La Scandinavie prend du poids dans le "private equity" européen

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Les pays nordiques ont représenté 21% des 94 milliards de dollars de transactions réalisées en Europe, en 2011, selon le cabinet Preqin.

Le capital-investissement scandinave est en plein boom. Et ce, malgré un contexte morose pour l'ensemble du secteur en Europe. En 2011, les pays nordiques ont représenté 21% des 94 milliards de dollars d'opérations de private equity réalisées en Europe, selon Thomson Reuters. Non seulement la part du capital-investissement scandinave a ainsi doublé, en l'espace d'un an, mais son poids est désormais supérieur à celui du Royaume-Uni, bastion historique du private equity européen. Pourtant, sur le plan macroéconomique, le Royaume-Uni représente tout de même 12% du PIB (produit intérieur brut) européen, alors que le poids de la Scandinavie se limite encore à 8%.

Autre signe de la montée en puissance du private equity dans les pays nordiques, ceux-ci comptent aujourd'hui pas moins de 155 fonds d'investissement, lesquels disposent de 13 milliards d'euros à investir, selon le cabinet Preqin. Près des deux tiers d'entre eux sont finlandais, tel CapMan et, surtout, suédois, comme EQT Partners, qui appartient aux Wallenberg, la famille de banquiers et d'industriels la plus riche de Suède, ou bien encore Nordic Capital et Altor Equity Partners.

Un havre de paix

Pourquoi le capital-investissement scandinave prend-il du poids, alors qu'à l'échelle européenne les opérations de LBO (leverage buy-out : acquisition par endettement) ont chuté de 37% au quatrième trimestre 2011 (par rapport au troisième), à 15,6 milliards de dollars ? D'abord, les banques scandinaves, comme la danoise Danske et les suédoises SEB et Nordea, sont en bien meilleure santé que leurs rivales étrangères, ce qui leur permet de continuer à prêter aux fonds l'argent nécessaire au financement des LBO. Une différence de taille avec leurs concurrentes européennes qui, depuis la crise boursière de cet été, ont resserré les vannes du financement LBO. Ensuite, les pays scandinaves sont un havre de paix dans une Europe en butte à la crise des dettes souveraines. En Norvège, comme en Finlande, en Suède ou au Danemark, la dette publique est inférieure à 50% du PIB. Et la croissance économique est autrement plus vigoureuse qu'en France. Conséquence, au-delà des banques, les pays scandinaves comptent un grand nombre d'entreprises solides, dotées de fortes perspectives de croissance, ce qui attire les fonds d'investissement, à l'affût de cibles de choix.

Parmi les transactions emblématiques de 2011 figure ainsi le fabricant sudéois d'alarmes Securitas Direct, racheté à EQT Partners par Bain Capital et Hellman & Friedman, pour 2,3 milliards d'euros. Ou bien encore l'acquisition, par BC Partners et pour 1,8 milliard d'euros, du câblo-opérateur suédois Com Hem, qui était auparavant détenu par Carlyle et par le fonds suédois Providence Equity Partners. En ce début 2012, c'est le fabricant suédois d'installations de plomberie Ahlsell, aux mains de Cinven et de Goldman Sachs et fort d'une marge opérationnelle en hausse de 1 point au premier semestre 2011, à 7,4%, qui susciterait la convoitise de Bain Capital, de BC Partners et de Nordic Capital, selon l'agence Bloomberg. Les belles suédoises continuent de faire rêver.

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