ENTRETIEN. Ex-directrice France du Royal institution of Chartered surveyors (RICS), Alexandra Emery vient de fonder la startup Proplink dédiée à la formation des professionnels de l'immobilier. La jeune pousse est déjà mentorée par Fabrice Allouche, président de CBRE France, leader mondial du conseil en immobilier d'entreprise.
LA TRIBUNE - Jusqu'à peu, vous avez dirigé la branche française du Royal institution of Chartered surveyors (RICS), une société commerciale formant les professionnels de la ville aux normes dans les secteurs de l'aménagement du territoire, de l'urbanisme, de l'immobilier, de la construction et des infrastructures. Pourquoi créez-vous votre startup Proplink, dédiée justement à la formation desdits professionnels ?
ALEXANDRA EMERY- Au lendemain du premier confinement du printemps 2020, je suis venue, en tant que parent d'élève, présenter les métiers de l'industrie immobilière dans le collège de ma fille. Sauf que je me suis rendue compte qu'à part trois postes visibles - architecte, maçon et plombier - ou une personnalité - Stéphane Plaza -, il y a un manque d'orientation des plus jeunes.
Comment l'expliquez-vous ?
Alors que les problèmes de recrutement sont bien plus profonds que ce qu'on imagine, nous ne leur avons jamais parlé de nos métiers alors qu'ils sont essentiels pour fabriquer la ville de demain. Et ce alors que j'ai toujours voulu que collectivement, nous trouvions les moyens d'être plus performants sur la transition écologique, la transformation numérique ou les sujets de gouvernance.
Beaucoup de jeunes pousses se positionnent déjà sur ces sujets...
Certes, il existe plein d'innovations, mais ces dernières ne sont pas encore entrées dans les habitudes et les usages des professionnels. Si nous voulons progresser collectivement, nous devons nous former. Moi-même, avant de me lancer, je n'ai jamais trouvé l'offre de formation adéquate à la révolution environnementale. Nous proposerons donc des conférences sur ce sujet comme sur l'ESG.
FABRICE ALLOUCHE- Je vous remercie d'avoir rappelé que je suis le mentor et non le mécène de Proplink. Comme avec Green Soluce, cela part d'une rencontre avec une forte personnalité, en l'occurrence Alexandra, que j'ai toujours appréciée. Lorsqu'elle est venue me présenter son projet, j'y ai vu, au-delà de la sensibilisation, la nécessité de faire connaître notre industrie immobilière à l'extérieur. En effet, nous sommes encore trop ignorés du monde universitaire.