Charbon : la fin de l'âge d'or serait arrivée

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Un  pays continue néanmoins de miser sur cette énergie fossile : l'Inde, qui le perçoit comme incontournable pour développer son secteur manufacturier.
Un pays continue néanmoins de miser sur cette énergie fossile : l'Inde, qui le perçoit comme incontournable pour développer son secteur manufacturier. (Crédits : © Mukesh Gupta / Reuters)
La croissance de la consommation mondiale de cette énergie fossile est destinée à ralentir d’ici à 2020, selon l’Agence mondiale de l’énergie. Le soutien aux énergies renouvelables et la transformation chinoises sont les principales causes de ce déclin.

Il était jusqu'à présent appelé le "King Coal"... mais le règne du "roi charbon" pourrait être proche de sa fin. La part de l'énergie fossile la plus émettrice de CO2 dans l'ensemble de la production mondiale d'électricité va diminuer de 41 à 37% entre 2015 et 2020, estime l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son rapport annuel sur le marché du charbon publié vendredi 18 décembre, près d'une semaine après la conclusion de la COP21.

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De 3,3% à 0,8% de croissance moyenne

En conséquence, la consommation de charbon va certes continuer d'augmenter, en ligne avec celle énergétique, mais bien moins rapidement qu'auparavant. Après avoir atteint 3,3% par an entre 2010 et 2013, la croissance de la demande mondiale va notamment passer à une moyenne annuelle de 0,8% jusqu'en 2020, selon les pronostics de l'AIE. En 2020, les tonnes de charbon brûlées sur la planète devraient être 5,8 milliards : plus de 500 millions de tonnes de moins que prévu.

Déjà aujourd'hui la tendance serait d'ailleurs enclenchée, relève l'AIE : 2014 a été la première année depuis 1990 à ne pas connaître de hausse de la demande mondiale de charbon et en 2015 un repli pourrait même être constaté en 2015 pourrait même constater un repli.

Le mouvement de désinvestissement du charbon se renforce

Pour expliquer cette évolution, l'AIE identifie essentiellement deux causes interdépendantes :

  • La première est la baisse de la consommation du charbon en Chine, qui actuellement engloutit à elle seule la moitié des ressources mondiales. Non seulement Pékin est confronté à un net ralentissement de sa croissance économique. Surtout, son économie est de plus en plus axée sur les services, qui demandent moins d'énergie que l'industrie.

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  • La seconde réside dans le renforcement des politiques environnementales, qui favorisent la montée en puissance des énergies renouvelables, de plus en plus compétitives. Ainsi, en novembre, plusieurs pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont décidé de limiter leur soutien à l'exportation de centrales au charbon. Dans le privé, le mouvement de désinvestissement de cette énergie fossile prend aussi de plus en plus d'ampleur, sous la pression des organisations de défense de l'environnement.

Le charbon est par ailleurs confronté à la concurrence accrue du gaz, dont les prix ont reculé dans le sillage de ceux du pétrole, pointe l'AIE.

L'Inde persiste

Un pays continue néanmoins de miser sur cette énergie fossile : l'Inde, qui le perçoit comme incontournable pour développer son secteur manufacturier ainsi que permettre l'accès à l'électricité à quelque 240 millions de ses habitants qui en sont encore privés.

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L'Inde est ainsi destinée à devenir "le deuxième consommateur mondial de charbon devant les Etats-Unis, et le premier importateur de charbon thermique", prédit l'agence. Avec l'Asie du Sud-Est (Indonésie, Vietnam, Malaisie, etc.), le pays aux 1,3 milliard d'habitants sera ainsi le principal moteur de la croissance du charbon les prochaines années. Cela restera toutefois insuffisant pour contrebalancer significativement la tendance générale.

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