La BCE a acheté 100% des nouveaux emprunts italiens en avril et mai : provocation pour Berlin ?

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La BCE et la Banque d'Italie ont acheté pour 37,4 milliards d'euros d'obligations italiennes dans le cadre du Programme d'achats d'urgence pandémique (PEPP), soit 21,6% du total des achats d'avril-mai, alors que la part théorique de l'Italie n'est que de 17%.
La BCE et la Banque d'Italie ont acheté pour 37,4 milliards d'euros d'obligations italiennes dans le cadre du Programme d'achats d'urgence pandémique (PEPP), soit 21,6% du total des achats d'avril-mai, alors que la part théorique de l'Italie n'est que de 17%. (Crédits : Kai Pfaffenbach)
Les statistiques de la BCE montrent aussi que celle-ci a mis ses règles internes entre parenthèses face à l'urgence créée par la pandémie de coronavirus, en achetant beaucoup plus d'obligations italiennes que ne le lui permettait la règle de répartition habituelle. Cet écart pourrait être critiqué par l'Allemagne. D'autant qu'il a tout juste permis de stabiliser les coûts de financement de Rome...

La Banque centrale européenne (BCE) a acheté la totalité des nouveaux emprunts émis par l'Italie en avril comme en mai mais cet effort exceptionnel a tout juste permis de stabiliser les coûts de financement de Rome, montrent les données publiées mardi par l'institution.

La BCE a acquis pour 51,1 milliards d'euros d'obligations d'Etat italiennes au cours des deux derniers mois, un montant à comparer à une offre de titres nette de 49 milliards selon les calculs des analystes d'UniCredit.

La BCE met ses règles internes entre parenthèses face à l'urgence

Le rendement des titres italiens à dix ans n'a reculé que de quatre points de base sur la période pour revenir vendredi à 1,491%.

Les statistiques de la BCE montrent aussi que celle-ci a mis ses règles internes entre parenthèses face à l'urgence créée par la pandémie de coronavirus, en achetant beaucoup plus d'obligations italiennes que ne le lui permettait la règle de répartition fondée sur la population et le poids économique de chaque pays.

De l'huile sur le feu dans le conflit entre BCE et Bundesbank

Cet écart pourrait être critiqué par l'Allemagne, dont la part dans les achats a été inférieure à son quota, alors que la décision de la Cour constitutionnelle allemande sur les programmes d'assouplissement quantitatif de la BCE est déjà source de tension avec la Bundesbank.

La BCE et la Banque d'Italie ont acheté pour 37,4 milliards d'euros d'obligations italiennes dans le cadre du Programme d'achats d'urgence pandémique (PEPP), soit 21,6% du total des achats d'avril-mai, alors que la part théorique de l'Italie n'est que de 17%.

L'écart est encore plus large pour les opérations réalisées dans le cadre du Programme d'achats du secteur public (PSPP), avec 26,5% des achats pour l'Italie et 13,9% seulement pour l'Allemagne selon les calculs de Reuters.

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Commentaires
a écrit le 11/06/2020 à 17:19 :
Avec Lagarde aux commandes la BCE joue les FMI. Planche à billets pour "alimenter" les entreprises qui, elles, rembourseront avec de vrais actifs, du vrai travail…On n'est pas loin de la notion de blanchiment...
a écrit le 04/06/2020 à 1:47 :
Avec ces mesures l'inflation va s'installer durablement. Les plus penalises seront les pays possedants le moins d'industries. La France est helas dans cette situation.
Tout ca couter plus cher, et les impots seront reevalues a la hausse.
Votez micron.
a écrit le 03/06/2020 à 20:11 :
Eh il récupéré tout simplement leur du depuis plus de soixante années de cotisation. ..ainsi que la France et la Espagne. ......
a écrit le 03/06/2020 à 7:34 :
Ça s appelle faire marcher la planche à billets

Les élus et technocrates critiquent les allemands mais ils ont raison c’est une folie qui amènent guerre faillite et haine

