Bientôt coté à Wall Street, Lending Club légitime le prêt entre particuliers

 |   |  894  mots
Lending Club a permis de financer plus de 6 milliards de dollars de crédits, depuis 2007.
Lending Club a permis de financer plus de 6 milliards de dollars de crédits, depuis 2007. (Crédits : Flickr / CC License by Simon Cunningham)
Lending Club, créé par le Français Renaud Laplanche, devrait faire ses débuts à Wall Street cette semaine. Le pionnier et numéro un mondial du prêt entre particuliers est valorisé plus de 4 milliards de dollars.

Le prêt entre particuliers, l'un des segments du crowdfunding (financement par la foule), semble promis à un bel avenir. En témoignent les modalités de l'introduction en Bourse de Lending Club, qui devrait avoir lieu cette semaine à Wall Street. Le pionnier et numéro un mondial du secteur, créé en 2006 à San Francisco par le Français Renaud Laplanche, devrait faire ses premiers pas sur le New York Stock Exchange à un prix situé entre 12 et 14 dollars par action, au lieu d'une fourchette initiale de 10 à 12 dollars.

Sur la base de cette nouvelle fourchette, Lending Club pourrait lever près de 1 milliard de dollars et la société dans son ensemble serait valorisée plus de 4,3 milliards de dollars au minimum. Un montant qui ferait de la mise sur le marché de Lending Club la deuxième plus importante introduction en Bourse de l'année à Wall Street, dans le secteur de l'Internet, après celle du géant chinois de l'e-commerce Alibaba. Plus chic encore, l'IPO (initial public offering) de Lending Club figurerait en bonne place parmi les dix plus importantes introductions en Bourse de l'histoire de l'Internet.

La somme de 4,3 milliards de dollars n'est pas seulement conséquente en valeur absolue. Elle représente également 44 fois le chiffre d'affaires de 98 millions de dollars réalisé l'an dernier par Lending Club, contre un multiple de valorisation de 7, en moyenne, pour les 96 sociétés cotées sur l'indice Nasdaq Internet. Mais si la valorisation de l'entreprise de Renaud Laplanche est aussi élevée, c'est parce que sa croissance est spectaculaire. Au cours des neuf premiers mois de 2014, Lending Club a généré un chiffre d'affaires de 143 millions de dollars, soit plus du double de celui engrangé au cours de la même période de l'année précédente. Et si les dépenses liées à l'introduction en Bourse ont débouché sur une perte nette de près de 24 millions de dollars à la fin septembre, le groupe n'en avait pas moins dégagé un bénéfice de 4,5 millions de dollars au cours des neuf premiers mois de 2013.

 Plus de 6 milliards de dollars de crédits financés depuis 2007

 Il faut dire que Lending Club surfe sur la vague porteuse de l'économie collaborative, l'économie du partage. Dans ce cas précis, il s'agit de permettre aux particuliers d'emprunter à des taux plus avantageux que ceux proposés par les banques, en les mettant en relation quasi-directe, via la plateforme Internet Lending Club, avec d'autres particuliers, à la recherche, eux, de nouveaux placements pour leur épargne. Les prêts oscillent entre 1.000 et 35.000 dollars, leur durée est de trois ou cinq ans, et leurs taux d'intérêt annuel sont compris entre 6%, pour les dossiers les mieux notés, et 26%, pour les profils les plus risqués.

Quant à Lending Club, la société prélève à l'emprunteur une commission de 1,1% à 5% du montant du crédit, et facture au prêteur une commission de 1% sur chaque paiement reçu de l'emprunteur. Lending Club a ainsi permis de financer 6,2 milliards de dollars de crédits depuis son lancement en 2007, le total des intérêts versés aux prêteurs s'élevant à 595 millions de dollars. Des prêteurs dont la typologie s'est élargie, ces dernières années, le succès de Lending Club ayant attiré des gestionnaires de fonds et des investisseurs institutionnels, pour qui les prêts aux particuliers représentent une nouvelle classe d'actifs attrayante, dans l'environnement actuel de taux très bas.

 Les banques nouent des partenariats avec les plateformes de prêts aux particuliers

 Un succès qui a également fait des émules : de nombreuses autres plateformes de prêt entre particuliers ont essaimé, ces dernières années. Aux États-Unis bien sûr, avec Prosper Marketplace, mais également au Royaume-Uni, où Funding Circle côtoie RateSetter et Zopa. Quatre acteurs qui, avec Lending Club, représentaient à la fin 2013 un total de 3,5 milliards de dollars de prêts financés, contre 1,2 milliard un an plus tôt, soit une multiplication par près de trois, d'après une récente étude de l'agence de notation financière Fitch. Une croissance exponentielle que l'on retrouve également chez le petit frère français de Lending Club, à savoir Prêt d'Union : cette année, la start-up aura permis de financer 80 millions d'euros de crédits, contre 43 millions en 2013 et 11 millions en 2012.

 "L'introduction en Bourse de Lending Club devrait constituer une étape-clé dans l'évolution du prêt entre particuliers. Si l'IPO réussit, elle pourrait représenter un catalyseur et une référence pour d'autres introductions en Bourse dans le secteur, destinées à financer des projets d'expansion géographique ou de croissance externe",

estime Fitch. Des évolutions qui amènent l'agence à penser que "le caractère disruptif des acteurs du prêt entre particuliers devrait exercer une pression croissante sur les banques, au fil du temps." C'est bien pour cela que nombre d'acteurs bancaires ont déjà noué des partenariats commerciaux, voire capitalistiques, avec des plateformes de prêts entre particuliers, à qui elles adressent les dossiers trop risqués pour elles-mêmes en raison de leurs nouvelles contraintes réglementaires. Les plateformes étant supposées leur renvoyer l'ascenseur lorsque les particuliers ont besoin de prêts conséquents et sophistiqués. Comme quoi, banques traditionnelles et finance 2.0 peuvent faire bon ménage.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/12/2014 à 13:22 :
économiquement idiot... les entreprises les plus rentables au monde à quelques exceptions près sont les entreprises familliales maîtres de leur destin et de leurs capitaux! soumettre les stratégies futures à la bourse c'est in fine livrer toute entreprise aux traders et autres "investisseurs" à la gachette facile... conduit inévitablement à la perte de souveraineté de l'entreprise...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :