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Crédits : les conditions d'octroi se durcissent encore en zone euro

latribune.fr

Publié le 23 janvier 2024 à 15:29 - Mis à jour le 23 janvier 2024 à 15:29

La demande nette de prêts des entreprises et des ménages a également continué de « diminuer sensiblement » au quatrième trimestre 2023.

La demande nette de prêts des entreprises et des ménages a également continué de « diminuer sensiblement » au quatrième trimestre 2023.

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Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Obtenir un crédit dans la zone euro est devenu encore un peu plus difficile au quatrième trimestre 2023, selon un rapport de la Banque centrale européenne publié ce mardi qui affirme que les critères d'octroi se sont durcis « quoique modérément » par rapport aux précédents trimestres.

La crise du crédit n'est pas terminée, loin de là. Dans l'ensemble de la zone euro, les banques ont continué à durcir leurs critères d'octroi de prêts au quatrième trimestre 2023, mais moins que lors des trimestres précédents sur fond de pause enclenchée dans la hausse des taux, a indiqué ce mardi la Banque centrale européenne.

D'octobre à décembre, « les critères d'octroi - c'est-à-dire les directives internes des banques ou les critères d'approbation des prêts - pour les prêts ou les lignes de crédit aux entreprises se sont encore durcis, quoique modérément », indique l'institut dans un rapport trimestriel. Concernant les prêts aux ménages, les banques ont aussi signalé un nouveau durcissement net des conditions qui a été prononcé pour les crédits à la consommation, mais qui est néanmoins resté limité pour les prêts au logement, note la BCE.

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Immobilier : la chute des prix va s'accélérer en 2024

L'offre diminue, et la demande fait de même. Ainsi, la demande nette de prêts des entreprises et des ménages a également continué de « diminuer sensiblement » au quatrième trimestre 2023, quoique « moins fortement qu'au trimestre précédent », selon le rapport.

A noter cependant, le tableau par pays offre des disparités : ces conditions se sont stabilisées en France, en Espagne et en Italie, mais ont continué à se durcir en Allemagne, relève le rapport.

Conséquences néfastes sur l'économie et l'immobilier

A l'origine du coup de froid sur le marché du crédit : le resserrement substantiel des taux opéré depuis juillet 2022 par la BCE, passés de 0% à 4 et 4,75% aujourd'hui. Pour rappel, la gardienne de l'euro a décidé de monter ses taux pour refroidir l'activité économique et ainsi ramener l'inflation -qui a culminé à plus de 10% fin 2022- autour de son objectif de 2%. Un but qui devrait d'ailleurs bientôt être atteint puisque l'inflation en zone euro s'est établie à 2,9% en décembre. Le ralentissement économique est un autre point laissant penser que le durcissement monétaire de la BCE commence à porter ses fruits.

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La remontée de l'inflation en Europe éloigne le scénario d'une baisse rapide des taux

« Des indicateurs faibles indiquent une contraction de l'économie en décembre, confirmant la possibilité d'une récession technique au second semestre 2023 et de faibles perspectives à court terme », a ainsi déclaré Luis de Guindos, vice-président de la BCE, lors d'un discours mercredi 10 janvier en Espagne, lors de la 14e édition de la « Journée des investisseurs espagnols ». Pour rappel, une récession technique se définit par deux trimestres d'affilée de recul du PIB. Le PIB des 20 pays de la zone euro a déjà reculé de 0,1% de juillet à septembre, selon le haut fonctionnaire. Une contraction de l'activité au quatrième trimestre 2023 est donc probable.

Un début d'année 2024 encore morose

L'hiver des crédits devrait durer encore quelque temps. Si du côté de la demande de crédits par les entreprises, les banques s'attendent à une « légère augmentation nette » au premier trimestre 2024, ce qui serait une première depuis le printemps 2022, ce ne sera pas le cas de l'offre de prêts. Selon le rapport de la BCE, les conditions de crédits à l'économie devraient à nouveau se durcir lors du trimestre en cours.

Tout dépendra des futures décisions de la Banque centrale européenne. Le conseil des gouverneurs de la BCE, qui se réunit jeudi, va selon toute attente prolonger le statu quo monétaire. Mais les choses pourraient bouger dans les prochains mois. Plusieurs membres, dont la présidente Christine Lagarde, ont suggéré dernièrement qu'une première baisse des taux pourrait intervenir vers l'été.

Reste que rien n'est certain. La gardienne de l'euro pourrait très bien décider de remonter à nouveau ses taux si l'inflation repartait de plus belle en Europe. Surtout, même si la gardienne de la monnaie décidait de bel et bien baisser ses taux mi-2024, les conséquences sur le marché des crédits se feraient alors sentir au mieux à partir du deuxième semestre. Surtout, « les taux directeurs ne retomberont pas sous les 3% en Europe »

, 

affirmait fin novembre l'économiste de Natixis Patrick Artus, dans une interview à La Tribune

. Un point de vue partagé par de nombreux économistes qui ne permettrait pas aux aspirants propriétaires de retrouver leur pouvoir d'achat de 2021.

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  • Le gouverneur de la Banque de France invite à « mieux suivre les taux de refus » des crédits immobiliers

L'immobilier français victime de la chute des crédits

L'augmentation des taux directeurs a déjà eu des conséquences très concrètes sur l'immobilier français.

Selon la Fédération nationale de l'immobilier, à cause de la hausse des taux et des conditions d'octroi de crédits, seulement 875.000 ventes ont été conclues dans l'ancien en 2023 soit une baisse de 22 % par rapport à 2022. Du côté des prix, la baisse a déjà commencé en 2023 puisque ces derniers ont diminué de 1% sur un an en moyenne dans l'Hexagone et de 5,7% à Paris, 3,6% en banlieue parisienne et de 2,6% dans les 10 plus grandes villes de province.

(avec AFP)

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