Ces métiers qui n’existent pas encore…

85 % des emplois de 2030 n’existeraient pas encore… Les conclusions du rapport publié en 2017 par Dell et L’Institut pour le Futur, think tank californien, ont de quoi nous sidérer. Le numérique et la robotique seraient tout bonnement sur le point de métamorphoser le marché du travail. Zoom sur 5 métiers qui n’existent pas encore, mais dont les contours commencent à se dessiner. (Cet article est issu de T La Revue de La Tribune - N°9 "Travailler, est-ce bien raisonnable?", actuellement en kiosque)

7 mn

(Crédits : Istock)

Éthicien en IA, psydesigner, egoteller

Que vous posiez des questions à un chatbot de la SNCF, cherchiez votre chemin sur Waze, fassiez défiler votre fil d'actualité sur Facebook ou traduisiez un texte sur Google, l'intelligence artificielle fait déjà partie intégrante de votre quotidien. Bien qu'elle n'en soit qu'à ses balbutiements, l'IA a déjà commencé à créer son lot de nouveaux métiers. Les profils d'ingénieur IA, analyste data, ou encore data scientist comptent parmi les plus recherchés par les employeurs. Et ce n'est qu'un début. Les technologies fondamentales telles que le machine learning ou le deep learning n'ayant quitté que récemment le monde des laboratoires, les qualifications nécessaires à leur déploiement et leur usage en entreprise ne font pas toutes l'objet de créations de postes. C'est le cas des compétences ayant trait à l'éthique ou à la personnalité de l'IA. Dans les grands groupes, on commence néanmoins à conceptualiser certains métiers. L'éthicien (ou éthiciste) en IA, par exemple, devra s'assurer que les règles de déploiement de l'IA respectent les normes éthiques de l'entreprise. Quant au psydesigner, il s'occupera de la manière dont les assistants personnels et autres chatbots s'expriment, en leur attribuant des valeurs et une personnalité. Ce profil sera ensuite scénarisé par l'egoteller, qui sera chargé de traduire cette personnalité de manière concrète, à travers le comportement de l'IA, son vocabulaire, le ton de sa voix, etc.

Chirurgien spécialiste de la téléchirurgie (chirurgie à distance)

En 2001, l'opération Lindbergh inaugurait une nouvelle ère pour la chirurgie. Une patiente hospitalisée au CHU de Strasbourg était opérée grâce à un robot chirurgical dont les commandes étaient tenues, à New York, par le professeur Jacques Marescaux. L'intérêt de cette prouesse technologique ? Éliminer les contraintes géographiques afin de rendre les interventions chirurgicales de pointe accessibles dans le monde entier. D'autres expériences réussies ont depuis confirmé le potentiel extraordinaire de la chirurgie robot-assistée à distance. Mais si la télémédecine s'est largement démocratisée dans de nombreux autres domaines médicaux, elle reste pour l'instant très rare dans les blocs opératoires. La faute notamment à des exigences de connectivité réseau. Elle est néanmoins promise à un très bel avenir. D'autant que la chirurgie robot-assistée est en pleine expansion. Le robot Da Vinci, le plus vendu dans le monde, a déjà été écoulé à près de 6 000 exemplaires. Quant aux formations spécifiques en robotique, si elles restent « balbutiantes », selon le terme utilisé dans un rapport de l'Académie nationale de médecine daté de décembre 2021, elles sont appelées à prendre rapidement de l'ampleur. L'université de Lorraine propose d'ores et déjà un diplôme en chirurgie robotique, incluant une formation pratique à l'utilisation du robot Da Vinci.

Chef spécialisé en impression 3D alimentaire

Dans le village de Wolvega, dans le nord des Pays-Bas, un restaurant d'un genre nouveau a ouvert ses portes en 2018. Ce n'est pas tant le décor entièrement noir de cette ancienne banque reconvertie en temple de la gastronomie qui fait l'originalité du lieu, ni même les étonnants produits locaux qu'aime travailler son chef triplement étoilé. Sa singularité se trouve derrière les fourneaux, où opèrent des commis un peu particuliers : des imprimantes 3D. Une pieuvre modelée à base d'avocat, des dentelles en mousseline de chou-fleur, des arabesques en chocolat... Il est loin le temps où ces appareils ne pouvaient fabriquer que de petits objets en plastique ! En cuisine aussi, les progrès de l'impression tridimensionnelle, ou fabrication additive, laissent augurer une véritable révolution. Outre la précision du geste et les libertés créatrices qu'elle permet, cette nouvelle technologie alimentaire promet bien d'autres bénéfices, y compris diététiques et environnementaux. Le secteur l'a d'ailleurs bien compris. Plusieurs constructeurs spécialisés s'attaquent désormais au secteur de l'agroalimentaire. C'est le cas de la start-up britannique Choc Edge avec sa fameuse Choc Creator, de Natural Machines et sa Foodini, ou du géant 3D Systems et sa ChefJet Pro. Il y a fort à parier qu'avec l'arrivée sur le marché de machines de plus en plus perfectionnées, l'initiative pionnière du chef néerlandais fera bientôt des émules.

