Le cloud et le SaaS résistent pour l’heure à la crise de la tech
Guillaume Renouard
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Les géants américains du cloud affichent une insolente réussite sur un marché technologique à la dérive.
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Les temps sont durs pour les entreprises des nouvelles technologies. Le Nasdaq a perdu près d'un quart de sa valeur depuis janvier, Netflix a vu s'envoler un tiers de sa cotation boursière en une journée et celle de Facebook a été divisée par deux depuis l'automne dernier. Dans un email adressé à ses fondateurs fin mai, le Y Combinator, l'un des principaux accélérateurs américains de startups, invite à « se préparer au pire », ajoutant que « nul ne sait à quel point l'économie va se dégrader, mais les perspectives ne sont pas bonnes. »
Si le retournement conjoncturel n'épargne personne, il est un secteur qui résiste pour l'heure mieux que tous les autres : celui du logiciel professionnel. Ainsi, IBM, qui vend des logiciels et services cloud aux entreprises, a vu son action s'apprécier de plus de 4% depuis janvier, et Hewlett Packard Enterprise, une société spécialisée dans les logiciels d'entreprises, a réalisé pour 6,7 milliards de dollars de vente au premier trimestre, soit une progression de 1,5% d'une année sur l'autre.
Le chiffre d'affaires de Salesforce, l'un des pionniers du SaaS (software as a service, ou logiciel en tant que service), a également progressé d'un quart d'une année sur l'autre au premier trimestre. Il pourrait atteindre pour la première fois les 30 milliards de dollars cette année.
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Les géants américains du cloud, de leur côté, affichent une insolente réussite sur un marché technologique à la dérive. Google Cloud a généré 5,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires au premier trimestre, soit l'équivalent de ses revenus sur la totalité de l'année 2018, et une progression de 44% par rapport au premier trimestre 2021. Ces résultats ont contribué à limiter la casse pour le groupe Alphabet, en compensant partiellement le ralentissement de la croissance de YouTube et la baisse des revenus tirés de la publicité dans un contexte économique difficile, marqué par la guerre en Ukraine, le retour de l'inflation et la certitude du relèvement des taux d'intérêts.
Guillaume Renouard