Hidalgo/Montebourg : qui dira le premier « Bonjour Philippine » ?
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Après la droite, c'est à gauche que les candidatures se bousculent. La maire de Paris Anne Hidalgo va se lancer ce dimanche à Rouen dans la course présidentielle et part à la conquête des Françaises-et-des-Français avec un livre, « Une femme française », dans lequel elle appelle, entre autres, à revaloriser l'éducation et à doubler en cinq ans le salaire des enseignants, cible électorale désignée (mais très déçue par le PS).
Autre candidat de gauche, version souverainiste, Arnaud Montebourg, enfourche lui depuis longtemps le cheval de la démondialisation et en a même fait un business, le sien. A côté d'Aix-en-Provence, Rémy Baldi est allé voir comment se porte la Compagnie des amandes co-fondée par l'ancien ministre qui veut recréer une filière française dans ce produit à forte valeur. Deux candidats du PS dans un navire qui prend déjà l'eau... Reste à savoir qui des deux dira le premier « Bonjour Philippine » à l'autre ! [souvenir d'un jeu idiot de notre enfance, où celui qui trouvait deux amandes dans une même coque devait prononcer cette phrase sous peine de gage].
Pendant ce temps-là, Emmanuel Macron prend son inspiration chez Nicolas Sarkozy, le dernier président à avoir osé s'attaquer au tabou des régimes spéciaux de retraite. Ce qui ne lui a pas porté spécialement chance électoralement. Fanny Guinochet, qui rejoint la rédaction de La Tribune, a interrogé les syndicats pour savoir ce qu'ils pensent du quitte ou double risqué de l'Elysée qui a lancé un ballon d'essai sur la volonté du président Macron de mettre fin aux derniers régimes spéciaux de retraites. En échange de ce scalp, qui concerne principalement la RATP et quelques régimes spécifiques, destiné à séduire son électorat de droite, le chef de l'Etat veut tenir une de ses promesses de 2017 : revaloriser à 1000 euros les petites retraites.
Risqué, mais avec le télétravail et le boom du vélo, les Franciliens ont désormais de nouvelles options pour résister à une grève dure dans le métro parisien... Sauf que le risque d'une coagulation des conflits sociaux est réel. Le ministre des Transports a lui-aussi lancé une petite bombe en mettant en question le maintien des billets gratuits dont bénéficient les cheminots à la SNCF....
SNCF qui commence à prendre la mesure de l'ouverture à la concurrence. Celle-ci prend une forme concrète avec la décision de la Région PACA de proposer Transdev pour opérer la ligne Marseille-Nice en 2025 et l'arrivée d'ici à la fin de l'année des trains à grande vitesse de Trenitalia sur sa ligne la plus rentable, le Paris-Lyon.
A croire que le retour de la croissance désinhibe le pouvoir pour ses derniers jours utiles de réforme. Grâce à la vaccination, la quatrième vague annoncée semble écartée en France aussi et on se prend à rêver au retour des « jours heureux » annoncés un peu vite par Emmanuel Macron. C'est en tout cas le cas pour l'économie française qui connaît un rebond spectaculaire, relève Grégoire Normand.
Avec 6,25% de croissance en 2021 et une prévision de 4% l'an prochain, Bercy encaisse un record de recettes fiscales et Emmanuel Macron a la sagesse de consacrer cette cagnotte en grande partie au désendettement. Résultat : le déficit public, ne sera que de 8,4% du PIB cette année et tombera à moins de 5% dans le prochain budget, le dernier du quinquennat.
L'essentiel de la « cagnotte » vient de l'impôt sur les sociétés : il faut bien que les entreprises, massivement aidées, rendent un peu de l'argent reçu... D'autant que certaines en ont bien profité voire abusé... selon la Cour des comptes.
Les déficits restent bien sûr énormes et il s'agit surtout d'une croissance de rattrapage après la pire récession de l'après-guerre. Même avec ces chiffres spectaculaires, la France n'aura pas encore retrouvé fin 2022 le niveau de richesse qu'elle aurait pu atteindre sans la parenthèse du Covid. Celle-ci a néanmoins eu un mérite, celui de provoquer une relance économique spectaculaire et de remettre l'investissement au cœur de la politique industrielle.