Armement : la France a-t-elle vraiment une chance de vendre des sous-marins en Pologne ?

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La force de l'offre française est que les sous-marins seraient vendus avec des missiles de croisière dans le cadre d'une seule transaction, a estimé le ministre de la Défense polonais Antoni Macierewicz à propos de l'offre française en matière de sous-marins.
"La force de l'offre française est que les sous-marins seraient vendus avec des missiles de croisière dans le cadre d'une seule transaction", a estimé le ministre de la Défense polonais Antoni Macierewicz à propos de l'offre française en matière de sous-marins. (Crédits : DCNS)
La France est clairement outsider en Pologne, qui souhaite acheter quatre sous-marins, face à l'Allemagne. Mais Varsovie est intéressé par un missile de croisière pour armer ses futurs sous-marins.

Florence Parly avait bien fait les choses la semaine dernière en recevant son homologue polonais, l'imprévisible Antoni Macierewicz. Hymne national polonais dans les jardins de l'hôtel de Brienne, discussions sur des projets d'acquisitions d'armements par Varsovie. La ministre française, qui avait déjà appelé à la fin de l'été Antoni Macierewicz pour organiser cette rencontre, a tenté de réchauffer les relations franco-polonaise en dépit du froid vif qui agrémentait la journée de mercredi dernier, et, surtout, des tensions diplomatiques entre les deux pays. La ministre des Armées a "bien manœuvré", explique-t-on à La Tribune.

"Il faut voir ce qui est faisable sur quoi, mettre les sujets sur la table", a-t-on relevé au ministère des Armées, un an après la rupture brutale par les conservateurs (PiS) au pouvoir d'une négociation exclusive de 50 hélicoptères militaires Caracal engagée avec Airbus.

Les relations franco-polonaises, déjà ébranlées par l'affaire des hélicoptères de transport Caracal, traversent une passe difficile en raison notamment de l'épineuse question de la directive européenne sur le travail détaché.

Une décision avant la fin de l'année ?

Les discussions entre les deux ministres ont essentiellement porté sur l'achat de quatre sous-marins (programme Orka) dont souhaite se doter la marine polonaise. Le vice-ministre polonais de la Défense, Michal Dworczyk, a confirmé à l'agence de presse polonaise PAP que "la question des sous-marins a sans aucun doute été à l'agenda de la rencontre. Elle fait actuellement l'objet d'un travail intense". La Pologne discute sur ce dossier avec les industriels français (Naval Group et MBDA) mais aussi allemand et suédois. Le chantier naval allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) est le favori.

Le ministre polonais souhaiterait sélectionner d'ici à la fin de l'année un industriel. Voire peut-être même en novembre, selon nos informations. Car depuis son arrivée au ministère de la défense, Antoni Macierewicz, qui a fait beaucoup des gesticulations, n'a finalement signé aucun contrat majeur. Et cela commence à se dire à Varsovie où le ministre n'a pas que des amis. C'est pour cela qu'il est "condamné" à sortir rapidement un contrat, qui pourrait être celui des sous-marins ou de la défense aérienne (missile Patriot).

Quelles chances pour Naval Group?

Tout dépendra avant tout du degré de sincérité du ministre de la Défense polonais, qui n'a pas hésité à dire tout et son contraire à Airbus à l'occasion des négociations sur l'achat des hélicoptères tactiques Caracal. Après avoir rompu les négociations avec Airbus pour non respect des transferts de technologies (ToT), Antoni Macierewicz a déclaré le 19 août au journal Polityka que la Pologne n'avait pas le temps de négocier des offsets... L'Allemagne est également très avancée dans son projet de vente de trois sous-marins U-212 à la Pologne d'autant que la marine polonaise pousse cette solution.

La France pourrait néanmoins mettre le pied dans la porte et forcer la décision en sa faveur. Car tout comme la France, l'Allemagne entretient des relations tendues avec la Pologne, qui a récemment rouvert le débat sur la demande de réparations de guerre à l'Allemagne. Le chef du parti au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski avait estimé lors d'un congrès début juillet que Berlin avait "une immense dette non réglée envers la Pologne", qui "reste d'actualité". Or, le ministre de la défense Antoni Macierewicz est l'un des très proches du fondateur du PiS.

C'est d'ailleurs pour cela que TKMS envoie actuellement les Norvégiens, qui viennent de choisir des sous-marins allemands, faire du lobbying à Varsovie en faveur... de l'Allemagne. "Les Norvégiens sont les caches-sexes des Allemands", ironise-t-on en France. En outre, Berlin est actuellement dans la dernière ligne de la campagne des élections fédérales. Ce qui est peu propice à la gestion des affaires courantes. A la France de jouer.

