Cette crise financière qui vient selon 83% des investisseurs institutionnels

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(Crédits : Natixis IM)
Selon une étude de Natixis IM, 63% des investisseurs institutionnels s'attendent à une nouvelle crise dans les trois ans à venir, 83% d'ici cinq ans. Ils redoutent une plus grande volatilité, qui risque d'être amplifiée par les flux colossaux d'encours en gestion indicielle.

Il y a un an, les marchés d'actions mondiaux connaissaient une chute brutale, un mini-krach et le pire mois de décembre du Dow Jones depuis 1931. « Apocalypse Dow » avait ironisé le chef stratégiste d'une grande banque américaine. Aujourd'hui, la question n'est plus "y aura-t-il une crise financière" mais "quand". C'est ce qu'il ressort d'une étude réalisée par la société de gestion Natixis Investment Managers auprès de 500 investisseurs institutionnels, fonds de pension, publics ou privés, fonds souverains et autres compagnies d'assurance d'une trentaine de pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique.

L'écrasante majorité d'entre eux s'attend à une crise financière mondiale dans les années à venir. Ils sont seulement 6% à ne pas penser qu'il y aura une autre crise après celle de 2008-2009. Ces grands investisseurs, qui représentent plus de 15.000 milliards de dollars d'actifs sous gestion, sont 83% à anticiper une nouvelle crise dans les cinq ans à venir. Le gros des bataillons perçoit une menace plus pressante : ils sont 58% à la redouter sous un à trois ans.

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Crise financière krach anticipations Natixis

[Quand les investisseurs institutionnels pensent-ils que la prochaine crise va frapper ? Crédits : Natixis IM]

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Correction inévitable en 2020 ?

Alors que les grands indices ont enregistré une progression quasi continue depuis le début de l'année (+20% pour le Dow, +30% pour le Nasdaq, +24% pour le CAC 40 et le Dax à Francfort), ils ne sont que 4% à ne pas croire à une correction de marché en 2020. Ils sont 48% à penser que ce sont les marchés d'actions qui connaîtront une telle correction l'an prochain et 46% à anticiper une chute de la valeur des crypto-actifs.

Le Bitcoin, le plus connu des crypto-actifs et la plus forte capitalisation de ce jeune marché (135 milliards de dollars), a presque doublé cette année, passant de moins de 4.000 à 7.500 dollars, dépassant même les 10.000 dollars cet été.

 "Il semble que la pensée des institutionnels se prête à la physique newtonienne. Les investisseurs croient que ce qui monte va inévitablement baisser" observe Natixis IM.

L'un des points saillants de l'étude est l'inquiétude généralisée des institutionnels du monde entier à l'égard du niveau record de la dette publique : 89% s'en disent préoccupés. Quand il s'agit des risques pesant directement sur leur portefeuille d'actifs en 2020, ils identifient les tensions commerciales (73%), le ralentissement de la croissance et l'environnement de taux bas : 6 institutionnels sur 10 pensent que cela impactera la performance de leurs investissements. Les bulles sur certains actifs (immobilier, private equity, etc) aussi.

Les risques cachés des fonds indiciels

Plus de la moitié de ces investisseurs de long terme s'attendent à une plus forte volatilité  l'an prochain : dans cet environnement, ils privilégient la gestion "active" (choix de catégories d'actifs, de types de valeurs, de secteurs, de régions, etc), à 70%, et diminuent l'allocation dévolue à la gestion passive (qui réplique les indices).

"74% des institutionnels estiment que les investisseurs individuels ont un faux sentiment de sécurité à propos des fonds indiciels" relève l'étude.

Les encours en gestion passive ont bondi depuis la crise financière, passant de 1.000 milliards en décembre 2009 à 6.000 milliards de dollars dix ans plus tard selon une récente étude d'EPFR/Informa. L'essentiel reste concentré sur le marché américain (4.200 milliards des encours sont domiciliés aux Etats-Unis) où les BlackRock et autres Vanguard ont séduit grands et petits investisseurs, avec des frais de gestion très bas.

Les institutionnels interrogés par Natixis IM (lui-même spécialiste de la gestion active) "voient des risques importants dans les flux démesurés vers des investissements passifs : 64% disent qu'ils amplifient la volatilité, 54% pensent que le marché ignore les fondamentaux et 57% craignent que le phénomène ait concentré le contrôle entre les mains d'un trop petit nombre d'actionnaires".

Certains investisseurs estiment que la gestion passive peut rendre les marchés plus irrationnels, à la hausse comme à la baisse, plus sujets à des effets moutonniers d'achats aveugles ou de ventes massives de panique.

Plus généralement, les institutionnels s'inquiètent des réactions des investisseurs individuels : ils sont 75% à penser que les craintes de récession pourraient amener des petits porteurs à liquider prématurément leurs actifs, 78% à dire que "les particuliers ne comprennent pas leur propre tolérance au risque" et 77% à considérer qu'ils ont "des attentes irréalistes de rendement."

