Réindustralisation : la réforme 100% santé pénalise la production de lunettes en France, dénoncent les industriels
Amandine Ibled
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AMANDINE IBLED
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Sur le principe, l'idée de la réforme « 100% santé » n'est pas contestée par les fabricants. Et pour cause, il s'agit de rendre les lunettes accessibles à tous les Français. « Même si dans les faits, seuls 3 à 5% de la population est réellement concernée par cette réforme », précise Éric Plat, PDG d'Atol. Le marché reste en constante augmentation, en raison du vieillissement de la population et de l'exposition intensive aux écrans.
« Près de 80% de la population porte des lunettes, contre 50% dans les années 1980 », note Éric Plat. Avant cette réforme et durant 30 ans, les opticiens proposaient des collections de lunettes éligibles aux clients bénéficiant de la CMU (couverture maladie universelle). Avec la réforme du « 100% santé », la prise en charge des lunettes a évolué.
Depuis le 1er janvier 2020, il existe deux classes pour les équipements optiques. La classe A est sans reste à charge (offre 100% Santé). La classe B prévoit des prix libres (hors offre 100% Santé), avec une prise en charge des montures, dans la limite de 100 euros par les assureurs complémentaires. Concrètement, chaque opticien doit présenter dans son point de vente au moins 54 montures à un prix inférieur ou égal à 30 euros.
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Dans la pratique, les fabricants de lunettes en France, principalement situés dans le Jura et à Oyonnax, dénoncent « un accélérateur d'importation de lunettes chinoises » et une « paupérisation de la classe moyenne », moins bien remboursée.
Amandine Ibled