Notre-Dame : les échafaudeurs donnent leur version des faits

 |   |  766  mots
Une photo de l'échafaudage entourant la flèche de Notre-Dame prise quatre jours avant l'incendie, le jeudi 11 avril dernier.
Une photo de l'échafaudage entourant la flèche de Notre-Dame prise quatre jours avant l'incendie, le jeudi 11 avril dernier. (Crédits : Reuters)
Les alertes incendies qui se sont succédé lundi soir sont celles de la cathédrale, les échafaudages n'étant équipés que de détecteurs de mouvements. Mais la procédure de sécurité a été respectée, affirme Marc Eskenazi, chargé par la compagnie d'assurances AXA de la communication de l'entreprise Europe Echafaudage. On attend aussi beaucoup de la caméra qui fixait les étapes des travaux et qui était installée au pied de la flèche (où les premières flammes sont apparues).

L'entreprise engagée dans le chantier autour de la flèche de Notre-Dame a déclaré à Reuters que l'alerte incendie avait été déclenchée non par son dispositif de sécurité mais par les alarmes de la cathédrale, un élément susceptible d'orienter l'enquête pour "destruction involontaire par incendie".

L'échafaudage autour de la flèche érigée au XIXe siècle par Viollet-le-Duc était équipé de détecteurs de mouvement, non de détecteurs de fumée, a rectifié jeudi Marc Eskenazi, chargé par la compagnie d'assurances Axa de la communication de l'entreprise Europe Echafaudage.

Une seule équipe travaillait ce jour-là sur la cathédrale

Une première alerte incendie a été donnée à 18h20 lundi mais n'a pas permis de détecter un départ de feu, a expliqué le procureur de Paris. Puis il y en a eu une seconde à 18h43, lors de laquelle un feu a été constaté au niveau de la charpente. La cathédrale avait entre-temps été évacuée.

Les premières flammes ont été aperçues au pied de la flèche ajoutée à cet édifice gothique du Moyen-Âge, ce qui ne signifie pas que l'incendie ait débuté à cet endroit.

La seule équipe qui travaillait lundi sur la cathédrale était celle d'Europe Échafaudage, filiale du groupe Le Bras Frères qui a remporté les trois marchés du chantier de restauration des parties hautes de la flèche. Selon le procureur Rémy Heitz, cinq entreprises au total participent au chantier.

"Si c'est un accident, c'est à 90% un départ électrique"

Le montage de l'échafaudage, amorcé en décembre 2017, était sur le point de s'achever. Il était électrifié, pour alimenter deux ascenseurs et un éclairage, a précisé mercredi Marc Eskenazi.

"La procédure prévoit qu'en fin de chantier, en fin de journée, on coupe l'électricité générale du chantier, donc on coupe les ascenseurs et l'éclairage de l'échafaudage, et on remet la clé à la conciergerie de la sacristie", a-t-il dit.

Il ajoutait:

"Lundi soir en partant, c'est exactement ce que les ouvriers ont fait. La procédure a été respectée, elle a été bien sûr dûment enregistrée dans les registres, le cahier à cet effet, à la sacristie".

De source policière, on estime que "si c'est un accident, c'est à 90% un départ électrique, car c'est la seule source d'énergie dans le bâtiment". On confirme de même source qu'il n'y avait pas de soudure en cours.

"Aucune alarme de Europe Échafaudage ne s'est déclenchée"

Aucun outil de soudage, aucun chalumeau, aucun "point chaud" n'était présent sur le chantier, assure Marc Eskenazi. La descente des ouvriers a commencé à 17h20 et à 17h50, ils étaient tous partis, a-t-il précisé. Soit 30 minutes avant la première alerte.

Du point de vue de la sécurité, l'échafaudage extérieur ne comportait pas d'extincteur automatique à eau ("sprinkler") mais il était doté de détecteurs de mouvement.

"Aucune alarme de Europe Échafaudage ne s'est déclenchée", a indiqué Marc Eskenazi. "Les alarmes qui se sont déclenchées, ce sont des alarmes de la cathédrale, ce ne sont pas les nôtres."

Un véritable "reportage photo" confié aux enquêteurs

Par ailleurs, une caméra pointée sur la flèche avait été installée pour suivre l'avancée du chantier, a-t-il révélé, ajoutant que l'enregistrement "timelapse" (avec un effet d'accéléré, Ndlr), potentiellement précieux, a été remis aux enquêteurs.