Malgré leurs craintes d'une correction voire d'une crise financière mondiale, les investisseurs institutionnels interrogés n'ont pas l'intention à ce stade de changer de façon significative la répartition de leurs actifs, restant très investis en produits de taux (38,7% en 2020 contre 39,1% en 2019) et en actions (35,8% contre 36,5%), en augmentant un peu la part des actifs alternatifs (dette privée, infrastructures, immobilier, private equity, etc).

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a écrit le 11/12/2019 à 11:36 :
On continue à croire dans les sacro-saintes lois économiques...plus les taux baissent,les investissements augmentent ainsi que la création des emplois.Tout est faux mais on fait comme si Dieu existait.Que fait-on des perspectives de débouchés nulles aujourd'hui?Macron et sa clique veulent réduire une dette alors qu'ils empruntent à des taux négatifs autrement dit,ils s'enrichissent en empruntant....Il ne faut pas avoir un bac+5 pour comprendre qu'il ne s'agit que d'appauvrir la masse ,le peuple débonnaire qui finira par se lasser.......et badaboum....
a écrit le 11/12/2019 à 8:50 :
Ce n'est pas étonnant et c'est plutôt rassurant que les financiers s'en rendent compte.
Il faut absolument stopper la politique des taux bas. Tous les assureurs et banques d'envergure sont actuellement fragilisés. Il suffit qu'un seul établissement systémique tombe pour que tous les autres s'écroulent. Ca représente des milliers d'emploi et ça signifie la fin brutale du crédit nécessaire à toutes les entreprises et de tous les eventuels investissements.Bref, si en Europe il n'y a pas eu de vrai crise comme aux US. Cette fois ce sera le cas.
Réponse de le 11/12/2019 à 9:10 :
Il est peu probable qu'une banque systemique fasse faillite comme ca. On en a par exemple 4 en France. BNP Paribas par ex represente en valeur l equivalent du PIB francais (env.2000 milliards d'euro). Aucun gouvernement ne laisserait ce type de banque couler, car c'est toute l'economie qui s'effondre..En revanche comme en 2008 la dette est transferee a l'Etat, et donc dans ce cas futur, la reduction drastique des services publics, la privatisation a outrance des actifs publiques de valeurs (comme en Grece) et donc une financiarisation de tout ce qui etait paye par les impots , desormais paye par une redevance privee..Bienvenu chez Orwell..!
Réponse de le 11/12/2019 à 9:15 :
Il est peu probable qu'une banque systemique fasse faillite comme ca. On en a par exemple 4 en France. BNP Paribas par ex represente en valeur l equivalent du PIB francais (env.2000 milliards d'euro). Aucun gouvernement ne laisserait ce type de banque couler, car c'est toute l'economie qui s'effondre..En revanche comme en 2008 la dette est transferee a l'Etat, et donc dans ce cas futur, la reduction drastique des services publics, la privatisation a outrance des actifs publics de valeurs (comme en Grece) et donc une financiarisation de tout ce qui etait paye par les impots , desormais paye par une redevance privee..Bienvenu chez Orwell..!
a écrit le 11/12/2019 à 1:34 :
Les Banques nous adressent chaque mois " plafond de garantie des dépots ",
en cas de faillite : 100 000 eur, en baisse chaque année ( non indexé sur l'inflation )
Réponse de le 12/12/2019 à 17:37 :
Et qui n'est pas garanti, si la banque est à nue : ce sera 0
a écrit le 10/12/2019 à 23:58 :
Ça semble inéluctable

La France qui fait des dettes depuis 40 ans va finir par le payer très cher

Notre clone de hollande
j’ai nommé Macron
En sera le dernier responsable
Et sûrement le pire
Il a été banquier et il avait promis de réduire la dette
a écrit le 10/12/2019 à 19:27 :
Une crise financière est probable dans les mois à venir.
Mais reste à mes yeux moins certaines qu'une crise sociale majeure.
Même si le pire n'est pas inéluctable.
a écrit le 10/12/2019 à 18:45 :
A mon avis personne n'en sait rien car à prédire le futur , un seul chiffre est correct :
100% sur de se tromper . Alors calmos et back tous les fondamentaux .
a écrit le 10/12/2019 à 18:08 :
Les investisseurs institutionnels semblent avoir peur mais d'après le dernier paragraphe de l'article, la répartition des actifs (% actions/obligs/alternatifs) n'a pas tellement changé.
C'est bizarre.
Cordialement
a écrit le 10/12/2019 à 17:54 :
Le total des actifs financiers mondiaux avoisine 5 fois le PIB mondial. L'activité réelle est de plus en plus déconnecté de la finance grâce aux taux d'intérêt avoisinant 0. La finance peut se contracter sans dommage pour l'économie réelle. Cela ne fera que réduire les inégalités de fortune.
a écrit le 10/12/2019 à 16:57 :
Cela montre le danger de la politique de macron qui actuellement transfert tout les fonds sur le marché financier.

