque certain que lorsque les personnes à risques auront été vaccinées, ce qui pourrait intervenir au plus tard à la fin du premier semestre 2021, le nombre de cas graves sera en nette diminution et les services de réanimation ne seront plus saturés. On pourra alors envisager de ne plus avoir recours à des mesures telles que les couvre-feux ou les confinements. Toutefois, selon l’OMS, il va falloir encore respecter les gestes barrière et porter un masque pendant des mois sinon des années jusqu’à ce que l’on ait atteint l’immunité collective. La question qui se pose est donc de savoir s’il sera vraiment nécessaire d’atteindre cette immunité collective, sachant que, si l’on y parvient, ce qui n’est pas assuré, cela risque de prendre des années, alors que le nombre de décès sera faible, et si cette interminable attente justifiera le fait que nous soyons encore contraints, vaccinés ou non, de porter des masques partout pendant un temps qui nous paraitra alors insupportable.
a écrit le 12/01/2021 à 10:52 :
Pendant ce temps :


Plus d’un an après l’apparition officielle du Covid-19 en Chine, le virus continue de faire des ravages sur la planète. Mais alors que la campagne de vaccination est désormais lancée dans plusieurs pays, un troisième variant a été repéré au Japon, lundi 11 janvier, rapporte France Info. Après les deux premiers, découverts en Afrique du Sud et au Royaume-Uni au mois de décembre dernier, celui-ci a été identifié sur des patients de retour du Brésil.

Quatre personnes, dont deux enfants seraient porteurs de ce nouveau variant du coronavirus. Elles sont revenues le 2 janvier dernier d’un voyage au Brésil, dans l’Etat de l’Amazonas, selon le Japan Times. Trois des quatre montraient déjà des symptômes à leur arrivée à l’aéroport de Tokyo. Un homme d’une quarantaine d’années avait ainsi des difficultés respiratoires et une femme dans la trentaine souffrait de maux de tête et de gorge. Un adolescent avait aussi de la fièvre.
a écrit le 12/01/2021 à 10:14 :
"Nous n'allons pas atteindre (...) l'immunité collective en 2021"

Logique,puisqu’on empêche les gens de se côtoyer ce qui est le seul moyen de s'immuniser naturellement On a l'exemple de la grippe de Hongkong ou on a rien fait de particulier ( pas de masque, confinement, gel, couvre feu etc..) puis quelques mois après c'était terminé.D'ailleurs tout le monde a oublié cette grippe ,c'est pour dire.
a écrit le 12/01/2021 à 9:52 :
Ca tiendra jusqu'en 2022 pas de souci vu comme les médias de masse sont habitués à rabacher des banalités aucun souci, c'est par contre quand ils vont essayer de nous faire voter par internet ou par courrier que ça va commencer à réellement percuter... :-)

Courage bons soldats néolibéraux, je comprends bien que vous êtes pas habitués à bosser et que tout d'un coup on vous le demande 24h/24 et 7 jours sur sept ! Mais il faut bien ça pour faire passer l'énorme truc et encore c'est bien juste je trouve.

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