Russie : les ventes de voitures neuves se sont effondrées de -59% suite à la guerre en Ukraine

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Voitures neuves garees a l'usine toyota motor manufacturing france a onnaing
Pascal Rossignol

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Voitures neuves garees a l'usine toyota motor manufacturing france a onnaing
Pascal Rossignol
Avec 687.370 véhicules légers neufs vendus en 2022, le marché russe dégringole. C'est ce qu'il ressort des chiffres publiés ce jeudi 12 janvier par l'Association of European Businesses (AEB), qui regroupe les industriels du secteur. Par rapport à 2021, ce sont près d'un million de voitures en moins qui ont été vendues. Sur un an, le repli est vertigineux : -59% d'une année sur l'autre.
Les chutes les plus marquées sur l'année concernent notamment les modèles allemands de Volkswagen (-80% par rapport à 2021), Audi (-79%) et Mercedes-Benz (-78%), le suédois Volvo (-81%), les japonais Lexus (-90%) et Toyota (-80%). Côtés français, Peugeot enregistre -72%, Renault -70%, Citroën -67%.
Sur le seul mois de décembre, les ventes ont chuté de 50%, selon l'AEB. Ce n'est toutefois pas le pire mois de cette année 2022 : à partir de mars, mois qui a suivi l'offensive russe en Ukraine, les ventes ont affiché des reculs au moins similaire. Avec un plus haut enregistré en mai (-83,5%).
Si les ventes de voitures ont chuté très rapidement après le début de la guerre en Ukraine, c'est parce que les Occidentaux ont immédiatement mis en place des sanctions à l'égard de la Russie. Ce qui a mis fin à deux décennies d'investissements massifs effectués par les grands constructeurs automobiles mondiaux sur le territoire russe. Les pays occidentaux avaient notamment banni les exportations de pièces détachées vers la Russie, ce qui a posé un important problème important aux branches logistiques du secteur.
Outre la fin des exportations de pièces détachées notamment européennes, de nombreux producteurs ont tout simplement arrêté la vente de composants ou de voitures à la Russie, à l'instar d'Audi, Honda, Jaguar ou Porsche. D'autres ont annoncé l'arrêt de leur production, comme Renault, BMW, Ford, Hyundai, Mercedes, Volkswagen ou Volvo.
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Pour contourner ces difficultés, le gouvernement russe autorise désormais l'importation de grandes marques automobiles et de pièces détachées sans l'accord des détenteurs de la propriété intellectuelle. Le pays a également allégé les normes pour la fabrication de véhicules sur son territoire, autorisant la production de voitures sans ABS ou airbags, à cause des pénuries de composants électroniques et pièces détachées.
En parallèle, l'explication se trouve aussi du côté de l'inflation. À 11,9% sur l'année 2022, elle réduit le pouvoir d'achat des Russes et les possibilités pour eux d'acheter des produits importés, a fortiori des voitures. Début décembre, Vladimir Poutine avait dit s'attendre à une inflation « à 12,2% » d'inflation en fin d'année, sur fond de contraction du PIB national « de 2,9% ».
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Un niveau élevé mais toutefois bien loin des prévisions apocalyptiques du printemps après les premières sanctions internationales contre Moscou en représailles de son offensive en Ukraine. Les prix avaient connu un embrasement au deuxième trimestre 2022, dans les semaines suivant le début de l'intervention russe chez son voisin. Au mois d'avril, l'inflation avait même battu un record depuis 2002 en grimpant à 17,8% sur un an. La hausse des prix s'est depuis stabilisée dans le pays autour de 12% depuis novembre, selon des chiffres publiés mensuellement par l'agence de statistiques nationale, Rosstat.
(Avec AFP)
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