Volkswagen : une "class action" des grands actionnaires pour réclamer 40 milliards d'euros ?

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Une première tranche d'actions judiciaires devrait démarrer avant février en Allemagne.
Une première tranche d'actions judiciaires devrait démarrer avant février en Allemagne. (Crédits : © David Gray / Reuters)
Un fonds d'investissement et un cabinet d'avocats sont en train de contacter les plus grands actionnaires du constructeur allemand afin de les convaincre de s'unir à une action collective. L'enjeu : demander des dommages et intérêts après les pertes subies en Bourse.

Et si, pour Volkswagen, le pire était encore à venir? Les grands actionnaires du constructeur allemand seraient sur le point d'intenter contre lui une action collective ("class action"), rapportait, samedi 17 octobre, The Sunday Telegraph. Pour les pertes subies en Bourse à la suite du scandale des moteurs truqués, ils auraient l'intention de lui demander rien de moins que 40 milliards d'euros de dommages et intérêts, affirme le quotidien britannique.

Les fonds souverains du Qatar et de la Norvège sollicités

L'affaire serait suivie par le cabinet international Quinn Emanuel Urquhart & Sullivan, célèbre pour avoir remporté d'importantes victoires dans des class actions et pour avoir représenté des entreprises telles que Google et Sony. Il aurait été contacté par le groupe Bentham, fonds spécialisé dans le financement de grosses actions judiciaires.

Le fonds et le cabinet d'avocats seraient en train de contacter les plus grands investisseurs de Volkswagen -parmi lesquels les fonds souverains du Qatar et de la Norvège - pour les convaincre de se rallier à cette cause.

Des dommages calculés à partir de 2009

Une première tranche d'actions judiciaires devrait démarrer avant février en Allemagne. Fondée sur la loi allemande sur le commerce des valeurs immobilières, elle viserait à démontrer que, si les investisseurs avaient connu les pratiques de la société allemande, ils n'auraient pas acheté ses actions. Garder ce secret vis-à-vis des actionnaires constituerait ainsi une grave forme de négligence commise par le management.

Selon Richard Oriente, co-managing partner di Quinn Emanuel à Londres, les dommages et intérêts découlant de la "malhonnêteté de fond" de Volkswagen pourraient être calculés à partir de 2009, année à partir de laquelle Volkswagen a lancé le trucage de ses moteurs.

    | Lire aussi: Volkswagen : le nouveau patron prévient que la note finale sera douloureuse

Les investisseurs sont eux-mêmes sous pression

"Nous ne pensons pas que ce sera très difficile de trouver des actionnaires qui ont souffert de ces pratiques", a affirmé Richard Oriente, cité par le "Sunday Telegraph", avant d'ajouter: "Les investisseurs institutionnels seront sous la pression de leurs mêmes actionnaires pour qu'ils agissent après la chute des actions de VW".

   | Lire aussi: S&P abaisse la note de Volkswagen d'un cran

Aucune action n'est toutefois attendue des plus grands actionnaires de VW, à savoir Porsche (50%) et l'Etat de Basse-Saxe (20%), dont les intérêts sont trop étroitement liés à ceux du constructeur allemand.

Jeremy Marshall, directeur des investissements chez Bentham, a pour sa part expliqué que le fonds prétendra à 20-25% des dommages et intérêts et que l'affaire lui coûtera 6-7 millions d'euros avant d'atteindre la phase du procès.

