Fret maritime: en deux ans, Maersk a multiplié son bénéfice net par... 12
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Un porte-container de la compagnie Maersk dans le port de Rotterdam, aux Pays-Bas.
Reuters
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Un porte-container de la compagnie Maersk dans le port de Rotterdam, aux Pays-Bas.
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L'emballement des taux du fret depuis la mi-2020 a créé des conditions de marché exceptionnelles pour AP Møller-Mærsk. Couplant croissance vertigineuse et rentabilité record, le premier armateur mondial a dégagé un bénéfice net multiplié par six en 2021, après avoir réalisé déjà un quasi sextuplement du bénéfice net en 2020.
Bref, l'entreprise qui opère notamment Maersk Line (cette filiale cumulait depuis vingt-cinq ans le titre de plus grande flotte de porte-containers au monde - MSC vient de lui ravir sa couronne en janvier pour quelques containers de plus - et de plus grande compagnie maritime tout court) aura multiplié par 12 en deux ans son bénéfice net.
La vague d'opulence que connaît le groupe est le résultat de la surchauffe du transport maritime, qui a renchéri chaque segment de la chaîne de valeur logistique.
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Sur l'ensemble de l'année 2021, le chiffre d'affaires du groupe a ainsi gagné 55%, à 61,78 milliards (avec une hausse de 65% dans le segment Ocean de transport de conteneurs).
Le bénéfice net atteignait, lui, 18,03 milliards de dollars (15,79 milliards d'euros), un record absolu pour une entreprise danoise.
Hier, l'annonce de ces résultats faisait grimper le cours de l'action à la Bourse de Copenhague, le titre gagnant vers 9H30 GMT quelque 2% dans un marché orienté à la hausse. Puis le cours ne cessait de grimper tout au long de la journée, la séance se finissant sur une progression spectaculaire de 7,24%.
Depuis mi-2020 et notamment depuis la fin de l'année dernière, la demande de transport maritime, qui avait fléchi au début de la crise sanitaire, s'est traduite par un très fort rebond.
Le résultat brut d'exploitation, EBITDA, a presque triplé, à 24 milliards, grâce à des coûts réduits et une optimisation de la chaîne logistique.
Depuis la vente en 2017 de sa division pétrolière à Total, Maersk a entrepris une importante restructuration visant à se recentrer sur son coeur de métier: le transport et la logistique. Sa filiale de forage, cotée à la Bourse de Copenhague depuis avril 2019, a fusionné en novembre avec son concurrent américain Noble Corporation.
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Le groupe danois qui, comme ses pairs du fret maritime, opère très majoritairement des navires propulsés au fioul lourd, extrêmement polluant, ambitionne de devenir neutre en carbone à l'horizon 2050. Pour joindre les actes aux paroles, il vient d'annoncer une baisse de près de 42% de ses émissions sur l'ensemble de l'année.
L'armateur milite d'ailleurs pour imposer une taxe carbone au secteur, afin de favoriser le virage vers des navires plus propres.
Pour 2022, Maersk s'attend à un "premier semestre solide" puis à une "normalisation" de la surchauffe dans le transport de conteneurs "au début du second semestre", indique le groupe dans son rapport annuel. En conséquence, il table sur un EBITDA situé autour de 24 milliards de dollars.
Les principaux concurrents de Maersk, l'Italien MSC (qui vient de détrôner Maersk pour quelques containers de plus en termes de capacités et de chiffre d'affaires mondial) et le Français CMA CGM, voguent également sur des profits à des niveaux record. Les concurrents Hapag Llyod et Cosco sont sur la même tendance. Le 1er février dernier, l'armement allemand Hapag Lloyd a publié des résultats provisoires avec un chiffre d'affaires en hausse de 74% à 22,3 milliards d'euros pour 2021. Ceux également provisoires publiés en août par Cosco Shipping étaient également florissants.
Leurs clients, eux, ont dû sortir leur carnet de chèques et prendre leur mal en patience face aux perturbations et aux prix élevés qui ont continué à affecter le transport de conteneurs, circuit stratégique de l'économie mondiale.
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Dans son rapport financier, le transporteur danois faisait part de son attention aux difficultés de ses clients et se concentrer sur les solutions pour réduire les goulets d'étranglement des chaînes d'approvisionnement mondiales:
Les coûts de fret ont particulièrement augmenté sur les routes d'Asie vers l'Europe et l'Amérique du Nord, précise Maersk, avec un coût unitaire au soutage fixe en hausse de 13%.
(avec AFP)
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