Aigle Azur : Air France et Dubreuil se retirent, Guérin revient...

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Air France et le Groupe Dubreuil ont été échaudés par l'ampleur du passif social et par la complexité du dossier qui impose de reprendre le personnel avec les contrats de travail.
Air France et le Groupe Dubreuil ont été échaudés par l'ampleur du passif social et par la complexité du dossier qui impose de reprendre le personnel avec les contrats de travail. (Crédits : Benoit Tessier)
Selon nos informations, Air France et Dubreuil n'ont pas déposé d'offre pour la reprise d'Aigle Azur, alors que les offres améliorées devaient être déposées avant ce mercredi minuit. En revanche, coup de théâtre, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, deux anciens d'Air France qui s'étaient retirés le week-end dernier, ont déposé une offre. Mais elle est conditionnée à un prêt de l’État.

Énième rebondissement dans le dossier Aigle Azur. Selon nos informations, alors que le tribunal de commerce d'Évry a placé lundi la compagnie aérienne en liquidation judiciaire en demandant aux candidats d'améliorer leur offre d'ici à ce mercredi minuit, ni Air France ni le Groupe Dubreuil n'ont, selon plusieurs sources, répondu à l'appel, alors qu'ils travaillaient sur des offres combinées comme l'avaient indiqué dimanche soir le secrétaire d'État aux transports Jean-Baptiste Djebbari. Aucune offre n'a été déposée hier soir. Dans un courrier commun, ils ont indiqué qu'ils n'avaient pas pu trouver une solution globale.

Dans un courrier envoyé à ses salariés que La Tribune s'est procuré, Air France indique qu'elle "a décidé de ne pas poursuivre le processus d'appel d'offres pour la reprise d'actifs et de salariés d'Aigle Azur".

Air France et le Groupe Dubreuil ont été échaudés par l'ampleur du passif social et par la complexité du dossier qui impose de reprendre le personnel avec les contrats de travail. Or, s'ils étaient prêts à reprendre du personnel d'Aigle Azur, Air France et le Groupe Dubreuil refusaient de reprendre des contrats jugés peu compétitifs, en notamment ceux des pilotes, en particulier des commandants de bord.

Guérin et Micouleau reviennent dans le jeu

Autre rebondissement, les deux anciens du groupe Air France, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, qui n'avaient pas déposé d'offre lundi dernier du fait de conditions non réunies, reviennent dans la partie. Selon nos informations, ils ont trouvé un financement de plus de 20 millions d'euros. Mais leur offre, qui vise à reprendre l'essentiel de l'activité et 787 salariés en France (sur 1150), est toujours conditionnée à l'obtention d'un prêt de l'État à hauteur de 15 millions d'euros, remboursable en sept ans.. Pour rappel, l'offre de Lionel Guérin et de Philippe Micouleau avait les faveurs de Jean-Baptiste Djebbari, avant qu'ils ne se désistent le week-end dernier. Dans le détail, Lionel Guérin et Philippe Micouleau s'allient à la société de droit espagnol Defo oil Products, qui détiendra 70% du capital.

Lu Azur, la société de Gérard Houa, actionnaire de 20% d'Aigle Azur, a également déposé une offre. Vueling aussi, mais pour une petite partie de la compagnie. Fernand Danan, un ancien pilote d'AOM, est également sur les rangs.

Les offres seront présentées ce vendredi au comité d'entreprise, puis au tribunal de commerce le lundi 23 septembre, lequel prendra une décision d'ici au 27 septembre.

