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Habillement : le sort de Go Sport sera connu le 28 avril

latribune.fr

Publié le 18 avril 2023 à 17:10 - Mis à jour le 18 avril 2023 à 17:10

go sport

Les salariés du groupe seront fixés sur leur avenir ce mardi

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le tribunal de commerce de Grenoble s'est penché mardi sur les offres de reprise de Go Sport après avoir pris acte du retrait de son propriétaire actuel, Hermione, People & Brands (HPB), une des sociétés de l'empire Ohayon, mettant sa décision en délibéré au 28 avril.

[Article mis à jour mardi 18 avril à 19h]

Après des mois d'inquiétude, les 2.200 salariés de Go Sport (groupe HPB) seront finalement fixés sur leur avenir le 28 avril prochain. Alors que la décision était attendue ce mardi, le tribunal de commerce de Grenoble a reporté sa décision en délibéré à cette nouvelle date. En pleine tourmente financière, Michel Ohayon avait délégué mardi un responsable de la Financière immobilière bordelaise (FIB), la holding de tête de son empire, pour faire officiellement part au tribunal du retrait de HPB, annoncé dès lundi soir dans un communiqué.

Me Spizzichino, l'avocat de HPB, a affirmé que ses clients avaient été « empêchés de présenter un plan de redressement », en précisant qu'ils se réservaient le droit d'effectuer des recours contre la procédure, mais « pas contre la décision d'un plan de cession ».

Cette absence de recours contre le plan de cession a été accueillie par un « ouf de soulagement » des salariés de Go Sport qui « veulent sortir du giron de Michel Ohayon », selon Me Bledniak.

Le tribunal devra trancher sur le choix d'un ou de repreneurs alors que l'actuel propriétaire Hermione People & Brands (HPB), l'une des filiales de l'empire Ohayon. Pour rappel, HPB avait racheté Go Sort en 2021 pour un euro symbolique. La société-mère Groupe Go Sport rassemble les activités du siège du distributeur, à Sassenage, près de Grenoble, et 46 magasins en master franchise à l'international. Sa filiale Go Sport France réunit 82 magasins intégrés, 87 magasins franchisés (Go Sport et Endurance Shop) ainsi que la vente en ligne.

Passe difficile pour Michel Ohayon

Le retrait de HPB intervient alors que le groupe de l'homme d'affaires bordelais Michel Ohayon traverse une passe difficile (voir encadré ci-dessous). Après la liquidation de l'enseigne Camaïeu (2.600 salariés) en septembre dernier, la holding de tête du groupe, la Financière immobilière bordelaise (FIB), s'est déclarée en cessation de paiement, l'enseigne Gap (350 salariés) récemment rachetée par Go Sport a été placée en redressement judiciaire et 25 magasins Galeries Lafayette ont été mis en procédure de sauvegarde. Le parquet de Paris a ouvert une enquête judiciaire pour « escroquerie en bande organisée, blanchiment habituel, banqueroute et abus de bien social », en prolongement d'une enquête ouverte à Grenoble à la suite de « plusieurs révélations de faits délictueux » signalés par les commissaires aux comptes de HPB.

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En tout cas, la renonciation de HPB est loin d'émouvoir les salariés, en colère contre leur propriétaire qu'ils accusent de mauvaise gestion.

« On est très contents... C'était surréaliste de faire une offre alors qu'il n'avait pas un sou en poche », a réagi Christophe Lavalle, délégué Force ouvrière et membre du CSE de Go Sport alors que les 2.200 salariés s'inquiètent depuis plusieurs mois pour leur avenir. « On est victimes de la mauvaise gestion de Michel Ohayon, pas de la conjoncture », a-t-il dit à l'AFP en assurant qu'aucun plan concret n'avait jamais été présenté aux salariés.

Deux offres émergent

Parmi la vingtaine de candidatures à la reprise de Go Sport, deux offres émergent, avec une « casse sociale limitée », selon Christophe Lavalle : celle du groupe Intersport France adossé à un consortium et celle du britannique Frasers, via sa société Sports Direct.  Dans son offre, Frasers indique vouloir reprendre 117 salariés sur les 237 de Groupe Go Sport (siège), et 1.504 salariés sur les 1.618 salariés de Go Sport France (magasins), ainsi que 74 magasins, avec un investissement de « plus de 120 millions d'euros dans ce projet de reprise au cours des 3 prochaines années ».  Les pratiques sociales de Sports Direct ont été vivement critiquées par le passé, en particulier en ce qui concerne les conditions de travail. L'opération de concentration doit en outre être analysée par l'Autorité de la concurrence, comme l'a indiqué l'institution dans un communiqué, début avril.

Intersport France, de son côté, présente une offre qui se veut « conjointe », mais « non solidaire », avec plusieurs sociétés : les magasins de chaussures Chaussea, l'entreprise britannique B&M France, qui avait racheté en 2018 les magasins discount Babou (devenus B&M), et une société qatari, Al Mana, qui exploite des magasins franchisés Go Sport dans plusieurs pays du Moyen-Orient.

Le tribunal peut différencier cet ensemble d'offres au déroulé différent.

Individuellement, Intersport France propose de reprendre 1.130 salariés et 48 magasins ainsi que la marque « Endurance Shop », avec un investissement prévu de « près de 23 millions d'euros » dès la reprise « en fonds propre » et « des prêts bancaires pour plus de 30 millions d'euros ».

