Bâle III : les banques obtiennent un assouplissement des règles

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Les banquiers centraux du groupe des 20 économies les plus riches, ainsi que d'autres pays, se rencontreront ainsi à Bâle, en Suisse, pour signer la version définitive de l'accord concernant le ratio de levier censé entrer en vigueur en janvier 2018.
Les banquiers centraux du groupe des 20 économies les plus riches, ainsi que d'autres pays, se rencontreront ainsi à Bâle, en Suisse, pour signer la version définitive de l'accord concernant le ratio de levier censé entrer en vigueur en janvier 2018. (Crédits : Reuters)
Les grands banquiers centraux se sont mis d'accord dimanche pour assouplir le périmètre de définition du ratio de levier, l'un des principaux critères financiers imposés aux banques en réponse à la crise, a annoncé le Comité de Bâle.

Bonne nouvelle pour les banques. Les régulateurs internationaux se sont accordés dimanche sur une nouvelle règlementation, plus souple, facilitant l'octroi de crédit par les banques tout en limitant le risque dans leur bilan, selon des sources des régulateurs et du secteur bancaire citées par Reuters.

Une règle qui figure parmi les derniers éléments de l'accord international de solvabilité imposé aux banques, dit Bâle III, en réponse à la crise financière de 2007-2009 qui avait obligé les Etats à mettre en place de coûteux plans de sauvetage de banques sous-capitalisées avec l'argent des contribuables.

Un ratio de levier fixé à 3%

Les banquiers centraux du groupe des 20 économies les plus riches, ainsi que d'autres pays, se rencontreront ainsi à Bâle, en Suisse, pour signer la version définitive de l'accord concernant le ratio de levier censé entrer en vigueur en janvier 2018.

Ce ratio représente le rapport entre les capitaux des banques et l'ensemble de leurs actifs, sans prise en compte du risque, et s'ajoute aux règles pondérées du risque. Il a été fixé à 3%, ce qui signifie qu'à partir de 2018, chaque banque devrait détenir des capitaux représentant 3% de l'ensemble de ses actifs.

Un projet d'accord jugé trop sévère

Or, des sources avaient indiqué à Reuters début décembre que le Comité de Bâle devait assouplir le calcul du ratio de levier, les banques s'étant plaintes que le projet d'accord était trop sévère et les obligeait à comptabiliser les dérivés sur la base des positions brutes, qui peuvent être bien plus importantes que les positions nettes.

"Les banques pourront utiliser les positions nettes pour leurs opérations de financement à court terme. Cela aura un impact significatif", a déclaré un responsable du secteur en Europe.

Des liquidités suffisantes pour le long terme

Le Groupe des gouverneurs de banques centrales et des responsables du contrôle bancaire (GHOS) devrait également remettre en débat public la règlementation s'appliquant au taux dit structurel (NSFR).

A partir du début de 2018 cette règle forcera les établissements de crédit à détenir suffisamment de liquidités pour couvrir leurs engagements financiers à long terme afin de limiter leur dépendance vis-à-vis du financement à court terme.

Ce qui devrait notamment permettre un traitement plus souple des prêts hypothécaires, un élément clé notamment en Australie et en Afrique du Sud, note Reuters.

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Commentaires
a écrit le 13/01/2014 à 15:56 :
En même temps, ça ne pouvait pas fonctionner. Règles très strictes sur les fonds propres = nettement moins de crédit pendant une longue période d'ajustement = moins de création monétaire = moins (voire même plus du tout) d'inflation. Or Super Mario veut de l'inflation et seules les banques euro font le Bale 3 (les autres ont apparemment laissé tomber). Conclusion ...
a écrit le 13/01/2014 à 12:52 :
Et donc, résultat qui pouvait être anticipé de façon logique : toute "règle" n'est là que pour être un écran de fumée destiné à la foule. Le prochain crash devrait être amusant...
a écrit le 13/01/2014 à 12:05 :
Rien d'étonnant à un tel"assouplissement" de plus. La mascarade des gouvernants
commanditaires et des financiers commandités continue pour la raison essentielle que la cavalerie financière comme monétaire a été institutionnalisée pour promouvoir par la spéculation : croissance et valorisation. Côté France, les parenthèses des vitupérations du discours d'ouverture du forum de Davos le 27/01/2010, puis de l'exclamation du Bourget le 26/01/2012, n'ont été que de l'esbroufe éphémère.
a écrit le 13/01/2014 à 10:37 :
Tout ça pour dire que l'argent est totalement virtuel. J'ai toujours rigolé quand j'entends dire que les banques centrales comme la Fed font tourner la planche à billet et créent de l'argent virtuel. Mais quand on sait que depuis plusieurs siècles les banques prêtent plus d'argent qu'elles n'ont jamais eu dans leur coffres, ça fait belle lurette que l'argent n'est plus qu'une convention sociale et plus réel.
a écrit le 13/01/2014 à 9:31 :
Par exemple en France, le total des actifs détenus par les banques commerciales (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale...) s'élève pour avril 2012 à 8.500 milliards d'euros, soit plus de 4 fois le PIB de la France ! En moyenne, le montant des actifs détenus par les banques de la zone euro est 3,5 fois supérieur au PIB, avec un record pour le Luxembourg (actifs bancaires 25 fois supérieurs au PIB)..(source : ECB Aggregated Balance sheet MFI excluding Eurosystem + FMI World Economic Outlook). Juste pour situé les 3% de capitaux demandé aux banques
a écrit le 13/01/2014 à 8:58 :
en cas de defaillance de une grande banque elles plongent ,et c est la planche a billet qui pourra les sauver,,vive l or et le franc suisse !!
Réponse de le 13/01/2014 à 9:04 :
@CANARI
Vive l'or....Vous êtes sûr?
Réponse de le 14/01/2014 à 0:25 :
"vive l or et le franc suisse !! " : Un spécialiste de l'achat au plus haut?
a écrit le 13/01/2014 à 8:14 :
Trop sévère ? S'ils avaient respecter les règles du jeux et modéré les prises de risques au lieu de tenter de caché les pommes pourries, on aurais même pas eu à faire ce genre d'accord...
Réponse de le 13/01/2014 à 8:29 :
On remarquera au passage que l'industrie bancaire se fixe ses propres règles pour créer la monnaie. Les états n'ont pas droit de cité. Ils ont tous offert leur souveraineté monétaire aux banquiers.
Certains travaillent pour fournir des biens et des services dans l'espoir de recevoir une juste paye, d'autres créent de l'argent...
Réponse de le 13/01/2014 à 11:35 :
Un système qui fixe ses propres règles, ça s'appelle une mafia... Et pendant ce temps l'état nous surveille et restreint chaque jour les libertés publiques !
Réponse de le 13/01/2014 à 12:54 :
@@Néo. Mais les mafieux risquent quelque chose, eux... L'impunité, le meilleur placement au monde.

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