Enfin, sur le plan opérationnel, la France a un atout, qui intéresse beaucoup les Polonais et que n'ont pas les Allemands : le missile de croisière, le Scalp naval, qui armerait les sous-marins Scorpène proposés à Varsovie par Naval Group à travers un partenariat stratégique. Par ailleurs, la Pologne peut également se lancer dans une coopération avec la Norvège sur le développement d'une nouvelle version (sous-marin) du missile mer-mer NSM (Naval Strike Missile, missile d'attaque navale). Développée par le groupe norvégien Kongsberg Defence & Aerospace (KDA), la nouvelle version n'en est qu'au stade des études. Or, la Pologne n'a pas le temps d'attendre face à la menace russe, a expliqué à Polityka Antoni Macierewicz.

Reste à savoir si la France accordera son feu vert à l'exportation du Scalp Naval à la Pologne. Il semblerait que oui, selon les déclaration du ministre de la défense polonais à l'agence de presse polonaise PAP : "La force de l'offre française est que les sous-marins seraient vendus avec des missiles de croisière dans le cadre d'une seule transaction". C'est peut-être là la chance de la France.

Et Airbus Helicopters ?

Varsovie, qui a annoncé en février dernier vouloir lancer un nouvel appel d'offres pour l'achat d'hélicoptères militaires, a invité les constructeurs américain Lockheed Martin, italien Leonardo et européen Airbus à y concourir. Depuis la Pologne a enfin avancé. Elle a officiellement lancé un appel d'offres pour huit hélicoptères pour les forces spéciales et devrait en lancer un second pour huit hélicoptères (4 + 4) pour sa Marine.

Les opérationnels souhaitent acquérir le Caracal mais la décision sera éminemment politique. D'autant que les forces armées polonaises ont besoin à termes de 120 hélicoptères de transport et de 150 hélicoptères d'attaque. Des opérations qui pourraient faire l'objet d'un accord de gouvernement à gouvernement, via un FMS (Foreign Military Sales) américain...

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Commentaires
a écrit le 23/09/2017 à 9:21 :
L'exportation hors Europe me semble mieux, Amérique du Sud ( argentine,Brésil), Amérique du nords ( Canada), Océanie ( nouvelle Zélande) , pacifique ( Vietnam), Afrique ( Afrique du Sud) .... Pour la Pologne s'est pas gagnier.
a écrit le 19/09/2017 à 15:46 :
Le frère jumeau vivant et chef du parti majoritaire, n'achètera JAMAIS français. J'ai travaillé sur ce pays pendant plus de 8 ans sur ce type de projet et je peux vous assurer que jamais, JAMAIS les polonais n'achèteront français !! Allemand, peut être, Norvégien possible (sous traitant de l’Allemagne sur ce projet) Américains très probablement. Alors c'est une perte de temps et d'argent total. J'ouvre les paris !!.
Réponse de le 23/09/2017 à 9:12 :
Sûrement mais les USA ne fabriquent plus de sous marin conventionnelle depuis un certain temps.... Il reste l'option GB , mais ils sont aussi én retards sur le sujets.....
a écrit le 19/09/2017 à 11:54 :
On a au moins autant de chance de vendre un sous-marin à la Pologne qu'à la Suisse.
a écrit le 18/09/2017 à 19:49 :
Comment on dit lièvre en polonais?
a écrit le 18/09/2017 à 17:00 :
Se souvenir des négociations sur les hélicoptères....la crème,le beurre, le sourire de la crémière, voir un peu plus si possible . La France n' a pas à se rabaisser avec ces coucous . D'autant que nos amis Qatariens viennent d' acheter des typhons, juste après la réception de Macron .
a écrit le 18/09/2017 à 16:12 :
Avec la Pologne la France n'a rien à gagner, il y a déjà eu les mistrals que l'on n'a pas vendu aux russes suite à l'invasion de la Crimée parce que cela inquiétait les pays baltes et la Pologne qui en contre partie devait acheter des hélicomptères européens. Maintenant on veut nous refaire le coup avec les sous-marins qui seront allemands (il faut bien faire plaisir à muttie Angela!) ou au pire américains!
a écrit le 18/09/2017 à 16:07 :
La France de moins en moins souveraine dans ses décisions, n'attire pas la confiance!
a écrit le 18/09/2017 à 15:55 :
Attention surtout ne pas faire confiance aux polonais roublards et sans parole.
a écrit le 18/09/2017 à 15:25 :
Ignorer, EN TOUT DOMAINE, la pologne.
a écrit le 18/09/2017 à 14:52 :
Si les Polonais sont fâchés avec les Français, avec les Allemands et que pour les missiles, ils ne veulent pas attendre les Norvégiens, eh bien qu'ils achètent tout chez les américains, ce ne sera pas la première fois.
Réponse de le 18/09/2017 à 15:55 :
Qui les défendra ? Personne exceptés U.S.A
a écrit le 18/09/2017 à 14:43 :
Avec Macron qui les insulte à propos de leur législation du travail nos industriels partent avec un handicap.
a écrit le 18/09/2017 à 14:19 :
Tout dépend, si Macron arrête de les embêter avec le dumping social que eux et d'autres pays d'europe de l'est imposent à l'UE, possible qu'ils nous achètent des trucs.

