Startups de la finance : la « bulle » continue de dégonfler (en apparence)

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Les montants investis au premier trimestre par les acteurs du capital-risque dans les startups de la Fintech ont diminué, à 2,3 milliards de dollars, tout en restant à des niveaux assez élevés. Le nombre d'opérations continue de reculer.
Les montants investis au premier trimestre par les acteurs du capital-risque dans les startups de la Fintech ont diminué, à 2,3 milliards de dollars, tout en restant à des niveaux assez élevés. Le nombre d'opérations continue de reculer. (Crédits : KPMG)
Les investissements dans la Fintech ont encore marqué le pas au premier trimestre, en montants, en volumes, et en valorisation, au niveau mondial, selon le baromètre de KPMG. L’indien Paytm vient cependant de lever 1,4 milliard de dollars auprès de SoftBank. En France, on a atteint un (modeste) record, sans compter le rachat de Compte Nickel par la BNP.

La mode de la Fintech serait-elle déjà passée ? Si l'on regarde les chiffres publiés dans le dernier baromètre de KPMG qui prend « le pouls de la Fintech », la réponse ne fait guère de doutes. Les montants totaux investis dans les startups de la finance (levées de fonds et rachats) ont chuté de 23% au niveau mondial à 3,2 milliards de dollars au premier trimestre par rapport à la fin de l'année dernière et le nombre d'opérations a reculé de 5% (260 en tout). Les sommes investies par les seuls fonds de capital-risque sont retombées à leurs niveaux de 2013-2014, à 2,3 milliards de dollars sur le trimestre, loin des sommets atteints en 2015.

Les valorisations aussi ont sérieusement diminué, en particulier pour les entreprises les plus matures (late-stage), où la médiane a chuté à 10 millions de dollars, contre 15 millions l'an dernier et le 20 millions en 2015. Comme si une forme de « bulle » était en train de dégonfler, sans drame. Le cabinet d'audit analyse plutôt la situation comme une pause « après trois années très actives ».

Fintech deals KPMG T12017

[Investissements totaux (venture-capital, private-equity et fusions & acquisitions) dans les entreprises de la Fintech du monde entier au premier trimestre 2017. Crédits : KPMG, d'après données PitchBook au 27 avril 2017]

Chute en Asie, record en Europe

Moins de méga-deals en Asie surtout, et aux Etats-Unis dans une moindre mesure, mais tout de même quelques opérations majeures : par exemple la Fintech de San Francisco SoFi, qui a démarré sur le créneau des prêts étudiants, a levé 453 millions de dollars au premier trimestre et racheté une jeune banque mobile, Zenbanx, pour 100 millions de dollars afin de pouvoir collecter les dépôts et proposer des cartes de crédit, pour devenir presque une vraie banque.

En Europe, avec quelques mois de retard sur l'Amérique et l'Asie, l'écosystème Fintech a connu un vrai boom des investissements : au total ce sont 880 millions de dollars qui ont été investis (un peu plus quart du total), dont 660 millions par des fonds VC  (venture capital). Trois levées de fonds de plus de 100 millions se distinguent, celle de la suédoise iZettle (175 millions de dollars) et celles des britanniques Atom Bank (103,6 millions) et Funding Circle (101 millions).

La France dans le top au deuxième trimestre

Aucune jeune pousse française n'apparaît dans les 10 premières opérations. Petit poucet de la Fintech, la France a néanmoins dépassé son propre record, avec 14 opérations, pour un montant total de 50 millions, soit cinq fois plus qu'au quatrième trimestre, dont 10 millions d'euros pour le site de crowdfunding immobilier Anaxago, 7 millions d'euros pour l'agrégateur de comptes Bankin, 5 millions pour le robot-advisor Yomoni.

Fintech France

[Opérations dans la Fintech en France au premier trimestre]

Ce sera sans doute différent au deuxième trimestre avec le rachat annoncé par BNP Paribas de la success-story Compte Nickel pour un montant estimé excédant 200 millions d'euros, qui devrait propulser la France dans le top des deals européens, voire mondiaux.

Il y aura cependant « du lourd » au deuxième trimestre, avec la méga-levée de fonds de 1,4 milliard de dollars de l'indien Paytm auprès de l'opérateur japonais SoftBank. Une transaction qui valoriserait à 7 milliards de dollars One97, la maison-mère de Paytm, qui comptait déjà le chinois Alibaba parmi ses principaux actionnaires.

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