Eiffage, Poma et la RATP veulent faire circuler plus de téléphériques en ville

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Le téléphérique de Medellín.
Le téléphérique de Medellín. (Crédits : Reuters)
Le numéro trois du BTP, le transporteur par câble et l'opérateur francilien ont travaillé pendant trois ans afin de proposer un téléphérique prêt à être installé en deux ans maximum.

Le métro aérien, c'est has-been. Demain, le voyageur métropolitain circulera en cabine suspendue à un câble. C'est du moins le souhait du BTPiste Eiffage, du transporteur Poma et de la RATP. Ces grands groupes partagent en effet la même ambition : devenir les leaders de la mobilité écologique et connectée ainsi que les partenaires des villes intelligentes.

Concrètement, leurs cabines automatiques sont conçues pour transporter 3.600 à 4.500 voyageurs par heure, soit 50.000 par jour. Elles pourront prendre des virages à 45° sans infrastructure supplémentaire et donc « slalomer » entre les bâtiments. L'emprise au sol des poteaux équivaudra d'ailleurs au diamètre d'un rond-point de 7,5 mètres. Les stations occuperont, elles, une surface de 25 m² maximum.

Les trois partenaires ont travaillé ensemble pendant trois ans. Elles ont également collaboré avec des laboratoires pour que l'acoustique soit très basse ainsi qu'avec des startups qui intègrent la possibilité que les vitres se foncent lorsque les cabines passent devant les immeubles afin de préserver l'intimité de ses habitants. C'est pourquoi la pédégère de la RATP est convaincue que le « frein » de l'acceptabilité sociale va être « déverrouillé » et même « révolutionné ». « Nous avons pensé à tout ce qui pouvait être facteur de blocages », assure ainsi Catherine Guillouard.

Douze projets dans les cartons du Grand Paris

Fabien Felli, directeur de l'export chez Poma, cite l'exemple emblématique de Medellín en Colombie où un téléphérique est en exploitation depuis déjà quinze ans. Une sixième ligne est d'ailleurs en cours de travaux et il accueille déjà un million de passagers par jour. Une de ses filiales, Comag, ainsi que la RATP Dev, exploitent également le téléphérique du Salève à la frontière franco-suisse.

Le téléphérique, urbain ou rural, permet de franchir un fleuve, une montagne ou encore des voies ferrées. A Grenoble, il en existe un depuis 1934 qui enjambe l'Isère jusqu'au quartier touristique de la Bastille. En Île-de-France, un projet au départ du terminus de la ligne 8 à Créteil se trouve dans les cartons depuis près de dix ans. Avant toute mise en œuvre, les acteurs doivent en effet encore convaincre les autorités organisatrices de mobilité de recourir à une telle solution.

« Nous allons démarcher les collectivités », confirme Catherine Guillouard. « Douze projets sont regardés par Île-de-France Mobilités (ex-STIF) par exemple. En moins de vingt-quatre mois, nous pourrons sortir un projet de terre. Cela passera par nous ou cela ne passera pas. »

La concurrence de Keolis

La patronne de la RATP en oublierait presque le premier téléphérique français au service de la mobilité du quotidien à Brest ouvert en 2016, exploité par Keolis. La filiale de la SNCF s'est même payée le luxe d'exposer sa cabine à l'entrée du salon des maires d'Île-de-France au printemps dernier. De même, le vice-président de la région francilienne chargé des Transports, Stéphane Beaudet, ne cesse de le répéter depuis son élection en décembre 2015 : seuls trois ou quatre projets de téléphériques sur douze seront menés à leur terme.

L'enthousiasme demeure malgré tout chez les deux autres partenaires. Fabien Felli de Poma espère décrocher des projets parisiens et franciliens avant les Jeux olympiques. Le pdg d'Eiffage s'autofélicite, pour sa part, de la portée environnementale d'un tel moyen de transport. « Techniquement, il n'y a pas de sujet », estime Benoît de Ruffray. « On parle beaucoup des solutions bas carbone, le câble en fait partie. »

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Commentaires
a écrit le 15/11/2018 à 10:20 :
Le projet de téléphérique entre Vélizy et le pont de Sèvres est t'il avancé? et celui entre la gare de Lyon et Austerlitz est t'il repris et Bercy en plus?.Je les trouve très bien tous les 2.Le premier pourrait désengorger la RN 118 et le second relier les 2 gares en moins de 2 minutes pour une installation rapide.
a écrit le 13/11/2018 à 20:04 :
Deux questions :
- le transport par cable pourrait-il être développé sur le périph parisien, pour une ligne circulaire ?
- Serait-il imaginable pour une desserte CDG-Paris centre, voire CDG-Orly ?? ... ça ferait de sacrées économies, non ?

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