"Des photos ont été prises toutes les dix minutes à partir de lundi 14 heures et l'appareil photo a été confié à la brigade criminelle par M. Le Bras", a-t-il dit, faisant état d'un véritable "reportage photo".

"Ils peuvent bien voir d'où vient la première fumée par exemple, d'où elle sort, je pense que le film a un certain intérêt pour l'enquête", a-t-il ajouté.

Les récits des personnes présentes sur le chantier se recoupent

De source policière, on confirme que les auditions des différents protagonistes - ouvriers, gardes de sécurité - se recoupent : le feu a d'abord été aperçu au pied de la flèche. Cela ne veut pas dire nécessairement que c'est là que le feu a commencé, souligne-t-on.

Pour une source proche du chantier, il n'y a à ce stade qu'une certitude, "le départ de l'incendie est côté Sud".

Les enquêteurs n'ont pour le moment pas pu entrer dans l'édifice en raison des travaux de sécurisation en cours.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 23/04/2019 à 19:11 :
Bjr, pourquoi le time lasp n'est pas dispo sur le net , quelque chose a caché ?
Faire prendre le feux sur une poutre de charpente vielle de plusieurs centaines d'année , révisez vos cours de science , triangle du feux .
Tout ceci est plus que louche , 2 alertes incendie et personne ne réagis je n'y crois pas une seconde .
a écrit le 23/04/2019 à 8:45 :
Connaissant l'immense intégrité des compagnies d'assurance lorsqu'il s'agit de régler un sinistre (surtout de l'ampleur de celui -ci ! ) il est sur qu'AXA va TOUT faire pour dédouaner lzes entreprises concernées !
a écrit le 20/04/2019 à 23:48 :
Première alarme (pas de fumée sans feu) celui qui vient de l'allumer est surpris par l'alarme et l'éteint aussitôt (le feu)........ donc RAS si il y a bien eu inspection sur place, dans la charpente (à vérifier)....... deuxième alarme et l'incendiaire et déjà loin.
a écrit le 20/04/2019 à 10:17 :
En même temps, quand on a l'habitude d'allumer un barbecue ou un poêle à bois, on sait que des poutres massives ne s'enflamment pas si facilement. Évidemment, quand le feu à pris, par contre... Ce sera donc intéressant de savoir et d'avoir des explications.
a écrit le 20/04/2019 à 0:25 :
J’ai lu avec beaucoup d'intérêt votre article pour essayer de comprendre ce qui s’est passé à propos de ce désastre.
Je suis spécialisé dans le domaine de la sécurité électronique depuis bientôt trente ans; détection incendie, détection de mouvements et caméras de surveillance c’est bien mon domaine, alors je constate qu’une première alarme feu ait été enregistré au niveau du système de détection incendie de la cathédrale, c’est logique puisqu’il n’y en a pas au niveau de l’échafaudage et cela signifie; malgré les alarmes intempestives qu’il peut y avoir, qu’il y a bien eu quelque chose d’anormal, parallèlement à cela, selon votre article, rien n’est à signaler au niveau de la détection de mouvement sur l’échafaudage, ce qui renforcerait l’idée d’une fausse alarme dans la mesure où rien d’anormal n’a été constaté à ce moment là. Or, une deuxième alarme incendie a eu lieu, et là, effectivement il y a un départ de feu constaté puis on connaît la suite des évènements surtout que la Flèche de la cathédrale n’est plus là... La question qui se pose, deux alarme feu successives à vingt minutes d’écart l’une de l’autre, puis constatation de feu au pied de la Flèche construite en bois de chêne très ancien et après ?! Qu’a-t-on fait ? Faut-il attendre les images enregistrées par «la caméra », une seule caméra de surveillance pour une telle affaire, et vigipirate c’est pourquoi faire quand il s’agit d’un monument visité par plus de douze millions de touristes par an ??? J’ai bien lu aussi que cette caméra enregistre une photo toutes les dix minutes ? Avec Vélib on peut traverser tout Paris si ce n’est pas en trottinette.
À suivre.
a écrit le 19/04/2019 à 20:07 :
Les Anciens qui connaissaient le metier sont partis...reste les technocrate qui ne pensent qu'au chiffre et ne connaissent plus rien au terrain...(Je le vois ici,à AirFrance ,SNCF,etc...)
On ne fait plus confiance à la base ou au peuple.
a écrit le 19/04/2019 à 12:16 :
