Bercy braque les projecteurs sur les métiers d'art au travers des régions
Nathalie Jourdan
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Manon Auguste, "Designer Textile et Lumière" brode au fil d'or dans son atelier du Vaudreuil dans l'Eure.
Samuel Bocquillon
Vantant « l'intelligence de la main », la ministre Olivia Grégoire a dévoilé ce vendredi dans l’Eure les quinze premiers projets lauréats du nouveau fonds de soutien aux métiers d’art. En tout, quinze chantiers de restauration du patrimoine vont bénéficier chacun d'une dotation comprise 20.000 et 50.000 euros.
« L'intelligence de la main communique directement avec celle du cœur ». Lâchée en 2005 par Jean-Pierre Raffarin, la formule avait valu à l'ancien premier ministre son lot de sarcasmes comme souvent les raffarinades. A l'époque conseillère à Matignon, Olivia Grégoire, elle-même petite-fille d'une couturière de l'atelier Balenciaga, s'en est souvenue ce matin (5 avril) en lançant le nouveau fonds de soutien aux métiers d'art. « Le microcosme avait ricané, cela m'avait choquée. Heureusement nous avons fait du chemin depuis », s'est félicitée la ministre de l'Artisanat.
En déplacement dans l'Eure, l'intéressée était venue annoncer les premiers projets lauréats dudit fonds. Prolongement du plan à 340 millions d'euros mis en orbite par les ministères de la culture et de l'artisanat il y un an, celui-ci s'inscrit dans le troisième axe de la stratégie nationale en faveur de l'artisanat d'art. A savoir : « placer les métiers d'art au cœur des territoires ». A première vue, la promesse est tenue pour cette première vague*.
En tout, quinze chantiers de restauration du patrimoine vont bénéficier chacun d'une dotation comprise 20.000 et 50.000 euros. La liste a tout d'un inventaire à la Prévert. Citons par exemple l'horloge de l'église saint Michel à Morbier, le Pianoforte Conrad Graf à Bastia, la Case Créole de La Réunion, la maison du Vigneron à Ungersheim dans le Haut-Rhin ou encore la barque saint Thérèse à Ventenac-en-Minervois.
15 chantiers, 29 métiers
Les projets sélectionnés sont, pour les deux tiers d'entre eux, localisés dans des petites villes ou des villages. En tout, ils mobiliseront pas moins de 29 métiers d'art (sur les 183 spécialités répertoriées en France) : horloger, menuisier, fondeur, murailler, tapissier ou tailleur de pierre.
L'objectif est double : il s'agit de fournir du travail à ces femmes et hommes aux « mains d'or ». Mais aussi de ré-ancrer localement des savoir-faire d'excellence « que le monde entier nous envie », Olivia Grégoire dixit. Faut-il rappeler que l'artisanat d'art génère chaque année quelque 19 milliards d'euros de chiffre d'affaires dont 8 à l'export. Une donnée trop oubliée par les acteurs locaux, à entendre par le directeur de la Fondation du patrimoine, Alexandre Giuglaris. « Le patrimoine est souvent comme une charge, c'est pourtant un levier de développement économique et une source de notoriété et de rayonnement pour les territoires ».
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