Le crowdfunding cartonne en Europe… et surtout au Royaume-Uni

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Les sommes collectées en France sur les différentes plateformes de crowdfunding ont presque doublé entre 2014 et 2015.
Les sommes collectées en France sur les différentes plateformes de crowdfunding ont presque doublé entre 2014 et 2015. (Crédits : Décideurs en région)
Le crowdfunding en France n'est que poussière face au crowdfunding au Royaume-Uni, comme le démontre une étude réalisée par l'université de Cambridge en partenariat avec KPMG. Toutefois, en forte progression, le financement participatif à la française n'a pas dit son dernier mot...

Le financement participatif va-t-il finir par remplacer les banques traditionnelles ? Si la route est encore longue, le crowdfunding avance à toute vitesse. Selon une étude réalisée par l'université de Cambridge en partenariat avec KPMG, et révélée par Le Monde le 21 novembre, 5,341 milliards d'euros auraient "transité en Europe en 2015 à travers ces différentes plateformes", ce qui représente une hausse de 92% par rapport à l'année précédente.

Ces bons résultats cachent en réalité de fortes disparités entre les pays : le Royaume-Uni monopolise 4,412 milliards d'euros, soit 82,61% de l'activité de l'ensemble du continent. Cette sur-domination s'explique par "une forte concentration du secteur bancaire" britannique qui "renforce le besoin d'alternative" pour les entreprises, selon Antoine Bernabeu, associé chez KPMG interrogé par Le Monde. La France se classe en seconde position, mais ses 319 millions d'euros financés grâce aux 49 plateformes du pays ne pèsent pas bien lourd face à l'ogre britannique. Et si l'on y ajoute la comparaison entre l'Europe et les autres continents, le chiffre paraît encore plus dérisoire : le crowdfunding représente 33,6 milliards d'euros en Amérique du Nord et 94,6 milliards d'euros en Asie sur l'année 2015...

Une dynamique française très positive

Les chiffres au niveau de l'Hexagone correspondent à ceux annoncés par Compinnov dans son baromètre du crowdfunding en France 2015, publié en février 2016. L'étude faisait état d'une collecte de de 296,8 millions d'euros en 2015, soit près du double de celle de l'année précédente (152 millions d'euros). Car si la France est un petit poucet du crowdfunding face à d'autres pays, elle reste nettement en avance face à ses concurrents de l'Union Européenne comme l'Allemagne,  qui  compte 248 millions collectés en 2015, ou les Pays-Bas (111 millions).

La dynamique au niveau du secteur du crowdfunding en France est en effet très positive, avec des projets qui se multiplient et des nouveaux acteurs qui ne cessent d'arriver sur le marché. La France propose ainsi des plateformes permettant de financer un prêt pour un étudiant, un projet immobilier ou encore un domaine vinicole. Parallèlement, un des leaders national du financement participatif, la plateforme KissKissBankBank a ouvert le 17 novembre sa maison du crowdfunding dans le 10e arrondissement de Paris. Deux mois plus tôt, c'est un autre acteur incontournable, Ulule, qui avait ouvert une boutique parisienne pour présenter les projets financés sur la plateforme.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2016 à 17:12 :
C'est vrai que le Crowdfunding a le vent en poupe ces derniers temps !
Article clair et bien résumé. "Le financement participatif va-t-il finir par remplacer les banques traditionnelles ?" Je ne pense tout de même pas... Il est vrai que le crowdfunding ou économie collaborative réponds aux besoins auxquels la banque n'arrive certainement pas à répondre actuellement..

J'ai lu un article quasi similaire au votre : http://billetdebanque.panorabanques.com/credit/le-crowdfunding-consacre-en-europe/

On constate dans l'article que l'Europe est bien loin devant dans la tendance du crowdfunding. « Au niveau européen, le marché du crowdfunding devrait atteindre 8 milliards d’€ en 2016 ».
a écrit le 23/11/2016 à 10:53 :
"n'est que poussière".... jolie formule ! mais la définition du périmètre n'est pas la même ! ! !

