Union bancaire : Société Générale ne veut pas rater la vague de consolidations

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Frédéric Oudéa, est le directeur général de Société Générale depuis 2009. C'est le plus ancien DG d'une grande banque européenne.
Frédéric Oudéa, est le directeur général de Société Générale depuis 2009. C'est le plus ancien DG d'une grande banque européenne. (Crédits : Reuters)
Dans un entretien au Financial Times, le patron de Société Générale Frédéric Oudéa ne cache pas ses ambitions. Le banquier souhaite participer à la vague de consolidations sur le marché bancaire européen si elle a lieu.

Les mois à venir seront-ils enfin marqués par le mariage transfrontalier de deux banques européennes ? Si cette vague de consolidations a effectivement lieu, Société Générale espère bien en prendre part. C'est ce que Frédéric Oudéa, son patron depuis près de onze ans, a confié dans le cadre d'un entretien accordé au Financial Times.

Depuis une dizaine d'années, aucune opération d'envergure n'a été réalisée sur le Vieux Continent. Cette absence d'union transfrontalière sur le marché bancaire trouve son explication dans une réglementation trop fragmentée et trop contraignante et par des patrons d'établissement sans doute découragés par le souvenir de l'union calamiteuse entre le britannique Royal Bank of Scotland (RBS) et le néerlandais ABN Amro au plus fort de la crise financière, explique le quotidien économique.

Mais avec la persistance des taux bas, mettant sous pression la rentabilité des banques, et une avancée potentielle des règles européennes, "le barrage est peut-être sur le point de rompre", écrit le Financial Times. Et, Frédéric Oudéa est l'un des rares banquiers européens à évoquer ouvertement cette possibilité.

"N'imaginez pas une rafale de transactions"

"L'Europe se trouve à un moment crucial, et je veux pouvoir saisir l'opportunité", a-t-il déclaré. "Si cette consolidation se matérialise, ce qui serait la suite logique d'une union bancaire achevée, vous aurez très peu de combinaisons. N'imaginez pas une rafale de transactions, mais la Société Générale devrait en faire partie", a-t-il poursuivi.

Pour la banque de La Défense, fragilisée avec l'annonce en avril dernier de la suppression de 1.600 emplois notamment dans la banque de financement et d'investissement, "une fusion avec un rival continental aurait beaucoup de sens, lui donnant la puissance de feu nécessaire pour investir dans les nouvelles technologies et repousser la suprématie de Wall Street sur les marchés financiers", avance le Financial Times.

"Les régulateurs bancaires européens ont clairement indiqué que la meilleure façon de lutter contre les taux négatifs est la fusion, la solution aux banques non rentables est la consolidation. Alors combien de temps les Français peuvent-ils résister ?", s'interroge Jérôme Legras, responsable de la recherche chez Axiom Alternative Investments, dans le FT.

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a écrit le 10/01/2020 à 2:48 :
"trouve son explication dans une réglementation trop fragmentée et trop contraignante" : une réglementation trop contraignante ! Il faut être gonflé pour écrire ça, surtout lorsque l'on connait le résultat de Bâle 3 par nos chers députés !!

Le plus simple il me semble, serait que je sorte la totalité de mon argent de la SG, mon mari aussi. En avoir sorti mon assurance vie en cash, devant du personnel ébahit ne me dérange pas.

En plus, le dossier SG se trouve entre les mains d'Anticor, de nombreuses transactions libyennes y ayant été repérées.
a écrit le 07/01/2020 à 15:34 :
Annonce visant a faire diversion. Quand un confrère de la presse eco, ecrit qu'on lui cherche un successeur pour 2023, (5 ans); ça me fait rire. Il est sur un siège éjectable.
S il ne sait pas pourquoi, il suffit de regarder la courbe des actions. Plus de 50 euros en 2018, a peine 20 en 2019. (ça remonte très doucement). -60% sur un an, sans crise systémique majeure; ça indique le niveau de confiance du marché dans la Direction.
Réponse de le 07/01/2020 à 16:02 :
@Diversion 07/01/2020 15:34
A quelque pour cent près, les cours des banques européennes ont varié de la même façon que SG durant la période que vous avez citée.
Cordialement
a écrit le 07/01/2020 à 10:53 :
Le coup de tonnerre viendra d'un rapprochement entre une grosse banque française (il y en a deux) et une grosse banque allemande (je n'en vois qu'une). Et le dossier le plus chaud, difficile, mais stratégiquement interessant, en Allemagne, est bien connu..
Réponse de le 07/01/2020 à 16:26 :
@BH 07/01/2020 10:53
A mon humble avis, un rapprochement d'une banque française avec une banque allemande serait un désastre. D'autres fusions pourraient être beaucoup plus fructueuses.
Cordialement
a écrit le 07/01/2020 à 9:37 :
"Les banques non rentables" ... tout est dit.
Elles seraient peut-être plus rentables si elles n'étaient pas obligées de placer l'argent de leurs épargnants en bons d'état à taux négatif.
En fait les banques utilisent l'épargne des déposant pour combler la dette publique.
L'état sous rémunère l'épargne, comme il bloque les retraites. Bref, tout ce qui lui permet de continuer et amplifier ses dépenses ineptes et son déficit, au nom de l'écologie, l'emploi fictif et bien sûr notre sécurité.
a écrit le 07/01/2020 à 8:46 :
Les banques ou les multinationales les plus subventionnées directement et indirectement par les États.

Pas étonnant qu'ils soient tous ravagés là dedans hein... ON peut pas sauver le monde quand on est incapable de se sauver soi même.

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