Le tribunal a établi que les deux accusés avaient commis plusieurs fautes ayant contribué au drame.
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Quatorze ans après le drame de l'AF447, l'histoire se finit plutôt bien pour Airbus et Air France. Les deux sociétés ont été innocentées des accusations d'homicides involontaires qui pesaient sur elles pour la mort des 228 personnes à bord. Pourtant, bien que le Tribunal ait indiqué que les deux sociétés avaient respecté la réglementation, il a été établi que plusieurs fautes avaient été commises. Et si elles n'ont pas été condamnées pénalement, c'est seulement parce que le lien de causalité n'était pas...
Peut-on être condamnés, ou du moins condamnables, tout en ayant parfaitement respecté la réglementation ? C'était l'une des questions posées par le procès du vol Rio-Paris, l'accident du vol AF447 qui a fait 228 morts le 1er juin 2009 dans l'Atlantique Sud, qui voyaient Airbus et Air France accusés d'homicides involontaires par « maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence imposée par la loi ». A cette question, le Tribunal correctionnel de Paris a répondu oui. Et ce même si les deux sociétés ont été relaxées.
Sylvie Daunis, la présidente du Tribunal, s'est voulue claire sur ce point dans l'énoncé du verdict. Elle a ainsi déclaré que « les notions de négligence et d'imprudence sont distinctes de la notion de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité légale ou réglementaire. Ainsi, même lorsque la réglementation a été parfaitement respectée, ce respect n'est pas exclusif de la commission de toute imprudence ou imprudence susceptible de caractériser une faute pénale. »
Le fait est que le Tribunal a établi que les deux accusés avaient commis plusieurs fautes ayant contribué au drame, à savoir la perte d'un Airbus A330 d'Air France avec 228 personnes à bord. Dans le détail, quatre « imprudences fautives » ont été établi à l'encontre d'Airbus qui comparaissait pour répondre du fait d'avoir sous-estimé les défaillances des sondes Pitot, en dépit d'une accélération du nombre d'événements liés à ces équipements, et de ne pas avoir averti et contribué à la formation des équipages en conséquence.
La cour a ainsi considéré qu'Airbus était fautif de « ne pas avoir procédé au rétrofit des sondes Pitot Thales AA de la flotte A330/340 » - option proposée par le constructeur et choisie par Air France - alors qu'elles disposaient de performances moindres et d'une durabilité inférieure à celle des sondes Goodrich de série. Et ce même si les deux équipements « ont été certifiés avec les mêmes exigences ». Sans compter qu'Airbus avait imposé des normes plus contraignantes que la réglementation aux équipementiers Thales et Goodrich.
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