GM supprime 6.000 emplois en Corée, suite à l'arrêt de Chevrolet en Europe

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Chevrolet se retire d'Europe. La petite Aveo est produite en Corée.
Chevrolet se retire d'Europe. La petite Aveo est produite en Corée. (Crédits : Chevrolet)
GM veut supprimer 6.000 emplois dans sa base industrielle et d'études coréenne, qui développe et fabrique une partie des Chevrolet. Le consortium de Detroit a décidé de retirer sa marque du marché européen.

General Motors, qui misait tant sur Chevrolet avec ses produits coréens, va...  trancher dans ses effectifs en Corée du sud. Base industrielle mais aussi de recherche et développement pour ses Chevrolet  "bas de gamme", GM Korea veut mettre en place un plan de départs volontaires concernant 6.000 personnes à la fin mars, selon un porte-parole de la firme.

Ces suppressions de postes ont pour origine la volte-face du mastodonte de Detroit, qui vient d'annoncer l'arrêt d'ici à 2016 de la commercialisation des véhicules  Chevrolet en Europe, soit 180.000 unités par an en moyenne. General Motors, l'allié du français PSA Peugeot Citroën, va supprimer sa marque américaine sur le Vieux continent pour laisser soi-disant le champ libre à sa filiale allemande Opel, dont il souhaitait pourtant se défaire il n'y a pas si longtemps. Même si on ne voit pas comment Opel récupérerait les ventes de Chevrolet, alors que les réseaux étaient séparés et les marques distinctes...

"Notre marque Chevrolet n'aura plus de présence générale en Europe de l'ouest et de l'est, en raison d'un modèle économique délicat et de la situation économique difficile en Europe", expliquait GM dans un communiqué début décembre, à la surprise générale et au gram dam des réseaux de distribution.  

Echec du multimarquisme

La stratégie générale "multimarquiste" du géant américain a échoué. Le suédois Saab, qui  couronnait la gamme GM dans le haut de gamme, a été liquidé il y a quelques années faute d'une politique cohérente à son égard. Puis, GM a voulu positionner Chevrolet, avec des produits simplifiés essentiellement fabriqués en Corée, comme label d'entrée de gamme en Europe.

Seulement voilà: les produits étaient encore trop chers par rapport aux Dacia roumaines ou marocaines de Renault, tout en étant moins aboutis que les Skoda tchèques du groupe Volkswagen. En outre, les Chevrolet concurrençaient souvent les... Opel, malgré les dénégations du consortium, qui, par ailleurs, n'a jamais su  imposer non plus son label Cadillac en Europe, changeant constamment d'importateurs.

Une perte sèche

Le retrait du marché européen de Chevrolet va se traduire par une charge exceptionnelle nette de 700 millions à 1 milliard de dollars (515 à 735 millions d'euros), ventilée sur le dernier trimestre 2013 et les deux premiers de 2014, annonce General Motors, qui avait déjà enregistré l'an dernier un déficit d'exploitation (Ebit) de 1,8 milliard de dollars (1,4 milliard d'euros) en Europe.

Et ce, après 747 millions en 2011. Le consortium de Detroit vise l'équilibre... d'ici à 2015. GM a en outre déjà passé pour 5,2 milliards de dollars (4 milliards d'euros) de dépréciations d'actifs en Europe dans ses comptes du quatrième trimestre 2012.

En avril dernier, General Motors avait annoncé qu'il comptait investir quatre milliards d'euros dans Opel d'ici à la fin 2016. En déficit chronique depuis plus de dix ans, Opel n'est pas en forme, avec des surcapacités chroniques. Il a annoncé fin mars l'arrêt de la production automobile sur son site allemand de Bochum dès la fin 2014. 

Ventes en berne

GM a encore réduit ses immatriculations de voitures neuves dans l'Union (-5,6% sur dix mois 2013), avec un fléchissement d'Opel (-2,9%) moins sensible toutefois que celui de Chevrolet (-18,3%). GM n'a plus que 8% de part de marché dans l'Union européenne, contre 10,6% en 2005, 10,8% en 2000, 12,1% en 1997.

Tandis que la grande alliance avec PSA se solde par un échec, GM veut maintenant rapprocher Opel de sa marque américaine Buick, qui détient de très fortes positions en Chine. Chevrolet, lui, restera axé sur les Etats-Unis, l'Amérique du sud et l'Asie. Rappelons que GM, qui a été sauvé de la faillite par les 50 milliards de dollars injectés par Washington,  a raté toutes ses alliances passées, avec les japonais Isuzu, Suzuki et Fuji Heavy (Subaru), ainsi qu'avec l'italien Fiat.

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Commentaires
a écrit le 18/12/2013 à 19:09 :
J'ai effectué près de 4000km au Canada au volant d'une Chevrolet Cruze et j'ai été agréablement surpris, c'est une bonne voiture qui n'a pas à rougir face à une Mégane sachant que le prix est nettement plus compétitif !
Dommage de retirer Chevrolet du marché européen...
a écrit le 18/12/2013 à 18:25 :
Pas toujours les memes ! youpi!!
a écrit le 18/12/2013 à 17:29 :
Chevrolet est décidemment le fantome de la brillante firme des 50 et 60 's. Le court terme prend le pas sur tout le reste. En plus, je ne vois pas bien comment les yankee vont se debrouiller pour 50% de leur gamme aux us qui n est autre que du daewoo ( chevrolet corée ) rebadgé . S'ils croient que les ingénieurs en charge des silverado et autres tahoe vont savoir concocter des petites et moyennes voitures competitives , il se fourent le doigt dans l oeil.
a écrit le 18/12/2013 à 15:14 :
GM n'a aucun avenir en Europe. Quand le comprendront-ils?
a écrit le 18/12/2013 à 10:58 :
Ou j'ai failli acheter une Chevrolet. Heureusement que je suis retourné chez Toyota après un passage chez Renault.
Réponse de le 18/12/2013 à 14:41 :
Sage décision!
Réponse de le 18/12/2013 à 16:08 :
Et pourtant chevrolet à bientôt une valeur de collection! Investissement à long terme?

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