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Interview

Derrière l'affaire Bettencourt se joue l'avenir de L'Oréal

Source : La Tribune.fr - 06/07/2010 | 15:49 - 427 mots  | 
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Derrière l'affaire Bettencourt se joue l'avenir de L'Oréal

Au-delà de la nature très politique de l'affaire Bettencourt et de ses révélations en cascade, le différend entre l'héritière d'Eugène Schueller et sa fille Françoise Bettencourt-Meyers pose la question de l'avenir de L'Oréal. Béatrice Collin, professeur de stratégie et management international à l'ESCP Europe, a écrit un ouvrage intitulé "Le modèle L'Oréal" paru aux Editions Pearson. Elle répond à nos questions.

Quelles peuvent être, selon-vous, les conséquences pour l'avenir de L'Oréal du grand déballage médiatique auquel on assiste en ce moment ?

Les relations entre L'Oréal et la classe politique ne sont pas nouvelles. Pour les hommes politiques, il s'agit d'un symbole de l'industrie française et ils ne souhaitent pas que ce fleuron passe sous le contrôle d'un groupe étranger. Par ailleurs, André Bettencourt était ministre du général de Gaulle. Et les familles Bettencourt et Pompidou étaient très liées. Mais derrière les dimensions politiques et parfois sordides de l'affaire Bettencourt, la question qui se pose est "qui contrôlera L'Oréal en 2014 ?". Rappelons d'abord qu'en vertu de l'accord signé en 2004, les deux actionnaires de référence de L'Oréal, la famille Bettencourt et Nestlé, se partagent respectivement 27,5% et 26,4% du capital avec un droit mutuel de préemption sur leurs participations qui prend fin en 2014. Or, Liliane Bettencourt n'est que l'usufruitière des titres dont elle légué la nue-propriété à sa fille. Or on ignore aujourd'hui, quelles sont les intentions de cette dernière. Si sa mère est déclarée incapable de gérer seule sa fortune, 2014 ne sera plus la date butoir. Le processus peut s'accélérer.

Et quel est le scénario le plus probable ?

Tout dépend de Françoise Bettencourt-Meyers et son mari qui sont au conseil d'administration de L'Oreal. Ils peuvent tout faire basculer. Voudront-ils vendre leurs actions ? Refuseront-ils de céder L'Oréal à un groupe étranger ? Cela fait des années que l'on pense que Nestlé est en embuscade mais il ne semble pas aujourd'hui intéressé par une prise de contrôle. Ce scénario est peu compatible avec la stratégie de recentrage sur l'agro-alimentaire du groupe suisse. On peut donc imaginer que L'Oréal intéresse un autre géant des cosmétiques.

Vous excluez LVMH ?

Oui. Je penche plutôt pour un américain comme Estée Lauder ou l'allemand Beiersdorf qui en a indéniablement les moyens financiers. L'autre possibilité, c'est que L'Oréal rachète une partie des actions de la famille Bettencourt.

Quel serait, à vos yeux, le scénario le plus souhaitable pour L'Oréal ?

Le scénario qui lui permettrait à la fois d'évoluer tout en conservant son autonomie ce serait vraisemblablement d'entrer dans le giron de Nestlé. Le groupe suisse n'a aucune raison de conserver après 2014 une participation minoritaire. Si Nestlé la vend ou en cède une partie, L'Oréal sera bien moins protégé contre une OPA. Mieux vaut donc que Nestlé en prenne le contrôle et fasse de L'Oréal une division autonome. D'autant que je ne suis pas persuadée de la viabilité à long terme du modèle d'un L'Oréal qui resterait totalement indépendant.

Propos recueillis par Pierre Kupferman - 06/07/2010, 15:49  | 
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Commentaires sur l'article

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  • m.boisderobert a écrit le 08/07/2010 à 09:35 :

    • Je suis d'accord avec vos hypothèses de reprises car contrairement à ce qu'annocent les commentaires laissés précédemment, Estée Lauder et Beiersdorf ont en effet la capacité financière de prendre des parts importantes dans le capital de l'Oréal (je viens de vérifier les chiffres) et cela s'inscrirait tout à fait dans leur vision stratégique. Ce sont donc pour moi deux hypothèses très valables et que l'on verra sûrement confirmées.

  • brulisa a écrit le 08/07/2010 à 08:54 :

    • Les professeurs de l'ESCP europe ont ils tous une vision aussi brillante?

