Galileo : Airbus et Thales en pole pour la prochaine génération de satellites, OHB en perdition

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Les premiers satellites de cette seconde génération seront placés en orbite d'ici à la fin de 2024, a indiqué la commission européenne dans un communiqué.
"Les premiers satellites de cette seconde génération seront placés en orbite d'ici à la fin de 2024", a indiqué la commission européenne dans un communiqué. (Crédits : Cnes)
La Commission européenne a confié un contrat de douze satellites à Thales Alenia Space en Italie et Airbus Space en Allemagne pour 1,47 milliard d'euros, pour la construction de la prochaine génération du système Galileo de positionnement par satellites.

Article modifié à 21h07 le 20 janvier en raison d'un important complément d'informations obtenu par La Tribune.

La Commission européenne a annoncé mercredi avoir confié un contrat de douze satellites à Thales Alenia Space (TAS) et Airbus Space pour 1,47 milliard d'euros, pour la prochaine génération du système Galileo de positionnement par satellites. La fabrication de six satellites a été attribuée à TAS en Italie, les six autres à Airbus Space en Allemagne. Si la France, qui a joué ainsi un le majeur dans la création de Galileo, n'apparait pas dans le communiqué de la Commission, elle bénéficiera pour autant d'un retour géographique supérieur à l'Allemagne et à l'Italie, selon nos informations. Les contrats doivent être signés d'ici à la fin du mois. Le commissaire européen chargé des questions spatiales Thierry Breton avait annoncé la semaine passée une accélération du calendrier, arguant de la nécessité de "projeter l'Europe dans les prochaines courses technologiques".

"Les premiers satellites de cette seconde génération seront placés en orbite d'ici à la fin de 2024", indique l'exécutif européen dans un communiqué.

Thales et Airbus ont présenté les meilleures offres

A l'issue d'un appel d'offres lancé en mai 2018, les deux industriels l'ont emporté aux dépens de l'allemand OHB, qui avait remporté tous les contrats pour les satellites (FOC) de la première génération de la constellation Galileo, à l'exception des quatre premiers satellites IOV. Thales Alenia Space et Airbus ont présenté "les meilleures offres techniques et financières", justifie la Commission, qui avait délégué l'étude des offres à l'agence spatiale européenne (ESA).

"Après deux mois d'évaluation technique et financière détaillée des offres industrielles, l'ESA a recommandé à la Commission de sélectionner Thales Alenia Space et Airbus Defence & Space qui représentent les meilleures offres techniques et financières. Les trois soumissionnaires industriels ont été avisés hier", a expliqué le communiqué de la Commission.

"Nous sommes surpris et déçus de ne pas avoir été retenus dans l'appel d'offres. De notre point de vue, nous avions soumis une offre compétitive", a réagi auprès de l'AFP un porte-parole d'OHB, selon qui "les conséquences économiques pour OHB sont limitées". OHB ne devrait pas être surpris. Car, en dépit d'un soutien inconditionnel de l'Allemagne, l'entreprise allemande a payé pour les retards de livraison des derniers satellites de la première génération, ses déboires industriels (horloge, défaut de maîtrise d'oeuvre...) et son incapacité à être encore un systémier comme Airbus Space et TAS. L'entreprise allemande ne sait pas encore tout faire elle-même sur un tel programme comme le demandait pourtant les spécifications de l'appel d'offres. Enfin, l'offre qu'ils ont présentée était loin techniquement de ses deux rivaux.

Deux milliards d'utilisateurs

Avec cette seconde génération, Galileo doit se maintenir "à la pointe de la technologie par rapport à la concurrence mondiale" et contribuer à l'autonomie stratégique de l'Europe, selon la Commission. Le système de positionnement par satellite est l'un des programmes phares de l'Europe dans le secteur spatial. Ses 26 satellites (30 à terme) fournissent une alternative aux systèmes américain GPS, russe Glonass ou chinois Beidou. Deux autres satellites de la première génération de Galileo doivent encore être lancés au troisième trimestre 2021, selon la Commission européenne.

Galileo fournit un service de navigation et de positionnement par satellite accessible à deux milliards d'utilisateurs dans le monde. "Avec leurs nouvelles capacités sur la base de hautes technologies innovantes (...) ces satellites amélioreront la précision de Galileo", souligne la Commission. Les satellites de deuxième génération seront en effet dotés d'antennes configurables numériquement, d'une liaison permettant aux satellites de communiquer entre eux, de nouvelles horloges atomiques et d'une propulsion entièrement électrique, autant d'innovations qui doivent permettre à Galileo d'"améliorer sa précision et la robustesse de son signal".

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a écrit le 31/01/2021 à 9:21 :
Il faut rappeler que les 22 précédente satellites ont été fabriqués par l allemand OHB , moins cher qu’ Airbus et TAS et opérés depuis Munich par le DLR et Spaceopal . ( TAS + Leonardo)
Galileo est devenu un programme allemand alors que l Allemagne préférait le GPS américain au moment de sa création... Dures négociations !
a écrit le 21/01/2021 à 13:05 :
Encore une bonne nouvelle pour l'Europe et je trouve intéressant que ces contrats soient répartis sur plusieurs pays européens et plusieurs groupes. La diversité génère une concurrence positive et donc de la créativité.
a écrit le 21/01/2021 à 10:30 :
@Michel Caribol
Bonne correction par rapport au texte sorti hier.
Les apparences sont parfois trompeuses. Ce qui compte, ce sont bien les "retours géographiques".
Ca vaut pour tous les contrats, dans tous les secteurs.

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