Mobilité : Heetch lance une nouvelle formule de transport entre particuliers

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Côté tarif, c'est désormais le conducteur qui choisit l'indemnité kilométrique demandée aux passagers, alors qu'auparavant, c'était Heetch qui se chargeait de déterminer une suggestion de participation aux frais.
Côté tarif, c'est désormais le conducteur qui choisit l'indemnité kilométrique demandée aux passagers, alors qu'auparavant, c'était Heetch qui se chargeait de déterminer une "suggestion" de "participation aux frais". (Crédits : CC0 Public Domain)
La plateforme de mobilité nocturne Heetch a annoncé le lancement d'une nouvelle offre de covoiturage de courte distance, baptisée "La Base", deux mois après sa condamnation pour exercice illégal de la professions de taxi.

En voiture Simone ! Deux mois après avoir reçu un coup de massue judiciaire, la jeune pousse lance un nouveau service de transport entre particuliers, baptisé "La Base". "Parce que créer un service qui rapproche les gens, favorise la mobilité dans les zones les moins desservies, ça devrait être la base", explique à La Tribune, Teddy Pellerin, qui a fondé Heetch en 2013 avec Mathieu Jacob.

Cette nouvelle offre, disponible depuis le 17 mai depuis l'application pour smartphones de Heetch, qui fonctionne entre 20h et 6h, n'a cependant pas grand chose à voir avec la précédente. Elle se conforme en effet à la décision du Tribunal correctionnel de Paris, qui avait estimé que l'ancien service ne rentrait pas dans le cadre légal du covoiturage. "La Base" limite ainsi les trajets des conducteurs à deux destinations par soir, avec des itinéraires définis à l'avance.

Deux trajets par soir par conducteur mais plusieurs arrêts possibles

 "Comme sur Blablacar, un conducteur peut cependant effectuer plusieurs arrêts intermédiaires au cours d'un même trajet", précise Teddy Pellerin, l'un des cofondateurs de la jeune pousse, qui compte parmi ses actionnaires Kima Ventures (lancé par Xavier Niel, le fondateur de Free en 2010), Alven Capital et Via ID, contrôlé par Mobivia (Norauto, Midas). Et pour permettre aux conducteurs qui le souhaitent de trouver des passagers sur leur chemin, l'algorithme calcule de possibles détours qui ne doivent cependant pas excéder le tiers de la distance que le conducteur aurait parcourue en restant sur son itinéraire initial.

Côté tarif, c'est désormais le conducteur qui choisit l'indemnité kilométrique demandée aux passagers, alors qu'auparavant, c'était Heetch qui se chargeait de déterminer une "suggestion" de "participation aux frais". Laissant les passagers libres de la suivre, de donner plus ou moins, voire rien. Ce qui avait, bien entendu, une incidence sur la note attribuée par les conducteurs aux passagers.

Cette offre vient compléter celle lancée au mois de mars dans plusieurs grandes villes avec des voitures de transport avec chauffeur (VTC) professionnels, qui séduit forcément un public plus âgé - question de moyens financiers - que la cible initiale de Heetch, principalement de jeunes étudiants de 18 à 25 ans. Sachant que la majorité des trajets s'effectuait les soirs de fin de semaine (du jeudi au samedi) et que 70% d'entre eux faisaient intervenir en banlieue.

La mobilité nocturne des jeunes, un besoin non entièrement satisfait ?

Les deux services ne pourront toutefois absorber les pics de demande du week-end, ni répondre pleinement aux besoins de mobilité des 18-25 ans, estiment ses fondateurs. Cela dit, il fallait bien que la jeune entreprise survive et puisse continuer à payer ses 60 salariés en France, après la lourde condamnation financière du Tribunal correctionnel. Au total, Heetch a écopé de près de 600.000 euros d'amende, essentiellement au titre du préjudice moral des nombreux taxis qui s'étaient portés parties civiles. De quoi vider les caisses de la startup qui réalisait 500.000 euros de chiffre d'affaires par mois, mais restait déficitaire. "Heetch est une startup qui n'a jamais été rentable car notre objectif est de devenir un acteur international de poids, donc nous réalisons de forts investissements technologiques et humains, notamment à l'international", précisait à cet égard Teddy Pellerin.

Pour l'heure, l'entreprise continue à perdre de l'argent. Et même si "La Base" se veut être "le meilleur compromis" trouvé pour "satisfaire les besoins de mobilité des jeunes" tout en se conformant à la récente décision de justice", les deux fondateurs de Heetch ont bien conscience que cette solution n'est pas la meilleure pour leurs utilisateurs, car très différente de l'offre initiale. Mais persuadés que le marché ne va cesser de s'ouvrir et que de nouvelles solutions de mobilité comme Heetch vont voir le jour, ils ne désespèrent pas de faire reconnaître l'utilité publique de leur modèle d'origine, et d'obtenir un cadre légal pour opérer. Notons à cet égard, que lors du procès de Heetch, le tribunal lui-même a relevé que la loi avait "changé deux fois en moins de deux ans" pour ce qui concerne le transport de particuliers, et a reconnu qu'il existait un "besoin non satisfait" pour les jeunes noctambules se déplaçant entre Paris et sa banlieue...

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