  • adelaidegrollet a écrit le 08/07/2010 à 08:53 :

    • Exellent article. Bravo.

  • missdu69 a écrit le 08/07/2010 à 08:52 :

    • Contrairement aux commentaires précedents, l'Oréal est stratégique pour la France. C'est le fleuron de son industrie, qui montre la diversité de celle-ci et son implication sur le plan mondial. Merci Mme Collin pour ces informations pertinantes. Je vous ai entrevue dans d'autre médias, et je vous remercie de mettre au clair, à chaque fois, la stratégie de l'entreprise sans essayer de la montrer négativement, mais au contraire objectivment.

  • sanofi a écrit le 08/07/2010 à 00:29 :

    • Petit oubli stratégique pour l'état Français : - L'Oréal est le 1er actionnaire de Sanofi. Et Total réduit progressivement sa participation. La vente de Sanofi donne >3 milliards de cash au bilan. L'Oréal aurait plutôt le profil d'un prédateur.

  • ours methodique a écrit le 07/07/2010 à 14:19 :

    • L 'OREAL n'a aucun intérêt pour la FRANCE ;C'est un fabricant de schampoings un peu évolué ,c'est tout .L 'OREAL ne fabirque ni des armes ,ni des avions ,ni des chars ,ni des trains ,ni aucun matériel qui fait qu'un pays joue dans l cour de grands .quand les Chantiers de ll'Atlantique ,autremennt plus prstigieux (Le NORMANDIE ,le FRANCE ),ont été vendus à un norvégien ,AKERS ,puis à un Coréen (mais oui !!),tout le monde a trouvé cela très bien ; Alors l 'OREAL ,on s'en balaie le flanc gauche !

  • coco a écrit le 07/07/2010 à 12:09 :

    • Madame, L'oréal pèse 48 milliards d'euros, Beiersdorf est certes riche mais n'a "que" 1,5 milliard d'euros dans ses caisses et ne pèse que 10 milliard. Les actionnaires de ce groupe allemands n'obnt pas les moyens de mettre 48 milliards d'euros sur la table et une augmentation de capital serait tellement dilutive qu'elle n'est pas envisageable. Estée Lauder est un petit poucet à coté, nen parlons même pas ! Quant au rachat des titres des Bettencourt par l'Oréal, cela ferait supporter au groupe un endettement trop important. Un placement oui.

  • simon a écrit le 07/07/2010 à 10:10 :

    • Tout d'abord madame Françoise Bettencourt Meyers ne pourra pas vendre les actions qu'elle déteint en nue propriété tant que Lilianne Bettencourt est vivante car celle çi a un droit d'usufruitière concernant les dividendes et les droits de vote. Ensuite il est utile de rappeler que Mme Bettencourt déteint non pas 27.5% du capital mais 31%. Ensuite que L'Oréal passe sous pavillon étranger n'est pas un drame en soit mais il serait quand même intéressant que la famille conserve ses participations, quitte a les dilluer en fusiuonnant avec un géant des cosmétiques ou bien avec Nestlé. Nestlé ets également détenu a 4% environ par la famille Bettencourt

  • iguazu a écrit le 07/07/2010 à 10:04 :

    • Par méfiance, j'ai vendu il y a environ 10 jours (à la hausse) et racheter des Air Liquide à la place. Là, pas de problème. J'ai déjà été échaudée par Alcatel, Thomson, etc. alors "un tient vaut mieux que deux tu l'auras"

  • margueritehedde a écrit le 07/07/2010 à 08:42 :

    • D'un grand interet. Il serait intéressant d'ailleurs que cet article soit prolongé. Les propos de Mme Collin sont réfléchis, contruits et nuancés, ce qui crée une opposition avec les paroles tenues sur l'affaire Woerth actellement.

  • françoisebailly a écrit le 07/07/2010 à 08:40 :

    • Je trouve cet article très intéressant car il resitue le véritable contexte, se détachant des ragots et des rumeurs qui courent, pour chercher la véritable problématique du groupe l'Oréal.

  • Gorz a écrit le 07/07/2010 à 07:39 :

    • L'Oreal, cause you're woerth it !

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    • Je suis d'accord avec vos hypothèses de reprises car contrairement à ce qu'annocent les commentaires laissés précédemment, Estée Lauder et Beiersdorf ont en effet la capacité financière de prendre des parts importantes dans le...

      par m.boisderobert le 08/07/2010 à 09:35

  • LVMH
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