La crise du Covid-19, une "opportunité" pour Facebook

En pleine crise liée au coronavirus, le géant américain a vu l'utilisation de ses services (Facebook, WhatsApp, Instagram et Messenger) bondir au cours du premier trimestre, avec près de 3 milliards d'utilisateurs dans le monde. Pour son patron, Mark Zuckerberg, la période est une "opportunité" pour continuer d'investir.
Anaïs Cherif

5 mn

Le groupe Facebook a enregistré un chiffre d'affaires de 17,7 milliards de dollars (+18% sur un an) entre janvier et mars pour un bénéfice net de 4,9 milliards de dollars (+102% sur un an), selon ses résultats trimestriels publiés mercredi.
Le groupe Facebook a enregistré un chiffre d'affaires de 17,7 milliards de dollars (+18% sur un an) entre janvier et mars pour un bénéfice net de 4,9 milliards de dollars (+102% sur un an), selon ses résultats trimestriels publiés mercredi. (Crédits : Dado Ruvic)

Même pas mal. Facebook a traversé ce premier trimestre sans encombre, en dépit de la crise sanitaire et économique mondiale liée au coronavirus. Le géant américain a enregistré un chiffre d'affaires de 17,7 milliards de dollars (+18% sur un an) entre janvier et mars, selon ses résultats trimestriels publiés mercredi. Avec cette croissance insolente, le groupe a dépassé les prévisions des analystes (+16%), tout en enregistrant sa plus faible hausse jamais enregistrée.

Son bénéfice net a quant à lui explosé de +102% à 4,9 milliards de dollars. Cette performance s'explique par la très faible progression de ses dépenses (+1% seulement sur un an), à 11,84 milliards de dollars sur le trimestre. Conséquence : la firme de Menlo Park a vu sa marge opérationnelle grimper à 33%, contre 22% à la même période l'an passé.

Salués par les investisseurs, le titre grimpait de près de 10% après la clôture de la Bourse de New York mercredi. Cela lui permet déjà de renouer avec les performances d'avril 2019, avec un action aux alentours de 190 dollars - même s'il n'a toujours pas retrouvé les sommets de ses records boursiers atteints en janvier, avec une action aux alentours de 220 dollars.

Pic d'utilisation pour les appli du groupe Facebook

Alors que plus de la moitié de la planète a été appelée à se confiner au cours du premier trimestre pour lutter contre la propagation du Covid-19, les personnes se sont logiquement tournées vers les applications pour continuer d'échanger avec leurs proches. Au total, 2,99 milliards de personnes dans le monde ont utilisé au moins une fois par mois l'une des quatre plateformes du groupe (Facebook, le réseau social de partage de photos Instagram, et les messageries instantanées WhatsApp et Messenger). Cela représente une croissance de 3,46% comparé au précédent trimestre.

Au-delà de la conquête de nouveaux utilisateurs, Facebook a surtout profité d'un regain d'utilisation. En Italie par exemple, premier pays européen fortement impacté par le coronavirus, le temps passé sur les applications du groupe "a grimpé de 70% depuis le début de la crise dans le pays, le nombre du vues des vidéos en direct sur Facebook et Instagram ont doublé en une semaine et la durée des appels groupés (avec 3 participants et plus) a bondi de 1.000% pendant le mois dernier", chiffraient les vice-présidents du groupe, Alex Schultz et Jay Parikh, fin mars.

"Nous prévoyons que nous perdrons au moins une partie de cet engagement accru lorsque diverses restrictions concernant (le confinement) seront prochainement assouplies", tempère le groupe dans un communiqué de presse accompagnant les résultats.

Lire aussi : Le confinement est-il une aubaine pour les réseaux sociaux ?

Facebook se renforce dans les appels vidéo avec "Messenger Rooms"

Paradoxalement, cette crise sans précédent permet à Facebook d'observer de nouvelles tendances dans les communications pour améliorer ses produits. "Je crois que l'on assiste à une accélération de tendances pré-existantes, comme les communications privées en ligne", a commenté Mark Zuckerberg, Pdg et co-fondateur du groupe, qui y voit une "opportunité".

"Il y a beaucoup de choses à construire pendant des périodes comme celle-ci, donc plutôt que de freiner à fond, comme beaucoup d'entreprises pourraient le faire, c'est important de continuer à investir dans les nouveaux besoins", a déclaré le patron de Facebook lors d'une conférence téléphonique, rapporte l'AFP.

Alors que le groupe a remarqué l'explosion des appels vidéo et des vidéos en direct pendant le confinement, il a lancé la semaine dernière un nouveau service vidéo, baptisé "Messenger Rooms". A l'image des outils de visioconférence - comme Zoom ou HouseParty - il permet d'inviter jusqu'à 50 personnes, sans limite de temps, pour papoter en vidéo. Le service est également ouvert aux personnes ne disposant pas de compte Facebook. Uniquement disponible sur Facebook et Messenger, il sera progressivement déployé sur Instagram et WhatsApp.

Facebook se veut prudent pour le deuxième trimestre

Le groupe se montre pourtant très prudent quant au deuxième trimestre, puisqu'il n'a livré aucune nouvelle prévision, à l'instar de Google. En cause : la grande inconnue concernant les recettes publicitaires. Facebook est ultra-dépendant de la publicité, puisque cela génère plus de 98% de son chiffre d'affaires. Au cours du premier trimestre, ses revenus publicitaires se sont élevés à 17,44 milliards de dollars (+17% sur un an).

Pourtant, Facebook dit avoir connu "une réduction significative de la demande de publicité, ainsi qu'une baisse connexe du prix de nos annonces, au cours des trois dernières semaines" du mois de mars en raison de l'incertitude liée à la pandémie du coronavirus. Mais cette chute a laissé place à "des signes de stabilité" au cours des trois premières semaines d'avril, avec des revenus publicitaires perçus "à peu près stables" par rapport à la même période en 2019.

En raison d'un effet de décalage, le réseau social pourrait donc percevoir une baisse de ses recettes publicitaires à compter du deuxième trimestre si la situation se dégradait. D'autant plus que les analystes s'accordent pour estimer une contraction mondiale des budgets publicitaires entre 15 à 20%, selon les études.

"Nous sommes prudents étant donné que la plupart des économistes prévoient une contraction mondiale (...) qui pourrait se traduire par une contraction encore plus sévère de l'industrie publicitaire", a commenté le directeur financier de Facebook, David Wehner.

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Lire aussi : Propagation du Covid-19 : après Google, Facebook ouvre ses données

Anaïs Cherif

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Commentaires 3
à écrit le 01/05/2020 à 9:42
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Il n'empêche que Facebook reste une engeance, tout comme Coca Cola, Mac Do, les GAFA, Trump...et grosso modo tout ce qui vient des US après la découverte de la pénicilline.

à écrit le 30/04/2020 à 17:27
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P.S: "pour l'intérêt collectif" Non, pour l'intérêt politique.

à écrit le 30/04/2020 à 17:26
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Générant des youtubeurs qui se font flics se disant qu'ils vont faire ainsi plein de fric en conseillant fortement à leurs jeunes utilisateurs qu'il faut rester chez soi et dépenser tout son temps de cerveau embrouillé par l'adolescence déjà à les éc...

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