"Augmenter les investissements « verts »" Thomas Buberl, Axa

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(Crédits : DR)
[24 Tribunes pour la COP24 | 7/24 ] "Nous sommes en train de perdre la bataille" ; à l'occasion du One Plannet Summit l'année dernière, le président de la République avait rappelé l'urgence à agir pour lutter contre le changement climatique. L'espoir mondial suscité par l'accord de Paris, il y a trois ans, a laissé place à l'inquiétude. Pourtant, beaucoup de chemin a été parcouru. Par Thomas Buberl, Directeur général d’Axa

Chez Axa, qu'avons-nous fait ? Nous avons d'abord essayé de mieux comprendre notre impact. Nous analysons désormais en détail les facteurs de risque climatique sur nos activités, en ligne avec les recommandations de la « Task force Climat » du G20 (« TCFD »). Nous publierons prochainement notre troisième rapport en ce sens. L'objectif de ce travail est essentiel : déterminer dans quelle mesure nos activités sont alignées avec l'accord de Paris.

En tant qu'investisseur institutionnel de premier plan, nous nous sommes engagés dans le financement de solutions pour la transition énergétique. Nous avons augmenté notre objectif d'investissements « verts » pour le porter à 12 milliards d'euros d'ici à 2020. Derrière les chiffres, il y a des projets concrets qui amélioreront la vie de chacun, sa mobilité ou son logement.

Financer le futur n'a de sens que si nous arrêtons de financer le passé. Dès 2015, Axa a été le premier grand investisseur à commencer à désinvestir des entreprises liées au charbon. L'année dernière, nous avons durci nos critères d'exclusion et étendu notre politique aux sables bitumineux. Plus de 3 milliards d'euros ont été désinvestis, une action d'autant plus forte qu'elle s'est accompagnée de restrictions assurantielles sur ces industries. L'application, annoncée récemment, de cette politique ambitieuse à notre nouvelle division dédiée aux grands risques d'entreprise, Axa XL, marque un nouveau pas important dans notre engagement contre le changement climatique.

Mais soyons clairs, toutes ces actions, aussi positives soient-elles, n'auront pas d'impact si d'autres acteurs continuent de financer et d'assurer les causes du changement climatique. Dès 2015, nous avons eu la conviction que notre politique climat devait s'inscrire dans une action collective, seule à même de changer les choses. Quelque 10% des assureurs se sont réellement engagés aujourd'hui dans l'exclusion des énergies les plus émettrices de CO₂ telles que le charbon. C'est un progrès notable, nous partions de zéro. À l'échelle de l'enjeu, c'est clairement insuffisant, et nous appelons l'ensemble de l'industrie à rejoindre ce mouvement.

Le Giec est formel : il sera extrêmement difficile de limiter le réchauffement climatique global à 1,5 °C ou 2 °C. Cela exige des efforts dans tous les pans de l'économie, et nous savons qu'ils sont parfois difficiles. Mais plutôt que de considérer ce combat comme un fardeau, nous devrions y voir une formidable opportunité de relever, ensemble, l'un des défis majeurs du XXIe siècle. Axa, avec exigence, humilité et optimisme, s'inscrit pleinement dans cet état d'esprit.

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La Tribune a demandé à 12 chefs d'entreprise et 
12 experts de formuler une solution pour sauver la planète.

Isabelle Kocher - Engie | Alexandre de Juniac - IATA | 
Jean-Pascal Tricoire - Schneider Electric | Antoine Frérot - Veolia | 
Jean-Laurent Bonnafé - BNP Paribas | Guillaume Poitrinal - Woodeum |
Thomas Buberl - Axa | Alain Dinin - Nexity | 
Laurence Tubiana - Fondation européenne pour le climat | 
Frédéric Rodriguez - Greenflex | Laurent Solly - Facebook | 
Arnaud Leroy - l'Ademe | Jean-Yves Le Gall - Cnes | 
Cécile Maisonneuve - Fabrique de la Cité | Sylvie Goulard - Banque de France |
Chantal Jouanno - CNDP | Karima Delli - Députée européenne | 
Alain Grandjean - Carbone 4 | François-Michel Lambert - Député | 
Frédéric Mazzella - Blablacar | Eric Scotto Akuo - Energy 
Dominique Bourg - Philosophe | Cyril Dion - Réalisateur 
Patrick Criqui - CNRS.

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Commentaires
a écrit le 07/12/2018 à 18:00 :
On se demande quand même de quelle perte tout ces beaux parleurs parlent... de la nature ou de la finance ?

La finance verte pour sauver la finance donc ?

Vous perdez la raison.

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