Pour casser l'image d'un "TGV cher", la SNCF étudie un "tarif maximum acceptable"
Fabrice Gliszczynski
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Vincent Kessler
Fabrice Gliszczynski
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Vincent Kessler
Frappée de plein fouet par la crise du Covid-19, la SNCF est à la peine. Le trafic est au plus bas, les pertes s'accumulent, et la dette se creuse. Après avoir essuyé une perte nette de 2,5 milliards d'euros au premier semestre, le groupe ferroviaire prévoit une perte du même ordre au deuxième semestre. Ce qui portera donc à près de 5 milliards d'euros le niveau de perte nette en 2020, un an après avoir déjà perdu 800 millions d'euros en 2019 à la suite de la grève contre la réforme des retraites.
Et de préciser :
En octobre, la SNCF a lancé avec succès un emprunt de 2 milliards d'euros sur trente ans.
Résultat, la dette de la SNCF, qui avait fortement décru du fait de la reprise par l'État de 35 milliards d'euros en janvier, repart à la hausse. "On voit la dette s'envoler", a concédé Jean-Pierre Farandou. Au premier semestre, la dette avait bondi de près de 3 milliards d'euros pour atteindre plus de 38 milliards d'euros.
Pour la réduire, il n'y a que deux solutions, selon Jean-Pierre Farandou : une recapitalisation par l'État et des cessions d'actifs.
"Nous allons faire un bout du chemin avec des cessions", a rappelé le président de la SNCF, en précisant qu'il s'était opposé, au cours des discussions avec l'État sur ce sujet, à la vente de Keolis et de Geodis, deux filiales "au coeur de la stratégie du groupe".
À lire également
Pour l'heure donc, seule Ermewa, la filiale de location de wagons, est en vente et la direction espère obtenir un chèque de 2,5 milliards d'euros. D'autres cessions sont en cours de réflexion. La participation à hauteur de 50% dans Akiem, une société de location de locomotives, en fait partie. Si la cession des actifs doit permettre de faire un bout de chemin, une recapitalisation devra donc permettre de faire le reste. L'État-actionnaire s'est déjà prononcé sur le sujet. En octobre, Martin Vial, le directeur de l'agence des participations de l'État (APE) avait indiqué que l'aide de l'État à la SNCF "passera par un renforcement des fonds propres". Interrogé ce mercredi sur les aides d'État, Jean-Pierre Farandou s'est néanmoins montré très prudent.
Fabrice Gliszczynski