Les grandes entreprises sont trop endettées, alerte Bercy

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Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) est l’autorité macroprudentielle française chargée d’exercer la surveillance du système financier dans son ensemble, dans le but d’en préserver la stabilité et la capacité à assurer une contribution soutenable à la croissance économique. Il est présidé par le ministre de l'Economie et des Finances, en l'occurrence Bruno Le Maire.
Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) est l’autorité macroprudentielle française chargée d’exercer la surveillance du système financier dans son ensemble, dans le but d’en préserver la stabilité et la capacité à assurer une contribution soutenable à la croissance économique. Il est présidé par le ministre de l'Economie et des Finances, en l'occurrence Bruno Le Maire. (Crédits : Reuters)
Le Haut conseil de stabilité financière envisage de limiter l’exposition des banques aux grandes entreprises françaises les plus endettées, à 5% de leurs fonds propres. S’il écarte un risque de crédit, il juge préoccupante la dynamique d’endettement des grands groupes, sans citer de nom.

[Article mis à jour à 18h25]

Il y avait eu plusieurs avertissements, de la part du gouverneur de la Banque de France ces derniers mois, sur la forte hausse de l'endettement des entreprises, mais aussi des ménages français par rapport aux autres pays européens. Bercy souhaite « envoyer un signal » aux acteurs économiques : le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), qui s'est réuni ce vendredi sous la présidence du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé ce vendredi qu'il envisage une mesure inhabituelle permettant de « limiter les expositions des banques systémiques  sur les grandes entreprises résidentes les plus endettées, à un niveau de 5% de leurs fonds propres dans un premier temps ».

A Bercy, la mesure est présentée comme un garde-fou plutôt que comme la constatation d'une bulle.

« La dynamique d'endettement est préoccupante, mais il n'y a pas de risque de crédit à brève échéance » insiste-ton au ministère. « Il s'agit d'éviter que des banques déjà exposées à des entreprises endettées le soient davantage demain. »

Cette restriction de crédit devrait concerner une dizaine de grands groupes français.

La dette brute des grandes entreprises françaises a augmenté de de 7% par an en moyenne entre 2011 et 2016 contre 1% seulement pour les PME.

Risque de bulle ?

Dans son communiqué, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) souligne :

« S'agissant des sociétés non financières, leur endettement rapporté au PIB est caractérisé par une hausse presque continue depuis 2005. Cette évolution contraste avec celles des autres grands pays européens. Sur la période la plus récente, la dynamique de l'endettement des sociétés non financières repose aussi bien sur la progression des crédits bancaires que sur celle des titres de dette. »

Il y a deux mois, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau pointait dans une interview au Figaro :

« Nous devons nous soucier de la croissance rapide de l'endettement des ménages et surtout des grandes entreprises, à près de 8 % de hausse.» Il prévenait déjà que « Si nécessaire, nous prendrons des mesures macro-prudentielles. Le crédit va bien en France, et c'est une bonne nouvelle, mais il ne doit pas être durablement hors de proportion avec la situation économique. Le redémarrage des investissements est très encourageant. Mais on observe aussi un fort rebond des acquisitions des grandes entreprises, financé par l'endettement : c'est un des points à surveiller. »

Dans sa lettre introductive au rapport annuel 2016, publiée en juillet dernier, la Banque de France expliquait ainsi :

« Les crédits accordés à l'économie sont abondants. Ce dynamisme est même un sujet de vigilance aujourd'hui : les crédits progressent en France (+ 5,6 % en rythme annuel en avril 2017), plus de deux fois plus vite que la moyenne de la zone euro, beaucoup plus vite que le PIB nominal. La dette privée, des ménages et des entreprises, dépasse désormais en France celle de la zone euro. Nous devons veiller, comme vient de le marquer le Haut Conseil de stabilité financière, à ce que n'apparaissent pas de nouvelles bulles, sur l'immobilier ou sur les acquisitions d'entreprise. »

S'il ne parle pas de bulle, le Haut conseil de stabilité financière met en garde sur « la forte dynamique des marchés actions ».

La mesure de limitation de l'exposition des banques sera adoptée dès que les autorités européennes auront rendu leur avis.