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a écrit le 20/09/2019 à 9:05 :
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a écrit le 20/09/2019 à 5:33 :
Fichtre, on demande 15 patates / 7 ans ! Le contribuable n'a pas a financer ce type de banqueroute, imputable uniquement a une gestion calamiteuse.
Une entreprise incapable d'equilibrer ses finances est condamnee a terme.
C'est la loi du marche.
Réponse de le 20/09/2019 à 7:38 :
Et bien va l’expliquer aux 1200 salariés qui eux n’y sont pour rien, que c’est la vie, c’est comme ça, qu’ils doivent dégager...que c’est la loi du marché....
Vos matins seront alors un peu moins calmes...
Réponse de le 20/09/2019 à 7:38 :
Et bien va l’expliquer aux 1200 salariés qui eux n’y sont pour rien, que c’est la vie, c’est comme ça, qu’ils doivent dégager...que c’est la loi du marché....
Vos matins seront alors un peu moins calmes...
a écrit le 19/09/2019 à 17:05 :
Les contribuables n'ont pas à financer les privileges des ces pilotes.
Réponse de le 20/09/2019 à 7:39 :
Haine de base d’une personne frustrée au cerveau étriqué...
a écrit le 19/09/2019 à 15:59 :
Une occasion manquée d'adosser les restes de cette ste liquidée à des groupes solides.
En France, le prêteur en dernier ressort c'est le contribuable, qui va aider le repreneur à maintenir les contrats mirobolants des personnels repris : vrai gaspillage d'argent public pour la pire des solutions.
a écrit le 19/09/2019 à 15:04 :
FG, le maître du buzz ! Il nous explique (à juste raison) que l'offre d'Air France n'est pas acceptable en raisons des critères. Point confirmé par la justice. Mais FG se réjouit de l'autre approche: reprise de l'outil de production. Laquelle se traduirait pour AF par un coût (global) exorbitant; dès lors ils restent sur leur position. Cohérent. Si l'Etat mobilise des fonds (on voit d'ici les remarques de gilets jaunes ou écolos), ils seront perdus, à terme. La gestion (profitable) d'une entreprise de transport aérien, et une tâche très fine, et dépend assez peu de l'équipe dirigeante. Beaucoup plus de conditions de SON marché spécifique et du contexte économique général. Et le rendement est en général, ridicule. Donc, AF peut attendre: si ce n'est pas maintenant qu'elle postulera pour les créneaux devenus disponibles, ce sera lors de la prochaine défaillance d'Aigle Azur. Laquelle ne tardera guère.
a écrit le 19/09/2019 à 14:08 :
Polar B, la presse s'est fait écho du salaire de pilotes AAF, de la à généraliser sur l'ensemble des PNT il n'y a qu'un pas qu'un ancien pilote d'Air France franchit allégrement oubliant que les journalistes font régulièrement des articles sur les salaires mirobolants des pilotes.
L'immense majorité des pilotes aigle azur aimeraient beaucoup avoir les conditions de travail et de rémunération d'AAF. Il s'agit d'un faux procès.
La banqueroute est du fait des choix stratégiques du PDG et du désaccord entre actionnaires, les salariés d'aigle azur se sont toujours battus pour travailler sereinement dans un réseau difficile comme l'Algérie
a écrit le 19/09/2019 à 11:56 :
Il serait très souhaitable de connaître les "Business Plan" présentés par les repreneurs éventuels. Etant donné les délais, ils ont été réalisés sur un coin de table....
€ 35- 40 mln pour reprendre une compagnie aérienne: il y a de quoi se marrer.....
Cordialement
a écrit le 19/09/2019 à 10:54 :
énième rebondissement mais rien de concret toujours pour les salariés qui craignent d'être à Pole Emploi le 27 septembre prochain.
Quel gachis pour la France et sa compagnie nationale et quel cynisme dans le secteur ultra concurrentiel de l'aérien qui préfère jouer les rapaces plutôt que de privilégier l'humain.
Réponse de le 19/09/2019 à 13:37 :
Quel humain ? En tant qu'ancien employé d'Air France, j'aurais eu du mal à avaler qu'on achète une compagnie qui a fait banqueroute avec des salariés mieux payés que moi. Cela m'aurais d'autant plus mis en colère si cela avait mis Air France en difficulté.
Je trouve que l'offre d'AF était raisonnable : On reprend une partie de la compagnie mais selon nos règles de rémunération pour que tous les employés d'AF soit logé à la même enseigne. Ce n'est pas la faute d'AF si la loi est contre productive.
Réponse de le 19/09/2019 à 13:41 :
la nature ayant horreur du vide, pourquoi reprendre une compagnie alors qu' ils suffit d intriguer ensuite pour avoir les créneaux horaires aux aéroports, les voyageurs étant toujours la....
Réponse de le 19/09/2019 à 14:39 :
@Martin Freppon: En tant que futur actionnaire, si Air France avait remporté l'affaire, je suis de l'avis de PolarB. Cela dit, la gestion de cette compagnie semble avoir été un véritable scandale dans les derniers temps; n'y aurait-il donc pas d'Autorité Tutélaire? On parle de deux années où les commissaires ad hoc auraient refusé d'approuver les comptes...
a écrit le 19/09/2019 à 10:49 :
Le plus simple est effectivement une vente à la découpe. Rachat des appareils et reprise des équipages aux conditions des nouveaux employeurs.

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