Les allemands ont payés pour voir
Réponse de le 07/06/2020 à 10:22 :
Mais qui va déclarer la guerre ?
Les cigales ou les fourmis ?
a écrit le 02/06/2020 à 21:54 :
Racheter des dettes : ça rend plus fort , qui dit fort dit pouvoir aussi .
a écrit le 02/06/2020 à 20:06 :
Si on respecte vraiment les règles (interdiction de financement des états...) l'UE est condamné. La cour de Karlshrue a certainement raison d'un point de vue juridique mais les effets politiques peuvent devenir ingérables.
Pour combien de temps pourra-t elle la BCE enfreindre ces règles en justifiant son action illégale de façon convenable?
Changer ces règles (avec le principe de l'unanimité) n'est pas une option réaliste mais serait la seule voie juridiquement cohérente et l'UE n'est-t-elle pas basée sur le droit?
a écrit le 02/06/2020 à 19:37 :
Bravo, il va peut-être se passer quelque chose en UE, depuis le temps on est pas difficile, rien qu'un souffle de vie, même un frêle balbutiement. Les temps ont bien changé depuis 1957, il serait temps qu'ils regardent tous enfin par la fenêtre.

Ah zut le covid...
a écrit le 02/06/2020 à 18:52 :
ce ramassis d'inconscients va amener la cata
c'est pas a la banque centrale de financer les etats, qui doivent lever l'impot ( et oui, les politiciens ne seront pas reelus, avec leur cohorte d'amis), au lieu d'emprunter gratuitement sans inflation qui met leur amis syndicalistes furieux
et encore moins une banque qui veut emprunter avec l'argent d'autres pays
quand les allemands vont dire ' Nein', et que la Buba va arreter ses rachats, les taux vont s'envoler a un niveau qui fera regretter la raison ( y compris a la france au portugal et a l'espagne)
Kant a ecrit ' la critique de la faculte de juger', et c'est de mise avec la bce... ca va mal finir, surtout pour ceux qui croyaient le contraire de ce qui va se passer
Réponse de le 02/06/2020 à 19:47 :
La banque centrale a financé directement les états pendant des décennies, et elle continue à le faire dans de nombreux pays. Pourquoi se priver d'une source de financement qui évite un endettement démesuré des états ? C'est absurde ! La construction européenne nous empêche tout simplement d'agir sur notre monnaie, alors que la situation exige de le faire.
Réponse de le 02/06/2020 à 19:53 :
La Buba ne mettra pas de "nein" aux rachats de dettes souveraines sauf si elle croie que la zone "euro" est finie
comme l'a récemment indiqué Thierry Breton, si la zone euro explose, les modèles des "frugaux" (Allemagne, Pays-Bas, etc...) exploseront avec la zone euro,
Trump est à l'affut pour imposer un petit "accord du Plaza" ,de derrière les fagots, aux frugaux
et n'oubliez pas que si la France à une balance des transaction courante déficitaire, c'est surtout envers l'UE
Réponse de le 02/06/2020 à 20:19 :
Churchill était rarement à jeun mais ses discours étaient clairs..
Réponse de le 02/06/2020 à 21:29 :
«  Churchill »? J imagine que vous n avez rien avoir avec un cithoyen britannique ... sinon vous seriez incohérent : les pays anglo saxon : usa Grande Bretagne font exactement la même chose mais à une échelle bien supérieure que la bce : les usa 2000 milliards de dollars d où sortent l argent ? De nulle part ... c est la planche à billet - autant dire le petit épargnant et retraité us qui va payer... la Chine a une dette de 200% le Japon 239%
Les règles d hier ne sont plus celle d aujourd hui et pour demain il faudra en trouver d’autre le changement de logiciel est-ce. Route.
À suivre
Réponse de le 02/06/2020 à 21:42 :
Comme Churchill, je pense que ça ne peut pas bien finir. Aucune nation dans le monde ne s'est développée et a survécu en imprimant des billets pour payer un revenu universel à des pseudos-artistes en mal de création. Croire l'inverse, que l'on peut vivre comme des privilégiés de la planète (ce que nous sommes) sans rien faire d'autre que d'attendre des billets fraichement imprimés c'est rêver debout.

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