Toute "l'alternative finance" dans le crowdfunding = bof....
a écrit le 22/11/2016 à 22:25 :
La différence de chiffres entre le Royaune-Uni et la France s'illustre par des plateformes anglaises d'Equity Crowdfunding avec beaucoup plus d'entreprises présentées à la recherche de financement que sur les plateformes françaises.
a écrit le 22/11/2016 à 16:23 :
Oui, et cela ne tendra pas à s'améliorer car, en dehors des tracasseries administratives, si je ne me trompe le gouvernement a vite mis la main sur le processus, entre autres en limitant le montant total qu'un investisseur a le droit de donner en crowdfunding pour une "startup".

Toujours cette manie pour l'État de tout vouloir contrôler sans vraiment comprendre que le monde a évolué, qu'il n'est pas constitué uniquement d'énarques qui n'ont pas pratiqué l'entreprise dans la vie réelle (dans le sens "d'entreprendre") et que l'innovation ne se développe pas dans un univers de fonctionnaires (ou candidats à la Présidence) des années '50. Ce n'est pas ici ni ainsi qu'apparaitront les nouvelles Google, Facebook, Apple, PayPal, Microsoft ou autres Amazon.

Et, de toute façon, eu égard aux sanctions qui tombent sur celui ou celle qui fait banqueroute si son projet (tout à fait raisonnable sur papier) finit par ne pas marcher pour des raisons légitimes, la prise de risque est immédiatement freinée par les conséquences à long terme d'une éventuelle faillite. Or, sans prise de risque il n'y a pas de développement ou de progrès possible, pour l'investisseur comme pour l'entrepreneur, mais, surtout, pour le pays.

Ronronnons donc en paix...
a écrit le 22/11/2016 à 13:57 :
faut etre idiot pour financer des entreprises en france ' dans des projets pas rentables'
moi je propose qu'on confisque , dans un grand cadre de solidarite juste, les 30 milliards de la formation et l'argent des CE, vu que c'est de l'argent vole sur le dos des salaries laborieux qui n'en beneficient pas
on aura alors de l'argent pour financer les projets pas rentable en france de facon suffisante
a écrit le 22/11/2016 à 9:13 :
Les établissement financiers étant devenus des centres de pouvoir ont abandonné leur rôle initial, financer l'économie, du coup il est évident que le crowfunding est appelé à croitre plus par besoin que par mode d'ailleurs.

Quand on a rien et que l'on a besoin d'argent pour investir il faut oublier les banques qui au mieux vous riront au nez voir sont capables de vous engueuler, tant qu'à faire.

Les banques et les assurances sont devenues les nouvelles églises, des nouveaux temples, le conseiller financier le prête qui vous dit ce qu'il faut faire, comment il faut vivre.

Au secours.
a écrit le 22/11/2016 à 9:10 :
Paradis fiscal ? de quoi parlez vous ? on peut certes ne pas apprécier nos voisins, mais delà en parler n'importe comment pour faire bonne figure... En revanche pour faire une analyse sur le fond, le succès du financement participatif répond à un besoin auquel le système bancaire actuel est incapable de répondre. Donc c'est bien au bénéfice de l'économie que le secteur du prêt est dérégulé/assoupli.
a écrit le 22/11/2016 à 8:26 :
CROWDFUNDING, 2015 :
(FPF, Financement Participatif France)
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S1-2014 : 66,4 M€
S2-2014 : 85,6 M
S1-2015 : 133,2 M
S2-2015 : 163,6 M
.
2014 : 152 M
2015 : 296,8 M
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Devrait accélérer plus vite puisque l’état vient d’accéder à certaines demandes de FPF, pour faciliter les engagements des particuliers et des professionnels et limiter les contraintes administratives.
C’est un domaine ou la France avait prise beaucoup de retard.
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Et 1ère initiative bancaire aussi puisque la première alliance avec une banque vient d’être engagée : BNP Paribas avec La plateforme d’investissement en capital SmartAngels. Pour l’expérimentation de la « blockchain » ou des instruments non financiers qui permettront bientôt aux particuliers de prêter de l'argent aux entreprises, au travers des plateformes de crowdfunding"
.
Beaucoup de retard sur le paradis fiscal voisin, mais forte progression, et nettement devant les autres nations européennes, donc ça pourrait baigner d'ici quelques années.

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