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Safran affiche des bénéfices ébouriffants malgré la crise du Boeing 737 MAX

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 27 février 2020 à 18:04 - Mis à jour le 27 février 2020 à 20:46

Philippe Petitcolin, directeur général de Safran

Philippe Petitcolin, directeur général de Safran

R. Meigneux / SIPA

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Malgré l'immobilisation, l'an dernier, du Boeing 737 MAX, dont il est l'un des plus gros fournisseurs, le motoriste et équipementier tricolore a dégagé des résultats record en 2019, avec une marge opérationnelle de 15,5%. En 2020, il prévoit encore une progression malgré les problèmes de l'avion américain et le coronavirus.

Pour sa dernière présentation des résultats annuels de Safran avant de passer la main l'an prochain à Olivier Andries, le responsable d'activité propulsion du groupe, Philippe Petitcolin, le directeur général du motoriste et équipementier aéronautique français, a frappé un grand coup.

Malgré les déboires du Boeing 737 MAX, dont CFM International, la filiale à 50-50 de Safran et General Electric, fournit les moteurs, le groupe français a dégagé en 2019 des résultats financiers excellents : le chiffre d'affaires a augmenté de 17,1%, à 24,6 milliards d'euros; le bénéfice opérationnel courant a bondi de 26,4%, à 3,8 milliards d'euros; la marge opérationnelle s'est élevée à 15,5% (ce qui est extrêmement rare dans l'aéronautique), avec des pointes à 20,6% pour l'activité "propulsion"; la génération de cash flow a tutoyé les deux milliards d'euros malgré l'absence de paiements de Boeing pour les moteurs du 737 MAX livrés; et, cerise sur le gâteau, l'intégration des activités de Zodiac, acheté il y a deux ans, est bien partie pour, non seulement atteindre l'objectif de 250 millions d'euros de synergies fixé en 2022, mais aussi pour le dépasser au cours des années qui suivront pour atteindre 300 millions d'euros environ.

Accord avec Boeing

En 2020, malgré l'arrêt de la production des 737 MAX depuis le 1er janvier (Boeing avait jusque-là continué à produire les avions sans pour autant les livrer), et malgré l'impact du Covid-19, Safran table encore sur des solides résultats. Le groupe prévoit en effet une hausse de 5% du résultat opérationnel courant, malgré un chiffre d'affaires qui pourrait soit stagner soit baisser de 5% maximum, portant ainsi la marge opérationnelle à 17%!

"Ces prévisions sont extrêmement positives et motivantes car nous allons augmenter le résultat opérationnel de 150 points de base, et la génération de cash", a commenté Philippe Petitcolin.

Ces prévisions se fondent tout d'abord sur des livraisons, à Boeing, de 10 moteurs Leap-1B par semaine sur une base annuelle, lesquels, contrairement à 2019, seront cette fois payés en 2020 par l'avionneur selon les termes d'un accord conclu entre les deux parties. Les moteurs livrés en 2019 seront quant à eux payés en 2020 et 2021. De facto Safran va s'assurer d'une entrée de cash.

"Cela change le profil de génération de cash", confirme Bernard Delpit, le directeur financier du groupe.

Au total, en comptant les moteurs Leap 1-A livrés à Airbus dont les livraisons vont augmenter, Safran compte livrer en 2020 1.400 moteurs Leap contre près de 2.000 attendus avant la crise du MAX, et 1738 en 2019.

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Alors que la remise en service du MAX est prévue mi-2020 par Boeing, le retour aux cadences de production prévues avant l'immobilisation de l'avion (57 par mois) après deux accidents consécutifs (346 morts), prendra "un peu de temps", selon Philippe Petitcolin.

Plus de 2.000 suppressions de postes

Pour compenser cette perte d'activité, la direction a lancé en décembre un "plan d'adaptation", censé générer 300 millions d'euros d'économies. Ce plan concerne tous les secteurs du groupe à l'échelle du globe, y compris ceux qui ne sont pas concernés par les problèmes du MAX. Son impact social est fort. 2.130 postes seront supprimés d'ici à la fin du premier trimestre. Ce chiffre inclut des licenciements, comme cela a été le cas pour 200 salariés d'un site de Los Angeles spécialisé dans les activités de cabines du 737 MAX, mais aussi des "départs importants" au Mexique et au Maroc dans les activités câblages. Aucun licenciement n'est en revanche prévu en France, où les effectifs seront réduits par la non-reconduction des contrats courts, des contrats d'intérimaires et l'arrêt du recours à des prestataires externes présents sur les sites de Safran.

Fin de l'impact du coronavirus à partir d'avril

Les objectifs 2020 du groupe s'appuient également sur un impact du coronavirus qui n'irait pas au-delà de la fin du mois de mars sur ses activités de services pour les moteurs civils.

"Nous n'avons quasiment pas vu de baisse de nos activités services", a expliqué Philippe Petitcolin.

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Pour lui, l'augmentation jour après jour du nombre de vols intérieurs en Chine, les projets de reprise progressive de la desserte de la Chine par les compagnies non-chinoises entre fin février et fin mars, et l'expérience du SRAS en 2003 qui avait vu l'activité plonger rapidement mais se redresser rapidement également par la suite, justifient aujourd'hui les hypothèses du groupe. Safran prévoit en effet une baisse de la croissance du chiffre 

d'affaires des activités de services pour moteurs civils. Si l'impact du coronavirus sur le trafic aérien ne se prolonge pas au-delà du premier trimestre, la croissance annuelle devrait se situer entre +7% et +9% en 2020 contre + 9,9% en 2019.

Fabrice Gliszczynski

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