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Commentaires
a écrit le 19/12/2017 à 11:27 :
Cette événement marque le début d'une crise économique
a écrit le 18/12/2017 à 7:29 :
C'est un article pour M.Drahi ?
a écrit le 17/12/2017 à 12:57 :
Que Bercy s’occupe en toute priorité des finances de l’Etat, fortement endetté : plus de 2.000 milliards d’Euros et qui met les Français dans une totale dépendance vis à vis des créanciers !!!
a écrit le 17/12/2017 à 12:32 :
Visiblement les entreprises ont le même problème que l'Etat. Que Bersy s'occupe déjà du problème de la dette de l'Etat.
a écrit le 17/12/2017 à 11:03 :
@FLG 15/12/2017 22:19 et @Velkavatar 16/12/2017 16:19
Difficile d'écrire que le QE de la BCE, débuté mars 2015, a eu une réelle influence car, d'après le document de HCSF, l'endettement des entreprises augmente de façon régulière depuis 2007 (de 50% à 70 % en % de PIB)
Comme le souligne Velkavatar, si c'est pour investir dans des projets rentables, ce n'est pas un problème. En revanche, si l'argent est utilisé pour le maintien en état de l'outil et/ou respecter de nouvelles normes, c'est plus critique.
Cordialement
a écrit le 17/12/2017 à 10:32 :
Affolons nous braves gens , et répondons à cette exclamation de Bercy par un ;
il faut rétablir leurs finances .
Vous avez tous compris ou nous mènerons leur prochaine affirmation : moins d impôts .
Ce n est donc qu un simple préliminaire !
a écrit le 16/12/2017 à 20:53 :
La prochaine crise approche.....on sait d'avance qui passera à la caisse......comme d'habitude....
a écrit le 16/12/2017 à 18:22 :
Est ce que les fonctionnaires de Bercy sont crédibles lorsqu'ils parlent de dettes excessives? La réponse ne serait elle pas dans la question?
a écrit le 16/12/2017 à 17:35 :
Encore un sujet que l'on peut ramener à votre article: "Distribution de dividendes : toujours plus !" https://www.latribune.fr/entreprises-finance/distribution-de-dividendes-toujours-plus-593518.html

C'est l'avantage d'un article de qualité il est ancré au sein d'une partie de la vérité et du coup se retrouve régulièrement sollicité.
a écrit le 16/12/2017 à 16:34 :
Bercy s'inquète des dette des entreprises mais pas celles de la France......2500Milliard d'euros une paille!!
Réponse de le 18/12/2017 à 10:44 :
+ 200 prévus l'année prochaine, sachant la difficulté pour l'état d'absorber les 10 milliards "Sapin" disons que nous sommes bientôt dans l'incapacité de rembourser quoique ce soit !!!!!!! proverbe paysan "on n'est pas rendu "
a écrit le 16/12/2017 à 16:19 :
Le contexte de taux d’intérêt excessivement bas et l’afflux de liquidités a favorisé l'endettement.

L'endettement des entreprises est probablement moins préoccupant que celui de l’État, car on peut supposer que les entreprises ont déjà bien intégré le concept qui dit qu'à tout investissent correspond un retour sur investissent.

Tout dépend dans quoi investissent les entreprises, si c'est dans l'optimisation des outils de production, dans les nouvelles technologies ou dans le développement à l'export, cela peut être profitable à terme.
Réponse de le 18/12/2017 à 14:22 :
"L'endettement des entreprises est probablement moins préoccupant que celui de l'État". Les crises dues à l'endettement des États sont bien plus rares que celles dues aux entreprises. Je dirais même : ce sont les crises dues aux défaillances des entreprises (leur taux d'endettement étant une cause parmi d'autres) qui entraînent généralement des crises des finances publiques.
a écrit le 16/12/2017 à 10:38 :
Le rapport HCSF indique que le total de la dette: administrations + ménages + entreprises est environ 225% du PIB. Cela n'est pas négligeable. Depuis le pic de 2009 et en % du PIB, les gaps "bancaire" et "Balois" se sont améliorés plus significativement pour les ménages que pour les entreprises. Quid ?
Il serait intéressant de connaître en détail les expositions actuelles et les noms des banques (mais aussi ceux des grandes entreprises) qui sont concernées par l'objectif de 5% (fonds propres d'exposition des banques sur les dettes des grandes entreprises)
Des écarts à la bourse sont peut-être à prévoir dés lundi......
Cordialement
a écrit le 16/12/2017 à 9:05 :
que le gouvernement montre l'exemple !!!!!

mr les journalistes combien coute l'escapade du gouvernement à CAHORS,,,,??

mr HULOT 6 voitures pour un ecolo ,,,,?????
a écrit le 15/12/2017 à 22:19 :
Inutile décréter de nouvelles mesures de régulation, laissez les taux d'intérêt être à nouveau fixés par le marché, au lieu du technocrate Draghi, et les entreprises arrêteront de s'endetter sans raison valable.
a écrit le 15/12/2017 à 19:32 :
C'est vrai que l'état lui n'est pas endetté ... contrairement à beaucoup d'entreprises , les investisseurs financiers privilégient des entreprises prises avec un cash-flow solide pour investir plutôt qu un état surendetté dans l'incapacité de se renouveler
Réponse de le 18/12/2017 à 14:23 :
Rachat d'Opel par PSA. Contre-exemple parmi tant d'autres de votre affirmation.

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