"Co-construire avec tous les acteurs de la société" J-L. Bonnafé, BNP Paribas

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Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas.
Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas. (Crédits : Magali Delporte)
[24 Tribunes pour la COP24 | 5/24 ] Le climat est l'un des plus grands défis de notre époque. La transition énergétique demande à tous de prendre des décisions courageuses. Ce sont bien sûr les États qui sont en première ligne. Ils connaissent le contexte propre à leur pays et à leur population. Par Jean-Laurent Bonnafé, Administrateur Directeur général de BNP Paribas

Les scientifiques et les ONG ont un rôle déterminant à jouer pour entretenir la volonté et rendre le débat plus rationnel. Quant aux entreprises, ce sont elles qui inventent et produisent les solutions sans lesquelles notre objectif de rester en deçà des 2 °C ne saurait être atteint.

Face à cet enjeu et cette mobilisation sans précédent, manifestée à l'occasion de l'accord de Paris, des acteurs de la banque et de la finance ont pris des décisions qui ont déjà commencé à faire d'eux des acteurs incontournables de l'accélération de la transition énergétique.

Chez BNP Paribas, nous considérons que notre devoir est d'accompagner les économies et les pays qui, tout en partant de la réalité d'aujourd'hui, construisent une véritable trajectoire de transition énergétique. Nous nous sommes engagés dès 2015 à aligner nos activités sur le scénario de 2 °C de l'Agence internationale de l'énergie. En deux ans, nos financements dans les énergies renouvelables ont augmenté de plus de 70 %, à 12,3 milliards d'euros fin 2017. Dans le même temps, nous nous désengageons progressivement des énergies les plus émettrices de gaz à effet de serre, comme le charbon ou les hydrocarbures non conventionnels, ce qui a déjà permis de faire baisser significativement la part des énergies fossiles dans le mix électrique financé par le Groupe.
Il ne faut avoir aucun doute sur la réalité et la profondeur de notre engagement ; cela participe de l'avenir de la planète, des territoires, des personnes et, naturellement, de notre entreprise. Mais, réussir une transition, c'est passer progressivement d'un monde à l'autre, d'un ensemble de règles et de comportements à l'autre. C'est faire des efforts d'adaptation, mais ce n'est pas arrêter de se déplacer, de se chauffer, de travailler, de communiquer.

Afin que la transition se fasse au rythme exigé par la planète tout en laissant des perspectives correctes aux territoires et aux personnes, deux conditions sont indispensables : une vague d'innovation technologique de grande ampleur et un effort de co-construction impliquant tous les acteurs de la société. Le secteur financier doit prendre pleinement sa part à cet effort collectif sans précédent. C'est le cas, lorsque l'ONU Environnement met autour de la table des acteurs aussi différents que le gouvernement indonésien, le WWF, BNP Paribas ou Michelin pour développer en Indonésie, avec un financement des marchés, une plantation d'hévéas de 88 000 hectares, qui crée 16 000 emplois, restaure la biodiversité et fournit du caoutchouc produit selon des normes environnementales et sociales strictes.

C'est le cas, lorsque les banques, les entreprises et les investisseurs convergent sur des prêts verts qui sont indexés sur
des performances RSE, reconnues comme le gage de la pérennité des organisations.

En jouant sur leur effet démultiplicateur, les banques participent pleinement à l'accélération de la lutte contre le changement climatique aux côtés de leurs parties prenantes. Car ça n'est qu'ensemble que nous pourrons mener cette transition.

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La Tribune a demandé à 12 chefs d'entreprise et 
12 experts de formuler une solution pour sauver la planète.

Isabelle Kocher - Engie | Alexandre de Juniac - IATA | 
Jean-Pascal Tricoire - Schneider Electric | Antoine Frérot - Veolia | 
Jean-Laurent Bonnafé - BNP Paribas | Guillaume Poitrinal - Woodeum |
Thomas Buberl - Axa | Alain Dinin - Nexity | 
Laurence Tubiana - Fondation européenne pour le climat | 
Frédéric Rodriguez - Greenflex | Laurent Solly - Facebook | 
Arnaud Leroy - l'Ademe | Jean-Yves Le Gall - Cnes | 
Cécile Maisonneuve - Fabrique de la Cité | Sylvie Goulard - Banque de France |
Chantal Jouanno - CNDP | Karima Delli - Députée européenne | 
Alain Grandjean - Carbone 4 | François-Michel Lambert - Député | 
Frédéric Mazzella - Blablacar | Eric Scotto Akuo - Energy 
Dominique Bourg - Philosophe | Cyril Dion - Réalisateur 
Patrick Criqui - CNRS.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2018 à 16:44 :
D'autres structures que les entreprises inventent et produisent les solutions pour rester en deçà des 2%. Le postulat de départ reste flou. L'entreprise reste un acteur parmi d'autres. Et non l'Alpha et l'oméga. Ensuite, le désengagement concerne aussi toutes les activités dérivées liées aux énergies fossiles : matière première, fonds de placements, fabriquants de plastiques, distributeur d'eau en bouteille, etc...
Quand chaque objet de financement et chaque emprunteur sera filtré au regard de son bilan carbone. Avec des malus de taux ou de commissions selon des seuils à définir. Alors, les banques participeront à l'effort collectif.

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