Toute en prenant l'argent de notre protection sociale pour le financiariser pour ses potes.
Du coup, lors de la crise, elle n'en sera que plus terrible!

Et comme il n'y a plus de légitimité du pouvoir politique, pas difficile de comprendre ce qui suivra !
a écrit le 10/12/2019 à 15:03 :
Une crise financière , c'est la super-bourse qui fera encore des très très riches car il ramasseront la mise avant que n'éclate la bulle financière. Je parierai que ce soit les mêmes à l'affût , de toute façon les perdants au 1er rang non rien à craindre ils seront encore remboursés avec nos impôts une nouvelle fois .
a écrit le 10/12/2019 à 14:13 :
Perso, je crois que les bulles que l'on voit se former (actions, immobilier) vont croitre à des niveaux jamais atteints tant que la politique de taux d'intérêts négatifs continuera. Il n'y a plus de sagesse dans nos politiques, et ce qui est prédictible, c'est que lorsque nous serons au bout de ce cycle d'une longueur jamais connue (2021 au plus tôt), le retournement sera effectivement très brutal. Tous ceux qui ont été à la source des maux (les trop faibles taux d'intérêts liés aux gabegies sur la dépense publique), parleront alors de "crise financière". Pour l'instant, le système financier (banques et assurances) subit ces politiques, n'a pas d'intérêt dans la politique des taux actuelle. Et les plus démunis, voire les classes moyennes, n'y ont pas non plus intérêt (cout du logement, impossibilité de placements non risqués..). 2020 sera l'année de toutes les volatilités, mais la crise est pour plus tard. Enfin, 2019 s'avère comme l'année la plus favorable pour les plus aisés depuis 20 ans, avec des records boursiers (20 à 25%).. Est-ce vraiment cela l'objectif?
a écrit le 10/12/2019 à 13:21 :
Ce gouvernement LREM vous dirige tout doucement vers la retraite par capitalisation, faisant les choux gras des banques et des assureurs vie, avec comme conseils : LES ACTIONS c'est à dire la BOURSE. Si comme ils le disent les investisseurs une crise financière à lieu dans les 3 ans qui viennent, et que c'est à ce moment là que vous voulez récupérer votre capital. Aie, aie, ça craint pour vos finances et une gueule de bois pour votre retraite.
a écrit le 10/12/2019 à 12:16 :
Les acteurs de l'économie s'organisent pour maximiser leurs profits individuels à courts terme, en faisant preuve de créativité, sur le mode ce qui n'est pas interdit est autorisé...et après nous le déluge
Quand les profits diminuent, il est alors temps de provoquer une crise, dont le coût est mutualisé et supporté par la collectivité, pour remettre les indices au plus bas .
Et quand l'éponge a été passée, on recommence sur un nouveau cycle de croissance.
Le chaos est organisé, pas de doute!
a écrit le 10/12/2019 à 11:29 :
Ben le seul coin qui va prendre une très grosse activité c'est l'Afrique subsaharienne et le meilleur à investir, le bénéfice sera très supérieur au risque, déjà l'île test Madagascar commence à craquer, investir dans les infrastuctures fera un bon retour dans les 20 ans à venir.
Le reste du monde c'est l'invention folle de monnaie ne se basant sur rien ou rien n'aura de valeur sauf le foncier non bati.
Le bitcoin n'est pas plus bidon que le dollar.
a écrit le 10/12/2019 à 11:11 :
Qu'il y ai une crise dans la virtuel finance cela ne nous serez pas inquiétant s'il ne jouait aussi avec notre argent! Il faut décorréler ces deux mondes!
a écrit le 10/12/2019 à 10:16 :
C'est toujours plus facile de prédire des catastrophes : repentez-vous ! la fin du monde est proche !
Quand on meurt d'ennui, on joue à se faire peur, c'est classique.
Et on meurt d'ennui, dans les salons parisiens, apparemment.
a écrit le 10/12/2019 à 10:10 :
Cette prochaine catastrophe financière sonnera le glas des démocraties...
a écrit le 10/12/2019 à 9:36 :
Le numérique engloutit des sommes colossales pour des promesses dont on peut raisonnablement douter. Le secteur automobile se dirige tout droit vers une crise massive. Ces 2 secteurs sont à eux seuls à même de déclencher une crise. Le niveau des dettes publiques et privées sont les autres inconnues qui pourraient déclencher le chaos.
Et rien ne dit que tout l'ensemble ne s'effondre en même temps.
a écrit le 10/12/2019 à 9:25 :
Investisseurs qui n'ont pas vu venir la crise des subprimes.... et qui nous prédisent désormais une crise imminente depuis 10 ans!

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