Ensemble, les offres proposent de reprendre 1.240 salariés et 56 magasins. La marque « Go Sport » serait alors reprise par la société qatari. Chaussea et B&M reprendraient, chacun, quatre magasins et une cinquantaine de salariés.

D'autres repreneurs sont également sur les rangs : des entreprises locales, dont certaines franchisées sous l'enseigne Sport 2000, ou des groupes tels que Centrakor Stores, La Foir'Fouille ou même LIDL. Elles proposent des reprises partielles des actifs et des salariés de Go Sport.

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Plongée dans la galaxie Ohayon et sa myriade de filiales

Des chaînes de magasins mais aussi des palaces, des immeubles, du café, du vin, des écoles post-bac, des Chagall ou un spa : Michel Ohayon et sa famille ont investi tous azimuts. Voici un aperçu de l'empire et de ses déboires.

La FIB, le vaisseau amiral

La Financière immobilière bordelaise (FIB), holding de tête, s'est déclarée en cessation de paiements le 7 février auprès du tribunal de commerce de Bordeaux qui l'a placée en redressement judiciaire. Selon le jugement, à la fin 2021, le bilan comptable de la holding affichait un passif de 501 millions d'euros pour un actif de 428 millions.

Quelques jours plus tôt, parmi d'autres litiges financiers en cours, le tribunal de commerce de Paris avait condamné la FIB à payer 43 millions d'euros au groupe australien de crédit Macquarie, faute d'avoir remboursé des emprunts contractés en 2018-2019.

C'est avec la FIB, créée en 1996, que Michel Ohayon a bâti son empire immobilier et commercial. Le capital, qu'il détenait à 99%, est passé récemment aux mains de son épouse.

D'après les derniers comptes qu'elle a publiés, la holding compte une trentaine de filiales - dont Hermione People and Brands (HBP), qui regroupe plusieurs chaînes de magasins - et d'innombrables sous-filiales.

L'ensemble fait l'objet d'une enquête de la Juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco).

Les enseignes grand public

HPB, créée en 2018, était la maison mère de Camaïeu dont la liquidation, fin septembre à Lille, a laissé plus de 2.000 salariés sur le carreau.

C'est toujours la maison mère de Go Sport (2.150 salariés) et Gap France (350 salariés), de 26 magasins Galeries Lafayette (1.100 salariés), du spécialiste du jouet La Grande Récré (900 salariés) et des cafés Legal (140 salariés), enseignes rachetées ces dernières années.

L'avenir de Go Sport, en redressement judiciaire, doit être examiné mardi - entre continuation de l'activité ou cession à un repreneur - par le tribunal de commerce de Grenoble qui a également placé en redressement les 20 franchises de Gap France.

Une procédure de sauvegarde a par ailleurs été ouverte à Bordeaux pour les magasins Galeries Lafayette, également en difficulté. Le président-fondateur de La Grande Récré Jean-Michel Grunberg a annoncé de son côté qu'il cherchait de nouveaux investisseurs.

Des palaces et un Saint-Émilion

Michel Ohayon a racheté en 1999 le Grand Hôtel de Bordeaux, franchisé par InterContinental. Il a ensuite acquis le Waldorf Astoria Trianon Palace de Versailles et le Sheraton de Roissy.

Fin janvier, le tribunal de commerce de Bordeaux a placé en redressement trois filiales de la FIB propriétaires de ces hôtels, faute d'avoir remboursé 200 millions d'euros d'emprunts à Bank of China.

En 2017, Michel Ohayon a aussi racheté à une holding hongkongaise le Château Trianon, domaine viticole de l'appellation Saint-Émilion Grand Cru.

Des projets immobiliers en souffrance

En 2015, Michel Ohayon a acquis un immeuble de Bordeaux pour en faire un hôtel de luxe qui n'a jamais vu le jour. Une filiale de la FIB qui portait le projet est en redressement, tout comme celle assurant la promotion immobilière d'une résidence de prestige à Marseille.

Cette dernière, Le Bao, accuse un gros retard de livraison lié à des surcoûts de construction, explique l'homme d'affaires bordelais, en litige avec des prestataires et des propriétaires. Dans une décision récente, la cour d'appel d'Aix-en-Provence n'a retenu "aucun manquement" à son encontre.

Un vaste projet oeno-touristique est par ailleurs en suspens à Libourne (Gironde).

Spa, Campus Academy et Luxembourg

La FIB est aussi actionnaire des Bains de Léa, spa du VIIIe arrondissement de Paris dirigé par l'épouse de l'homme d'affaires.

Un enfant du couple est à la tête de Campus Academy, réseau d'établissements d'enseignement supérieur privé hors contrat. Sur six écoles post-bac ouvertes depuis 2019, deux ont fermé à Aix-en-Provence et Nantes - avant même d'accueillir des étudiants pour celle-ci.

Le patronyme familial apparaît aussi dans le registre commercial du Luxembourg où Michel Ohayon a utilisé une société - créée en 2008 et déclarée en faillite fin 2020 - pour acquérir une collection d'œuvres de Chagall estimée à 33 millions de dollars.

L'homme d'affaires a également détenu, du Grand-Duché, des parts dans une société française spécialisée dans l'énergie solaire. L'un de ses fils a pris le relais aujourd'hui via une autre holding luxembourgeoise.

(AFP)

latribune.fr

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