Bruxelles exige que Hypo Real Estate soit privatisée avant 2016
Romaric Godin, à Francfort
Romaric Godin, à Francfort
Hypo Real Estate (HRE) devra être à nouveau entre des mains privées fin 2015 au plus tard. C?est ce qu?a décidé la Commission européenne ce mardi en validant le sauvetage par l?Etat allemand de la banque munichoise. La filiale irlandaise de HRE, Depfa, qui a été le maillon faible de l?établissement en 2008 et 2009, devra être privatisée à nouveau avant fin 2014. Il est vrai que cette filiale est désormais pratiquement une coquille vide puisqu?elle se contente de gérer les contrats de financement conclue avant la crise et n?accepte plus de nouveaux contrats.
Dans la foulée de la faillite de Lehman Brothers à l?automne 2008, l?ancienne filiale de Hypovereinsbank spécialisée dans le financement des projets immobiliers et des collectivités locales avaient vu son modèle de financement s?effondrer. Habituée à financer ses activités à long terme sur le marché monétaire, elle s?était retrouvée rapidement à cours de liquidités lorsque ce dernier s?est brusquement asséché. Craignant que HRE ne devienne à son tour un "Lehman européen" avec son bilan de près de 500 milliards d?euros, l?Etat fédéral allemand a alors accordé plus de 100 milliards d?euros de garanties au groupe, mais ces aides successives se sont révélées inutiles.
A l?été 2009, malgré les résistances des actionnaires, à commencer par le fonds américain JC Flowers, HRE a été nationalisée. Une première depuis la guerre outre-Rhin. En tout, 175 milliards d?euros d?aides diverses auront été versées à la banque.
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La direction de Hypo Real s?est félicitée de la décision de Bruxelles qui lui offre la "clarté" nécessaire à l?achèvement du redressement de l?entreprise. Depuis 2009, HRE s?est concentrée avec sa filiale PBB dans le lancement d?obligations sécurisées, les fameuses Pfandbriefe. PBB a réalisé quatre trimestres consécutifs de bénéfices. Quant aux "actifs toxiques" qui encombraient le bilan de HRE, ils ont été transférés à hauteur de 173 milliards d?euros vers une structure de défaisance, ou "Bad Bank", nommée FWS Wertmanagement. C?est désormais l?Etat fédéral allemand et non plus HRE qui est responsable des pertes de cette structure. Autrement dit, les investisseurs intéressés par HRE d?ici à 2015 pourront récupérer le meilleur de HRE, laissant les contribuables allemands payer les conséquences de la calamiteuse gestion d?avant 2008.
Romaric Godin, à Francfort
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