Selon moi, cet incendie est d'origine criminelle. Faire prendre le feu à du très vieux chêne, très sec, très dense nécessite une charge calorique importante. Craquer une allumette ou jeter un mégot n'est pas suffisant. La propagation du feu dans une charpente de ce type a été anormalement rapide. L'épaisse fumée jaune qui se dégage au début de l'incendie peut correspondre à de la thermite qui est un composé pyrotechnique apportant à la fois une charge calorique importante et élevée. L'empressement de nos politiciens et des médias à conclure à la piste accidentelle, alors que nombre d'éléments tendent nettement vers une piste criminelle, démontre que certains sont au courant d'informations qu'il n'est pas bon de divulguer. Une analyse scientifique et des prélèvements doivent absolument être effectués pour lever le doute. Bien entendu, on fait le silence sur cette hypothèse et sur les caméras qui ont filmé des individus sur la toiture de Notre-Dame au moment de l'incendie, alors qu'elle avait été officiellement évacuée.
Réponse de le 21/04/2019 à 10:21 :
C'est l'evidence meme. On ne fait pas bruler du chene tres sec surtout dans ces sections , c'est dur comme du beton. Un comburant est necessaire.
Réponse de le 23/04/2019 à 8:49 :
....une hypothese d'attentat écartée bien trop vite pour etre honnète , avant toute enquète !
Quel est l'intérèt ?
a écrit le 19/04/2019 à 8:15 :
Nous aurons bien du mal à savoir ce qui s'est passé, mais on a bien du mal à croire que cet incendie est indépendant des travaux en cours. On ne peut se satisfaire de la théorie de "c'est la faute à pas de chance", surtout quand on voit le montant (à la louche s'il faut donner des chiffres: 3 milliards de travaux, et 30 milliards de pertes d'exploitation pour Paris - ND est un attrait majeur pour le tourisme). Je ne peux m'empêcher de penser à Vatel, et sa marée, qui lui avait le sens de l'honneur et de sa mission, quand je pense aux Architectes des monuments historiques dont le premier objectif est la préservation, la conservation des sites! Quand on est devant un désastre, on donne a minima sa démission!
Réponse de le 20/04/2019 à 0:53 :
De toute évidence vous ne connaissez pas la mission et le rôle des ACMH! Mais il est vrai qu'en France au moindre problème, avant que l'on sache quoi que ce soit, il est d'usage de pointer de doigt en premier l'architecte!
Réponse de le 22/04/2019 à 15:58 :
..et oui, on est jamais responsable de rien, mais content d'émarger en tant qu'Architecte en chef...Notre Président, en nommant un Général pour superviser la reconstruction, et en établissant un concours pour la reconstruction de la flèche, a du, lui se faire son avis sur l'efficacité de ces services! Une caste digne d'un autre temps, bien dépassé, et à supprimer!
a écrit le 18/04/2019 à 20:05 :
Apparemment, tout est parti sur la base de la flèche... Curieux non... ! En sachant qu'ensuite le feu allait se propager tout autour. Ce n'est pas de la paranoïa mais bien une question essentielle. Comment peut-on en arriver là !?
a écrit le 18/04/2019 à 18:12 :
Pour enflammer une poutre de chêne, même ultra sec, il faut du temps et une source de chaleur intense, pas une banale décharge électrique, ou alors dans d'une substance très inflammable située auprès de la poutre, soit de la puissance d'un arc électrique, donc avec une intensité importante. mais certainement pas avec un briquet, ou une allumette.
a écrit le 18/04/2019 à 16:24 :
Ça commence toujours comme ça

On a rien fait
On a tout fait dans les règles
Etc etc
On verra ça dans quelques temps

Des fumeurs ??
Des travailleurs détachés ??
Une veille après le chantier ?

La charpente a 800 ans il y a donc quelques choses d anormales
Réponse de le 18/04/2019 à 19:51 :
on peut même se demander comment ça a tenu 800 ans sans jamais brûler... Y a pas mal de maisons en bois, ça brûlait de temps en temps et se propageait aux voisines, la solution a été de les plâtrer, le bois est "enfoui" et si y a un ennui il reste confiné, mais on ne voit plus le bois, c'est moins beau.
Réponse de le 19/04/2019 à 0:31 :
Un fumeur..!! Possible...
Réponse de le 19/04/2019 à 20:25 :
Un drone incendiaire télécommandé depuis une terrasse voisine ??

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :