La France au bord d'une nouvelle crise du logement neuf
César Armand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Philippe Wojazer
César Armand
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Philippe Wojazer
Un écart de 1 à 10. Si l'Etat mettra 6,7 milliards d'euros pour la rénovation dans le cadre du plan de relance gouvernemental, il n'en investira que 650 millions d'euros dans la construction neuve. 350 millions seront alloués aux maires bâtisseurs, c'est-à-dire ceux qui construisent au-dessus d'un certain seuil, mais les modalités n'ont pas encore été précisées par l'exécutif. Les 300 millions restants viseront à soutenir des opérations de recyclage de friches.
Les professionnels de l'immobilier neuf auraient aimé davantage d'appui pour pérenniser leur activité. Lors d'une visio-conférence ce 17 septembre 2020, la présidente de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI) a déclaré qu'une "crise du logement [commençait] à s'installer", pour alerter la ministre en charge du secteur Emmanuelle Wargon. Entre le 1er avril et le 30 juin 2020, c'est-à-dire pendant le confinement et le premier mois du déconfinement, ils n'ont vendu que 25.423 logements, soit 37,8% de moins qu'au premier trimestre 2019.
À lire également
La "casse" a été limitée par l'augmentation des ventes en bloc. Fin mars, CDC Habitat, la filiale logement de la Caisse des Dépôts avait annoncé la production de 40.000 logements neufs dans les douze prochains mois "pour soutenir les secteurs de l'immobilier et de la construction". De même, In'li, filiale dédiée au logement intermédiaire en Île-de-France du groupe Action Logement, avait promis d'acquérir 10.000 logement d'ici à fin 2020. "Ça a joué le rôle d'amortisseur, les promoteurs ayant largement ouvert leur stock", a commenté Marc Villand, vice-président de la FPI. "On pourrait imaginer un volet de logement acheté chaque année par les institutionnels", se met même à rêver Alexandra François-Cuxac.
César Armand