La plastification et le recours aux articles à usage unique risquent de redevenir la norme face à l'urgence sanitaire, notamment dans les entreprises. Or, leurs avantages sanitaires sont parfois illusoires, pointent les ONG. Elles plaident pour que les dégâts environnementaux soient pris en compte.Masques, gants, mais aussi bouteilles, emballages, lingettes... Depuis le début de la crise du coronavirus, les défenseurs de l'environnement s'inquiètent. Après les quelques avancées obtenues dans la lutte contre la prolifération des déchets, notamment l'adoption en 2019 de la directive européenne sur le plastique à usage unique, puis au tout début de 2020 l'approbation de la loi économie circulaire, l'épidémie et le déconfinement vont-ils ouvrir la voie à un retour massif du plastique et des objets jetables?
"Le recours au jetable, dans l'urgence du début de la crise sanitaire, semble se transformer en une nouvelle normalité",dénonce Zero Waste France sur son site internet."Face à l'enjeu de réduire le risque de contamination, de vieux automatismes se sont instantanément réactivés", regrette l'association.
Des préconisations ambiguës pour les entreprises
Si l'évolution et l'impact des comportements domestiques restent encore difficiles à prévoir, les ONG relèvent en effet déjà de potentielles dérives du côté des entreprises qui rouvrent les portes à leurs salariés.
"Les recommandations générales du ministère du Travail nous paraissent globalement équilibrées",analyse Muriel Papin pour No plastic in my sea."Elles insistent surla distanciation sociale, sur le lavage des mains et des surfaces. Elles réservent le recours aux équipements de protection individuel et aux masques aux cas où les autres précautions ne sont pas suffisantes. Elles déconseillent l'usage des gants", précise la déléguée générale.
Toutefois, les fiches métiers qui détaillent le protocole "systématisent le recours au plastique et à l'usage unique sans raisons explicites", s'alarme l'ONG. Elles recommandent notamment souvent l'arrêt des fontaines à eau et la distribution de bouteilles. C'est le cas de la fiche "vestiaires, locaux sociaux et locaux fumeurs", qui maintient pourtant l'accès aux distributeurs, micro-ondes et réfrigérateurs (assorti d'un affichage incitant au lavage des mains et au nettoyage). "Certaines fiches prévoient de nombreuses protections à usage unique", note encore l'association: par exemple, la fiche sur les "centres d'appel", qui va jusqu'à envisager une plastification des documents en papier et des parois en plastique entre les postes.