B 737 MAX : ce scénario du pire qui pourrait coûter très cher à Boeing

Bresil et mexique suspendent les vols du boeing 737 max
Joshua Roberts

Bresil et mexique suspendent les vols du boeing 737 max
Joshua Roberts
Arrêt des livraisons, de la production, compensations aux clients, perte à court terme des campagnes de ventes en court au profit d'Airbus : vingt-deux mois à peine après la mise en service du premier Boeing 737 MAX, la suspension des vols de l'appareil peut, dans le pire des scenarios, coûter très cher à l'avionneur américain. Tout dépendra évidemment de la durée de la suspension des vols décidée depuis l'accident d'un B 737 MAX 8 d'Ethiopian Airlines ce dimanche par les différentes autorités de l'aviation civile un peu partout dans le monde, dont celle des Etats-Unis depuis hier.
La durée de la suspension sera liée au temps qu'il faudra pour identifier concrètement les dysfonctionnements de l'avion, concevoir une solution fiable, et certifier celle-ci. Difficile en l'absence d'indications précises d'établir un calendrier aujourd'hui. Seule l'analyse des boîtes noires de l'avion qui sera faite en France permettra aux autorités d'établir un diagnostic précis sur les raisons de l'accident d'Ethiopian Airlines, quatre mois après celui d'un avion du même type de Lion Air avec de fortes similitudes.
Pour autant, lors d'une conférence téléphonique mercredi citée par l'agence Reuters, la direction de l'aviation civile américaine, la Federal Aviation Administration (FAA), a lâché que cela allait prendre "des mois" avant que les problèmes de logiciels des Boeing 737 MAX soient réglés.
La durée de la suspension des vols est donc cruciale pour Boeing. Car elle dictera la durée de l'interruption des livraisons. A raison d'une cinquantaine d'avions livrés par mois (un B737 MAX 8 ou MAX 9 valant au prix catalogue entre 125 et 130 millions de dollars), la perte de chiffre d'affaires peut-être considérable en cas de suspension longue. Par ailleurs, les compagnies impactées (celles qui ont reçu les 371 appareils aujourd'hui cloués au sol et celles qui devaient les recevoir prochainement) exigeront des compensations financières. Les négociations porteront notamment sur les frais de location d'avions pour remplacer les B737 MAX et sur le surcoût opérationnel de ces appareils de substitution. Norwegian a déjà posé le problème sur la table.
Par ailleurs, une interruption longue des livraisons entraînera un chamboulement du calendrier de livraisons. Avec à la clé de fortes pénalités à payer aux compagnies aériennes. Elles seraient d'autant plus élevées que le nombre d'avions et de clients de cet avion est important. Plus de 4.000 appareils sont en commande.
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A cela s'ajoute évidemment le risque d'annulation de commandes. Une telle interruption des livraisons pourrait également faire le jeu de l'A320Neo d'Airbus, au moins à court terme. Airbus peut en effet en profiter pour "aller chercher des parts de marché" sur des clients traditionnels de Boeing.
En outre, en cas d'arrêt des livraisons, la question du maintien des achats auprès des fournisseurs se posera. Pendant les déboires de la phase d'industrialisation du B787 il y a une dizaine d'années, le constructeur américain avait maintenu les achats pour ne pas les fragiliser sur le plan financier. Plusieurs industriels français, notamment Safran, sont des fournisseurs du B737 MAX.
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