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Commentaires
a écrit le 20/10/2015 à 21:59 :
6, 5 milliards : une provision ridicule qui prouve que VW pense s'en tirer par une pirouette et ce n'est pas Angela qui va l'en dissuader
a écrit le 20/10/2015 à 10:51 :
@Réponse de Pas une paille 19/10/2015 16:02
Je crois que "J'ai un peu de mal à comprendre 19/10/2015 14:29" a raison. Les possibles pénalités seraient payées par VW donc par les actionnaires et ils sont actionnaires. Cela tourne en rond.
Comme l'écrit Toto 15:14, c'est peut être Porsche et le Lander (qui ont probablement approuvé les nominations des dirigeants, je ne sais pas) qui sont responsables mais on ne peut pas les considérer comme coupables sauf s'il est prouvé que ces gros actionnaires (qui détiennent 45% du capital) ont été au courant de la tricherie avant que celle-ci ne soit découverte et n'ont pas proposé d'actions correctives.
Cordialement
a écrit le 19/10/2015 à 23:29 :
Excellent, l'action baisse alors ça y est, les grands actionnaires demandes des dommages et intérêts !! ils n'ont qu'à pas jouer en bourse si il ne veulent pas perdre.
a écrit le 19/10/2015 à 20:27 :
Sur la même page se lit une pub pour la bétaillère Touran accompagnant un "laissez vous convaincre", force est de constater qu' ils continuent de nous endoffer et comme si de rien n 'était, charlots...!!!
a écrit le 19/10/2015 à 15:57 :
Le constructeur automobile s'expose à être poursuivi en justice et à devoir payer des compensations dans l'ensemble de l'Union européenne.

La lettre de M. Dobrindt, longue de deux pages, fait suite à une enquête menée par l'autorité de contrôle allemande KBA. D'après cette dernière, l'installation du logiciel par La Libre Belgique
"Volkswagen est contraire à un article de la directive européenne 715/2007. Ce document définit notamment la régulation sur l'homologation des véhicules en matière d'émissions.

D'après certains experts, la lettre du ministre allemand des Transports ouvre la voie au lancement de procédures judiciaires contre VW dans l'ensemble de l'Europe."
Réponse de le 20/10/2015 à 13:18 :
Et c'est bien pour cela que les conséquences sont incalculables à ce jour pour VW..
a écrit le 19/10/2015 à 14:29 :
A quoi cela sert-il à l'actionnaire d'attaquer ce qui lui appartient : il va se remplir une poche avec ce qu'il a sorti de l'autre ? La Tribune se moquerait-elle de nous ? Le 1° avril est passé !
Réponse de le 19/10/2015 à 16:02 :
Vous devriez apprendre à lire, les actionnaires intentent une action contre VW, c'est pourtant limpide mais c'est vrai que cous comprenez mieux l' allemand ! Les actionnaires contre VW dont la tricherie les a baisé et ruiné en fait...
a écrit le 19/10/2015 à 12:22 :
Etonnant!Ces memes grands actionnaires ont amplement bénéficié de la triche a travers les dividendes.
Réponse de le 19/10/2015 à 15:14 :
@ gérard
Le plus étonnant est que les actionnaires nomment les gestionnaires. Si les actionnaires nomment des tricheurs ou des incompétents qui ne savent pas déceler la tricherie, ils sont responsables dans les deux cas.
Bien entendu, les petits actionnaires n'ont pas assez de poids pour nommer qui ils veulent. Ces derniers feraient mieux de se retourner contre les grands actionnaires (Porsche et la Saxe). C'est eux qui ont validé les stratégies et nommés les stratèges, ce sont eux les responsables de ce scandale !
a écrit le 19/10/2015 à 12:08 :
C'est bien, à la TRIBUNE (et à l'AFP), on diversit son vocabulaire. Ca fait longtemps qu'on n'a pas vu sortir le verbe tacler. D'habitude, on aurait écrit : Volkwagen est taclé par ses grands actionnaires.
Il y a aussi les mots exaspération et ras-le-bol qui ont disparu du vocabulaire, dernièrement,de la presse française. Quelqu'un a-t-il vu dans la presse française : l'exaspération (ou le ras-le-bol) des salariés d'Air France ?
Réponse de le 19/10/2015 à 13:05 :
Trollwaffen profil bas, repentance, genoux à terre, nous ferons payer à VW votre impertinence, c'est indéfendable et vous le savez... !!!!
Réponse de le 19/10/2015 à 18:29 :
C'est un sujet vw pas air france..!!
a écrit le 19/10/2015 à 11:29 :
Voila a quoi se résume ce genre d’actionnariat! Les salariés crèveront la bouche ouverte mais les actionnaires n'y laisseront aucune plume...Business is business!

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