Mais si Macron insiste sur ce point il est évident qu'ils ne nous prendront rien, préférant donner du fric à des pays plus "compréhensifs".

Ça se passe comme ça en néolibéralisme, argent et politique ne faisant qu'un.

Donc s'ils nous achètent des trucs ce sera une surprise certes mais que l'on aura payé très cher, bien trop cher.
Réponse de le 18/09/2017 à 14:38 :
Vous pouvez appeler cela du néolibéralisme si cela sied en votre système de pensée...mais ça a tout de relation entre état et ça n'a franchement rien de nouveau. Par ailleurs si le marché de la défense était un marché pur et parfait on le saurait depuis le temps, non?
Au passage, ce ne sont pas les pays de l Est qui ont inventé le travail détaché. Ils profitent d'accord même préalable à leur entrée...On peut comprendre leur intérêt. Donc comme partout pour les faire lâcher faut dealer autre chose. Sinon, c'est de la dictature que de leur imposer et il me semblait pourtant que vous maudissiez déjà l'UE pour son manque de démocratie (parfois à juste titre)...
Réponse de le 18/09/2017 à 16:14 :
je ne sais pas à quoi vous carburez, mais nous sortir un point godwin avant même d'avoir émis le moindre argument, je dis chapeau. La modération sur ce site est assez ténébreuse...
Réponse de le 18/09/2017 à 16:39 :
Les Français ont plus à gagner avec une loi anti-dumping qu'avec la vente de 3 sous marins.
Réponse de le 18/09/2017 à 16:44 :
"Vous pouvez appeler cela du néolibéralisme si cela sied en votre système de pensée...mais ça a tout de relation entre état et ça n'a franchement rien de nouveau."

LE néolibéralisme n'est pas le libéralisme, l'état y joue un rôle prépondérant en subventionnant massivement les multinationales et leurs actionnaires milliardaires, principaux propriétaires des outils de production. LE néolibéralisme est une dérive du capitalisme que l'on essaye de nous faire passer pour libérale alors que sans l'état les actionnaires milliardaires et leurs multinationales n'existeraient pas pour la plus grande partie

"Par ailleurs si le marché de la défense était un marché pur et parfait on le saurait depuis le temps, non?"

Et est-ce que je dis l'inverse !? Je pars du principe que notre système est corrompu, depuis le temps que je le dis il est étonnant que vous ne l'ayez jamais lu.

"Au passage, ce ne sont pas les pays de l Est qui ont inventé le travail détaché. Ils profitent d'accord même préalable à leur entrée...On peut comprendre leur intérêt."

ENtièrement d'accord maintenant possédants et politiciens des deux parties y ont a gagné au dumping social, pour nous autres par contre c'est la saignée garantie.

"Sinon, c'est de la dictature que de leur imposer et il me semblait pourtant que vous maudissiez déjà l'UE pour son manque de démocratie (parfois à juste titre)..."

Non la dictature c'est de nous imposer à nous autres citoyens français le traité de lisbonne tandis que nous avions refusé en masse le traité sous sa première forme par référendum et dans lequel il y avait ce dumping social. Bref nous l'avons refusé démocratiquement et les politiciens et décideurs économiques nous l'ont imposé.

« @citoyen blasé: et si on passe son temps à ramper, on obtient des marchés ? ok, ça se passe comme ça en socialisme, et on a vu les résultats pour les négociations avec Adolf :-) « 

En socialisme ?! Comme d'habitude vous délirez, votre vision étriquée de notre système est désespérante. Votre trollage est bien entendu signalé.
Réponse de le 18/09/2017 à 16:57 :
@ aria: je suis entièrement d'accord maintenant la dérive financière du capitalisme qu'est le néolibéralisme ne voit que gros revenus à très court terme, ça fait belle lurette qu'ils ont oublié rie nque le moyen terme.

Par ailleurs plus ça va et plus je pense qu'ils ont également validé une véritable stratégie de destruction étatique avec la complicité des politiciens corrompus.
Réponse de le 18/09/2017 à 19:03 :
C'est moi qui vous ai signalé patrick, depuis le temps que je le fais cela aurait du percuter. Et là je vous resignale parce que votre bavardage insipide et aléatoire n'a rien à faire dans un forum de discussion.

Vos messes n'ont aucun intérêt.
Réponse de le 19/09/2017 à 12:26 :
@@patrick: essaie d'aller plus loin que le bac+2, merci Jospin, et renseigne-toi au minimum sur Google. Ok, c'est trop fatigant, n'est-ce pas :-)

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