Burger King, nouveau numéro 3 mondial du fast-food, au cœur d'une polémique fiscale

En achetant la chaîne de cafés et pâtisseries Tim Hortons, le groupe américain deviendra numéro 3 mondial du fast-food, et déménage au Canada.
Marina Torre

2 mn

Burger King a rouvert ses portes en France en 2013.
Burger King a rouvert ses portes en France en 2013. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Burger King pourra avaler Tim Hortons pour 11 milliards de dollars. Les actionnaires de ce dernier, groupe canadien de restauration spécialisé dans les cafés et pâtisseries ont validé ce choix avec 99% des voix ce mercredi. Une semaine plus tôt, le régulateur canadien a approuvé la transaction.

Ce mariage implique de grands changement pour Burger King International qui prévoit de déménager au Canada (il siège actuellement à Miami). La nouvelle entité changera de nom pour s'appeler Restaurant Brands International.

Outre-Atlantique, l'affaire provoque des remous dans le cadre, plus large, d'une polémique sur des pratiques d'optimisation fiscale. L'administration Obama a d'ailleurs souhaité mettre un terme à cette "tax inversion", qui permet à une entreprise américaine de réduire sa note fiscale après une fusion avec une entreprise étrangère située dans un pays où le taux de fiscalité est plus faible. D'autres entreprises comme le laboratoire AbbVie, dont  la maison-mère est installée à Chicago a récemment annoncé un accord en vue de l'achat de Shire, qui siège en Irlande.

Polémique sur l'optimisation fiscale

Fin septembre, le Secrétaire au Trésor, Jacob Lew, a promis la mise en place de nouvelle règles pour éviter cela.

"Les transactions d'inversion érodent notre assiette fiscale, déplaçant injustement la charge sur tous les autres contribuables, dont les petites entreprises et les Américains qui travaillent dur", a-t-il alors déclaré.

L'affaire Burger King avait alors marqué les discussion du G20 en Australie. Côté canadien, le ministre des Finances Joe Oliver avait ainsi rétorqué aux détracteurs du projet toute idée d'évasion fiscale dans le cadre de cette union entre Tim Hortons et Burger King. "Cette entreprise paiera ses impôts là où il opère, au Canada, aux Etats-Unis et ailleurs", avait-il affirmé.

18.000 restaurants

Le projet en vue de cette transaction est soutenu par le milliardaire Warren Buffett. Son entreprise Berkshire Hathaway le financera à hauteur de  3 milliards de dollars.

Aux Etats-Unis, d'autres enseignes comme Dunkin' Doughnut ou Starbucks Coffee occupent le terrain du petit déjeuner. Mais avec cette acquisition, la nouvelle multinationale pourrait tout de même se targuer de devenir le troisième acteur mondial de la restauration rapide. Les ventes combinées des deux groupes se montent à 23 milliards de dollars, avec plus de 18.000 restaurants dans 100 pays selon Tim Hortons.

Dans les gares en France

En France, après plusieurs années d'absence, Burger King est revenu en 2013 via un partenariat avec Groupe Bertrand.

Il cible notamment les zones de transit comme la gare St Lazare à Paris pour ses implantations. Son ambition: obtenir 20% de parts de marché sur le fast-food avec 400 implantations dans l'Hexagone.

Marina Torre

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Commentaires 4
à écrit le 10/12/2014 à 18:46
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Les politiciens sont plus prompts à dénoncer l'optimisation fiscale plutôt que le gaspillage de l'argent public... pathétiques!

à écrit le 10/12/2014 à 15:27
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J'adore Warren Buffet qui faisait la morale , que les riches devaient payer plus d'impôt aux Etats-Unis et qui se veut philantropique. Le voilà qui va faire de l'optimisation fiscale , ce qu'il a toujours fait. Fait ce que je dis mais ne dis pas ce q...

à écrit le 10/12/2014 à 14:35
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McDonalds, Starbucks, Burger King C'est la meme chose. Des racailles en col blanc qui fraudent le fisc et vendent du poison aux gens

le 10/12/2014 à 17:16
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L'art de la nuance dans sa plus simple expression...

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