Avec la crise, l'Etat actionnaire devient l'Etat pompier pour les entreprises stratégiques (Air France-KLM, SNCF...)
Fabrice Gliszczynski
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Martin Vial,
REGIS DUVIGNAU
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Martin Vial,
REGIS DUVIGNAU
Avec la crise, les orientations actionnariales de l'Etat ont changé. La valeur patrimoniale des entreprises de son portefeuille s'écroulant, le temps des cessions de participations a laissé place à des interventions d'urgence pour sauver des entreprises stratégiques fragilisées par la crise. Une vingtaine d'entre elles ont été identifiées par l'Agence des Participations de l'Etat (APE) et sont surveillées comme le lait sur le feu. En cas de besoin de liquidités, elles pourront être aidées rapidement comme l'ont été dès le printemps dernier Air France et Renault.
Résultat : simplifiée en 2017, la doctrine de l'APE en matière d'investissements a été revue. Alors qu'elle consistait pour l'Etat à rester au capital de trois catégories d'entreprises (celles relevant de la souveraineté comme la Défense et le nucléaire, les grandes entreprises de services publics et enfin les entreprises pour lesquelles un soutien était nécessaire, comme Dexia et PSA dans le passé), elle se concentre aujourd'hui sur deux types d'entreprises, a indiqué ce jeudi Martin Vial, le commissaire aux participations de l'Etat, lors d'une rencontre avec la presse : "celles dont le modèle est profondément et durablement impacté ou modifié par le Covid-19" comme le sont Air France, ADP ou la SNCF, et "celles qui ont certes été très frappées par le Covid, mais dont le modèle économique n'est pas remis en cause, comme le secteur automobile", a-t-il expliqué.
Pour les entreprises de la première catégorie, l'Etat est prêt à jouer les pompiers. Sa politique actionnariale se focalisera sur "des opérations de sauvetage", en "renforçant les fonds propres des entreprises qui les ont perdus", et en accompagnant "leur changement de stratégie pour que leur modèle économique puisse rester résilient", a précisé le directeur de l'APE.
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Ainsi, des opérations de renforcement de fonds propres sont prévues pour Air France-KLM, lequel a déjà bénéficié au printemps d'un prêt d'actionnaire de 3 milliards d'euros de l'Etat français et d'une garantie de l'Etat sur un prêt bancaire de 4 milliards. Mais aussi pour la SNCF.
Fabrice Gliszczynski