Aéronautique : Airbus en pleine "remontada"

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(Crédits : Reuters)
Après avoir livré 87 appareils en novembre (hors les ex C-Series de Bombardier), l'avionneur européen doit livrer en décembre 121 appareils pour respecter son objectif de livraisons revu à la baisse à l'automne et 139 pour créer la surprise et atteindre l'objectif de 800 livraisons initialement fixé.

Airbus est-il parti pour faire une « remontada » aussi spectaculaire que celle constatée  l'an dernier quand l'avionneur, à la suite d'un mois de décembre sur les chapeaux de roues en termes de commandes et de livraisons d'avions, avait coiffé Boeing sur le poteau dans la course aux commandes et battu son record de production ?

Boeing nettement devant Airbus

Le scénario est tentant car la situation d'Airbus aujourd'hui ressemble à celle de l'an dernier à la même date. En retard sur Boeing dans le match des prises de commandes (380 commandes nettes à fin novembre contre 642 pour l'Américain à fin octobre), l'avionneur européen vient d'engranger une commande ferme du loueur d'avions Avolon portant sur 100 exemplaires remotorisés de la famille A320 (Neo).

Ayant encore un grand nombre de protocoles d'accords signés au salon aéronautique de Farnborough en juillet qui n'a pas été transformé en commandes fermes, le groupe européen a encore une petite chance, au moins sur le papier, de rattraper son retard et devancer son rival américain, à la double condition de finaliser de nombreux contrats d'ici à la fin du mois et que son rival américain marque pendant ce temps le pas.

Pour autant, la situation diffère un peu par rapport à l'année dernière, où Airbus avait enregistré 850 commandes pour le seul mois de décembre pour finir l'année à plus de 1.100 commandes nettes. Selon certains analystes, Airbus ne réitèrera pas sa performance exceptionnelle et devrait comptabiliser plus de 600 commandes nettes sur l'ensemble de l'année, en retrait par rapport à Boeing.

La production tourne à plein régime

C'est donc peut-être sur les livraisons qu'Airbus a plus de chances de réussir sa « remontada ». Début novembre, les difficultés des motoristes à fournir les moteurs, les soucis internes observés sur l'une des chaînes d'assemblage final de Hambourg, et les doutes sur la prise effective de certains avions par des clients, avaient contraint Airbus à réviser à la baisse son objectif annuel de livraisons à 782 appareils (hors A220, anciennement C-Series de Bombardier) contre 800 initialement. A ce moment-là, le constructeur européen affichait 574 appareils au compteur. Il lui fallait donc réaliser 208 livraisons en deux mois pour atteindre son nouvel objectif, et 226 pour atteindre l'ancienne prévision de 800 appareils livrés. Soit entre 104 et 113 livraisons en moyenne au cours des deux derniers mois de l'année.

Un mois plus tard, l'objectif est toujours atteignable. Après avoir livré 87 appareils en novembre, l'avionneur affichait 661 livraisons début décembre, et doit désormais livrer 121 appareils en décembre pour atteindre l'objectif présenté aux investisseurs et 139 pour réaliser l'objectif initialement prévu, lequel lui permettrait de talonner Boeing qui vise entre 810 et 815 livraisons. Si l'on songe qu'Airbus est parvenu à livrer 127 appareils en décembre 2017, la "remontada" sera effectivement jouable. D'autant plus que les motoristes livrent leurs moteurs, et que les doutes sur plusieurs livraisons d'A330 (notamment ceux d'Hainan Airlines) en raison des incertitudes sur leur financement ont été levés.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2018 à 23:58 :
Oula vous y allez fort votre confrère trevidic va devoir se fendre d un article spécial Boeing pour rétablir la "vérité" 😂
a écrit le 11/12/2018 à 9:25 :
Très bonne nouvelle pour la production de l'A320, L'A320neo,l'A321 ou encore A330-340 ( quid A380 ? quid 350 ?) : le carnet de commande est plein et Airbus tourne à bloc. C'est une très bonne nouvelle pour l'emploi dans l'aéronautique, pour les compagnies aériennes et pour Airbus en général. Depuis 20 ans l'aéronautique marche à plein et Airbus conçoit, innove et produit des avions de ligne de grande capacité pour nombre de compagnie à travers le monde. Son concurrent majeur Boeing lui tient la dragée haute mais Airbus fait bien mieux que lui resister. Il innove, developpe l'avion electrique, installe le moteur LEAP de Safran et conçoit des avions plus economes en carburant. J'ai personnellement pris 3 fois l'avion en 8 ans, c'est peu mais particulièrement utile pour les liaisons en europe, entre pays europeens, toujours en low cost : deux fois pour Heathrow, une fois pour Rome, une fois pour Lisbonne ! Oui le monde de l'aéronautique je le trouve génial, très productif et inventif ( beaucoup de brevets). Beaucoup de chose génial en aéronautique pour Airbus france et europe. Vive la production d'avions, vive Airbus, vive ArianeGroup et vive l'Europe de l'aéronautique.
Réponse de le 12/12/2018 à 13:34 :
@11 libre, "L' Europe de l’aéronautique.." ??? Soyons clairs, AIRBUS est une coopération internationale, rien à voir avec Bruxelles !
Réponse de le 13/12/2018 à 18:29 :
@UPR
Soyons clairs, Airbus c'est une collaboration de pays européens et l''Europe ce n'est pas Bruxelles. L'Europe est un continent.
Arrêter vos fixettes et de tout ramener à Bruxelles.
a écrit le 11/12/2018 à 9:21 :
Pour le moment (au 11/12) la remontada est difficile : 27 appareils livrés depuis le 1er décembre, encore une centaine à sortir d'ici le 31 ça va être dur...
https://aibfamily.flights/statistics/all/2018-12-01/2018-12-11
a écrit le 11/12/2018 à 8:02 :
Ce qui n'empeche pas l'action d'avoir perdu 20 % en trois mois. Preuve que la bourse n'est rien d'autre que de la speculation irrationnelle
Réponse de le 11/12/2018 à 18:54 :
Ça doit être parce que certains ont arbitré pour Boeing...

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