Aides d'Etat au transport aérien : Air France et le désert français

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(Crédits : Gonzalo Fuentes)
L'État a décidé de mettre en place des plans d'aide spécifiques pour plusieurs secteurs du voyage (tourisme, hôtellerie, aéronautique), mais pas pour les compagnies aériennes et les aéroports, frappés de plein fouet eux aussi par la crise. Contrairement à l'automobile où la puissance publique aide Renault et la filière, l'aide au transport aérien se limite à Air France.

Le tourisme, l'hôtellerie, l'aéronautique, tous ces secteurs d'activité de la chaîne du voyage vont percevoir des aides spécifiques de l'État dans le cadre d'un plan sectoriel qui s'ajoutera aux mesures générales de soutien de l'économie comme la prise en charge par l'État du chômage partiel. Tous sauf... ceux du transport aérien et du monde aéroportuaire (aéroports, assistants en escale, agences de sûreté...).

Au regard de l'intensité de la crise sans précédent qui les frappe et que personne ne saurait remettre en cause avec la quasi-totalité des avions cloués au sol depuis avril, la fermeture d'une grande partie des aéroports et les charrettes de licenciements qui se succèdent, cet oubli apparaît comme une étrangeté.

D'autant plus qu'en s'empressant de sauver Air France par le biais d'un prêt bancaire garanti de 4 milliards d'euros et d'un prêt d'actionnaire de 3 milliards d'euros, le gouvernement français a montré qu'il avait bien conscience de la situation catastrophique que traversait ce secteur et qu'il semblait vouloir le soutenir.

L'aide au secteur limitée à Air France

Sauf que, contrairement à l'automobile où l'aide accordée à Renault s'accompagne d'un soutien à la filière automobile, l'aide au secteur aérien s'est limitée à Air France. Certes, un report de certaines taxes spécifiques a été annoncé en avril mais cette mesure est dérisoire par rapport à la situation et ne sera utile qu'au moment du redémarrage de l'activité.

Étudiée il y a quelques semaines, l'éventualité d'un plan spécifique pour le transport aérien a été abandonnée.

"Nous considérons aujourd'hui pour ce secteur que les outils nécessaires sont suffisants pour le moment", indique-t-on à Bercy.

Les prêts...

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a écrit le 28/05/2020 à 15:29 :
C'est peut-être l'occasion d'assainir une infrastructure aérienne pléthorique avec des cies confetti à la limite de la rentabilité, voire non rentables comme Corsair pratiquant des prix exorbitants sur des destinations protégées ( Antilles...) et d'éviter de renflouer des aéroports maintenus artificiellement en survie par les subventions des collectivités locales.
Les aides de l'Etat, cad NOS IMPOTS, n'ont pas vocation à combler les trous béants générés par cette crise d'organisations structurellement déficitaires !!!
Concernant AF et Renault, elles étaient profitables avt crise ou très proches de la rentabilité et leur activité est stratégique pour le pays avec tte la supply chain et les services qui vont avec.
Les aides sont conditionnées à une forte restructuration de l'offre pour chacune d'elle, indispensable pour assurer leur survie à terme, avec une contrainte supplémentaire pour R. d'améliorer autant que possible sa souveraineté nationale au prix de lourds investissements.
Réponse de le 28/05/2020 à 20:43 :
Je pense que vous vouliez parler d'Air France qui se gave sur les DOM COM ! pour pouvoir perdre de l'argent là où il y a de la concurrence....
Réponse de le 29/05/2020 à 10:01 :
@PMASS. Non AF ne se gave pas sur les DOM TOM. Aucun de ces territoires n’est desservi uniquement par AF. Air Caraïbes, French bee, Air Austral, Level, Corsair, Air Tahiti Nui, Air Calin les desservent aussi. La concurrence est donc bien présente.
Quant aux prix, regardez combien coûte un Londres Antigua par British Airways et nous en reparlerons.
Réponse de le 29/05/2020 à 14:14 :
Les aides devraient servir à passer la crise du Covid et non à restructurer. Ca crée ainsi des distorsions de concurrence. AF va devenir plus compétitif que les autres grâce à notre argent, dont les autres en sont privées. Comment Bruxelles peut-elle accepter ça? Contrairement à ce que vous dites, AF n'était pas en bonne santé avant la crise
Réponse de le 29/05/2020 à 15:14 :
Popo, renseignez vous.
AF ne perdait pas d'argent avt crise, même si sa rentabilité n'avait rien à voir avec celle d' IAG, Lufthansa ou les cies du Golfe, ses véritables concurrents au départ des hubs d'Europe.
Par contre, des cies comme Corsair st en déficit chronique depuis des années, comme en leur tps, Xl Airways ou Aigle Azur sacrifiées sur l'autel de la rentabilité par leurs actionnaires. Pourquoi l'Etat devrait il faire le boulot à la place des actionnaires pour les autres??
La crise est telle, que qtite de petites boîtes initialement rentables des secteurs les + touchés ne s'en remettront pas malgré les aides de l'Etat.
Dc, je me permets d'insister, nos impôts ne servent pas à soutenir des canards boiteux, surtout en ce moment.
Du reste, la Commission a retoqué l'aide de 9 mds apportée par le Bundestag à Lufthansa, sous prétexte qu'aucune contrepartie n'était imposée à la cie, créant véritablement une distorsion de concurrence.
a écrit le 28/05/2020 à 14:01 :
Trop de compagnies, des prix trop tirés vers le bas et l'on voit qu'au premier "coup de torchon", les beaux avions ont les ailes rognées.
Le transport aérien ne peut être que coûteux. Il ne peut pas être un transport de masse durablement.
Réponse de le 29/05/2020 à 10:10 :
Avant la crise du COVID, le transport aérien se portait plutôt bien. Les avions sont de plus en plus économes en carburant et malgré la forte hausse des taxes en tout genre, il reste rentable.
Quand l’économie repartira, le transport aérien se développera à nouveau. De plus, on a pu se rendre compte que la pollution dans nos villes n’a que peu baissé malgré l’arrêt total des vols et la quasi disparition du trafic routier. L’argument « il faut sauver la planète » ne tient plus.
a écrit le 28/05/2020 à 13:23 :
air France les caisses sont vide pour pouvoir demander des sommes exorbitante
mais il en restes assez pour le pdg qui vas se goinfrer avec une prime de huit cent mille euros
et en plus il demande des suppression de poste
et certain gauchiste vont encore incriminer les pilotes
Réponse de le 28/05/2020 à 16:01 :
C'est vrai, une honte ! Les pilotes sont guère rémunérés plus haut que le SMIC...
a écrit le 28/05/2020 à 13:01 :
Une bonne initiative déjà que l'argent public est jeté sans arrêt dans les paradis fiscaux des mégas riches autant au moins anticiper un net recul de l'activité économique aérienne imposant le fait que si on donne maintenant faudra donner aussi après pour finir par donner tout le temps.

Les citoyens français n'ont plus les moyens de payer les pots cassés des mégas riches même s'ils le font continuellement, un peu moins c'est déjà ça de prit.

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