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Grève à la SNCF : les cheminots obtiennent une hausse de salaire, encore insuffisante pour les syndicats

latribune.fr

Publié le 06 juillet 2022 à 16:19 - Mis à jour le 06 juillet 2022 à 16:23

Trafic perturbe sur le reseau sncf en raison d'une greve

Le trafic était fortement perturbé, ce mercredi, dans les gares à cause d'un appel à la grève unitaire à tous les salariés de la SNCF pour réclamer des hausses de salaire.

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Les syndicats avaient appelé l'ensemble des salariés à une grève unitaire ce mercredi. Très suivie et ayant entraîné d'importantes perturbations sur le trafic des TGV, TER et lignes de RER, elle s'est soldée par l'annonce d'une hausse des salaires de 3,7% pour les petits revenus, et 2,2% pour les cadres. Mais pour la CGT et SUD-Rail, cette revalorisation n'est pas suffisante au regard de l'inflation qui sévit en France.

Cette décision va-t-elle apaiser la colère des grévistes ? Rien n'est moins sûr. Alors que l'ensemble des salariés de la SNCF étaient appelés à cesser le travail, ce mercredi, la direction a annoncé que les cheminots bénéficieront à la rentrée d'une augmentation de salaire.

C'était bien cela le motif de cette grève unitaire, très suivie, qui a perturbé les premiers départs en vacances dans les gares notamment pour les TGV et TER ainsi qu'à l'échelle locale pour les lignes B, C, D et E du RER et certaines lignes du Transilien. La direction a, d'ailleurs, constaté un mouvement de grève « plus important » que ceux des derniers mois, avec 20% de grévistes au niveau national, mais 35 à 40% parmi les conducteurs. Les syndicats réclament des hausses de salaires pour faire face à l'inflation qui atteignait 5,8% en juin sur un an en France. Ils ont finalement obtenu gain de cause.

2,2 à 3,7% de hausses de salaire

La direction a, en effet, annoncé plusieurs mesures permettant une augmentation des salaires qui sera de 3,7% pour les petits revenus, et 2,2% pour les cadres, soit une médiane de 3,1% (70.000 salariés seront augmentés de plus de 3,1%, et 70.000 de moins), a précisé François Nogué, le directeur des ressources humaines de l'opérateur, à l'issue d'une longue table-ronde avec les syndicats. La valeur du point sera relevée de 1,4%, et tous les salaires seront aussi augmentés de 500 euros sur l'année. Les indemnités liées à la production (heures de nuit, dimanche, fêtes, astreintes) seront revalorisées de 4% en moyenne. Par ailleurs, les salaires d'embauche des agents d'exécution ont également été revalorisés de 4%.

Des mesures qui auront un effet rétroactif au 1er avril, mais elles ne seront visibles sur les fiches de paie qu'au plus tard en octobre, a indiqué François Nogué lors d'une conférence de presse. La SNCF s'est également « engagée » à ouvrir les négociations annuelles sur les salaires dès le mois de décembre. « C'est un effort sur les salariés en première ligne, avec les indemnités liées à la production », et avec « un calendrier qui ouvre des perspectives sur la suite », a souligné le directeur des ressources humaines. Un paquet de mesure qui a un coût pour l'entreprise : environ 280 millions d'euros.

A LIRE AUSSI

Augmenter les salaires en période d'inflation : une équation insoluble ?

Ce n'est pas la première fois que la SNCF met la main au portefeuille pour revaloriser les revenus de ses salariés. Le réseau ferroviaire avait déjà mis sur la table en début d'année une enveloppe de 2,7% d'augmentation, soit « un effort de l'entreprise de l'ordre de 5,8% » depuis le début de l'année, a rappelé François Nogué.

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Des mesures encore « très insuffisantes »

Mais c'est encore loin de ce qu'attendaient les syndicats, ont-ils rappelé à l'instar de la  CGT, premier syndicat du groupe. Selon elle, « ces mesures restent très insuffisantes, mais c'est bien la mobilisation des cheminots qui permet ce dégel salarial et d'arracher ces premières mesures ». Le syndicat a proposé dans un communiqué « la poursuite du processus unitaire engagé pour exiger de la Direction qu'elle passe à la caisse au-delà de la compensation de la seule inflation ». « Le compte n'y est pas », a également protesté la fédération SUD-Rail, assurant dans un communiqué qu'elle ne se « résignera pas à valider un énième recul du pouvoir d'achat des salarié-e-s de la SNCF ». Seule l'UNSA, deuxième syndicat de l'opérateur, a salué des « mesures encourageantes » mais qui devront être réajustées en décembre, a indiqué son secrétaire général Didier Mathis.

Des hausses qui pourraient peser sur le prix des billets

Si le mouvement de grève, pour l'instant cantonné à la journée de ce mercredi, venait à durer, il pourrait sérieusement perturber les départs des vacanciers qui devraient être très nombreux cet été. La SNCF a d'ailleurs annoncé le 23 juin la mise en vente de 500.000 places supplémentaires pour la période estivale par rapport à 2019. « On est parti pour un été record, même au-delà de 2019 (...) on a déjà vendu huit millions de billets pour juillet et août, c'est 10% de plus qu'en 2019, donc on voit une poussée très forte », avait expliqué le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou sur France 2.

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À l'annonce du préavis de grève, il avait assuré que les départs en vacances n'étaient « pas menacés ». Il avait également alerté sur le risque pour le réseau ferroviaire de devoir augmenter le prix des billets de train en cas de hausse des salaires. « On a mis les sujets sur la table, on essaie de construire un équilibre, parce qu'augmenter les salaires, c'est une chose, mais il y a aussi un enjeu économique : ça coûte et il faut faire attention à la répercussion sur le prix des billets par exemple », avait-il expliqué, mettant en avant le besoin pour l'entreprise de rester à l'équilibre.

(Avec AFP)

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