Emplois chez Suez : Frérot promet de ne pas faire de « promesses de Gascon »

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Quant aux activités qui devront être cédées pour des raisons antitrust, Antoine Frérot assure: Je recherche des investisseurs qui auront un projet industriel de long terme.
Quant aux activités qui devront être cédées pour des raisons antitrust, Antoine Frérot assure: "Je recherche des investisseurs qui auront un projet industriel de long terme". (Crédits : AFP)
A la veille d'une quatrième journée de mobilisation contre son projet de fusion avec Suez, le PDG de Veolia, Antoine Frérot, répète ses engagements sociaux.

"J'affirme que ce projet ne générera pas de suppression d'emploi": le PDG de Veolia, Antoine Frérot, s'applique à rassurer les personnels de Suez, appelés à une quatrième journée de mobilisation mardi contre son projet de fusion des deux leaders de l'eau et des déchets. Les syndicats évoquent 3.000 à 4.000 emplois directs menacés, sur les près de 30.000 salariés du groupe Suez en France (90.000 avec l'international). Veolia, qui a acquis en octobre 29,9% de Suez auprès d'Engie et lancé le 8 février une OPA sur le reste des titres, réfute ces projections, mettant en avant arguments industriels, et engagements sociaux écrits auprès de Bercy.

"Pas de synergies sur le personnel"

"Je comprends leur inquiétude: leur entreprise mise en vente par son actionnaire principal (Engie, NDLR), cela génère des inquiétudes. Mais je veux y répondre par des engagements", a martelé M. Frérot dans une interview à l'AFP.

"J'affirme que ce projet de rapprochement ne générera pas de suppression d'emploi ni de modification des avantages sociaux, ni chez nous, ni chez les repreneurs" des activités que Veolia devra céder à des tiers pour cause de lois anti-trust. Les syndicats s'alarment des synergies attendues et du sort notamment des "fonctions support" (commercial, finance, RH...) pouvant doublonner.

"Nous aurons besoin de tout le monde, y compris les gens du siège" de La Défense et "les fonctions support, que j'estime à 6-700 personnes", assure Antoine Frérot.

"Il restera environ 200 personnes qui n'auront pas le même job qu'aujourd'hui (...) Je prends l'engagement de leur trouver un job équivalent dans leur spécialité dans le groupe. On parle de 200 personnes sur un futur groupe de 250.000 personnes (dont 55.00 en France)!"

Lire aussi: "On assiste à une inquiétante accélération du démantèlement de Suez par lui-même" (Estelle Brachlianoff, Veolia)

Veolia anticipe 500 millions d'euros de "synergies de performance industrielle" (économies d'énergies...), mais "il n'y a aucune synergie sur les personnels dans notre projet", dit le patron, promettant aussi des directions "mixées équitablement" via un cabinet indépendant et sous le contrôle des salariés.

La moitié des activités dans les déchets cédée

Mais quid des activités que Veolia ne pourra garder? Les repreneurs seront-ils vertueux ? Car la direction de Suez estime que Veolia devra céder 70% des activités françaises de son rival pour respecter les lois anti-trust. Ainsi l'activité Eau France, soit 10.700 personnes. "Nul doute que l'autorité de la concurrence ne nous autorisera pas à reprendre la moindre parcelle de cette activité", admet Antoine Frérot.

Pour les déchets (un peu plus de 15.000 salariés), "nous faisons l'hypothèse en première approximation que nous serons autorisés à garder la moitié des activités et des personnes, et que nous devrons céder l'autre moitié", dit-il.

Meridiam, fonds approché par Veolia, promet de reprendre et conserver l'Eau sur le "long terme". Les emplois seraient préservés "au moins 5 ans" - Bercy a réclamé un horizon chiffré, explique Veolia. Quant aux déchets, Veolia jure de regarder les engagements sociaux des candidats à la reprise, avant même le prix proposé. Faute de quoi "ils passeront leur tour". Marché plus morcelé que l'eau, la propreté occupe en France plusieurs groupes, certains importants, de Paprec à Séché.

"Je recherche des investisseurs qui auront un projet industriel de long terme. Un consortium de fonds d'investissement classique franco-américain ne me paraît pas correspondre à cela,", ajoute le patron de Veolia, dans une allusion aux fonds Ardian et GIP, qui ont la préférence de la direction de Suez et des syndicats.

Lire: Ardian toujours aux côtés de Suez, mais sans projet de « contre-OPA »

Veolia prêt à des sanctions financières

Mais là encore, quelles garanties de voir les promesses tenues?

"Lors de rapprochements récents, de grands groupes industriels ont failli à leur parole. Je pense à GE et Alstom, mais il y en a d'autres," admet le patron.

Entendu par le Parlement, il a proposé "un processus de sanction financière", au cas où Veolia et autres repreneurs des activités de Suez seraient pris "en faute", "pour éviter les promesses de Gascon". Sauf que ce processus n'existe pas (encore). Antoine Frérot renvoie donc la balle aux pouvoirs publics:

"Je ne pense pas que ce soit impossible à mettre en place. Aux parlementaires d'imaginer le système. Je suis prêt à leur faire des propositions".

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Commentaires
a écrit le 02/03/2021 à 13:16 :
Veolia va se retrouver en situation de dicter ses prix. Et comme c'est une entreprise privée ça va faire comme pour les autoroutes : une rente.
a écrit le 02/03/2021 à 9:53 :
Espérons qu'il ne parle pas comme ça à l'internationale... -_-

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