Pilote de vols commerciaux vers l'espace

« Vous pouvez maintenant détacher vos ceintures. » La formule est on ne peut plus banale dans un cockpit. Elle l'était beaucoup moins dans la bouche des pilotes du vol Virgin Galactic du 11 juillet 2021. Quand Richard Branson et les autres passagers du VSS Unity ont été libres de se déplacer dans la cabine... en apesanteur ! La course au tourisme spatial a connu l'été dernier un coup d'envoi retentissant. À quelques jours d'intervalle, l'entrepreneur milliardaire britannique et son rival dans l'aventure spatiale Jeff Bezos franchissaient tous les deux avec succès la ligne de Karman, frontière symbolique entre l'atmosphère terrestre et l'espace. Du côté de Virgin Galactic, on annonce d'ores et déjà le premier vol commercial d'astronautes privés pour le quatrième trimestre 2022. Si pour l'heure, le prix des billets (vendus entre 200 000 et 450 000 dollars) ne s'adresse qu'à un public restreint de multimilliardaires, le marché des vols suborbitaux devrait, à terme, se transformer en véritable industrie. D'autant que le tourisme n'est pas le seul débouché envisagé par les pionniers du secteur. Plusieurs sociétés américaines et chinoises travaillent actuellement à la mise en place de vols spatiaux long-courriers. C'est le cas des très médiatisés Virgin Galactic, SpaceX et Blue Origin, mais aussi de sociétés plus discrètes comme Axiom Space, Bigelow Aerospace ou le chinois Space Transportation. Cette dernière start-up vient d'annoncer la mise en place, dès 2025, d'une ligne spatiale reliant Pékin à New York en seulement 1 heure. Reste à savoir qui pilotera ces vols commerciaux d'un nouveau genre. La question a déjà fait l'objet de plusieurs études et groupes de réflexion dans le milieu de l'aéronautique. Les conclusions s'accordent sur le recrutement de pilotes justifiant déjà d'une longue expérience, et de préférence issus de l'aviation militaire.

Contrôleur aérien pour les drones

Et si le vrombissement des drones devenait le fond sonore de notre quotidien ? On le prophétise depuis plusieurs années déjà : demain, les drones seront partout. Divertissement, surveillance des réseaux, diagnostic des infrastructures, cartographie, livraison de colis... Si les usages professionnels se multiplient, le marché peine encore à prendre son envol, bridé notamment par des contraintes réglementaires liées à la sécurité. Sans régulation spécifique du trafic aérien, pas d'expansion possible des activités liées aux drones. En témoigne la pagaille provoquée à l'aéroport de Londres-Gatwick en 2018 par la présence de drones à proximité des pistes. Outre une augmentation considérable du trafic - qui devrait être tempérée grâce au concours de l'intelligence artificielle -, ces engins sans pilote soulèvent des risques inédits auxquels les différentes autorités gouvernementales de sécurité aérienne tentent actuellement de répondre. Piratage, brouillage électronique des fréquences, problèmes éventuels de communication entre drones et contrôleurs... Des plateformes spécialement conçues pour répondre à ces menaces sont à l'essai. Aux États-Unis, l'Administration fédérale de l'aviation vient d'annoncer l'entrée prochaine en phase de test de son prototype de système. Israël et Singapour ont quant à eux déjà conduit des essais similaires. Avis aux aspirants contrôleurs aériens, si la crise que traverse le secteur vous inquiète, sachez qu'un nouveau créneau devrait bientôt voir le jour.

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Article issu de T La Revue n°9 "Travailler, est-ce bien raisonnable?" - Actuellement en kiosque et disponible sur kiosque.latribune.fr/t-la-revue

T La Revue n°9

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Commentaires 7
à écrit le 06/06/2022 à 20:02
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Serveur de restaurant dans le metaverse Un metiers de 2030 Ont mangera des électrons et ont payera en bitcoin.. vive la technologie..

à écrit le 06/06/2022 à 6:02
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Ces "metiers" qui existent encore et qui servent a rien : premier sinistre , par exemple ( Valse , Raffarien , Fuyon , .... ) . AFF ISS pe Corsica * .

à écrit le 05/06/2022 à 19:14
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Serveur dans la restauration en 2030 y en aura plus Ont en trouve deja plus en 2022

à écrit le 05/06/2022 à 16:05
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Tout cela, c'est du pipeau, sans industrie vous n'existez pas.

à écrit le 05/06/2022 à 15:58
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Dépouilleur de supporters anglais, un métier en plein développement

à écrit le 05/06/2022 à 14:16
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On parle de plus en plus d'une économie qui n'existe que dans la tête des écrivains romanciers de l'économie politique .Un monde de phantasmes ou tout est possible ,un monde où vive les licornes française ,les farfadets ,les sphinx , les elfes et les...

à écrit le 05/06/2022 à 11:48
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Pour 30000 emplois futurs donc... ça fait peu.

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