Le spectre des annulations ou reports de commandes plane sur Boeing et Airbus
Fabrice Gliszczynski
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Lindsey Wasson
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Première grosse annulation de commande d'avions depuis la crise du Covid-19. Au regard de la crise sans précédent que traversent les compagnies aériennes, ce ne sera pas la dernière. Avolon, la troisième société mondiale de location d'avions, a annulé, vendredi, une commande de 75 Boeing 737 MAX qui devaient être livrés d'ici à 2023, mais aussi quatre Airbus A330 Neo qui, eux, devaient l'être d'ici à 2021. Avolon a néanmoins conservé une option sur seize autres 737 MAX, mais a repoussé leurs livraisons à 2024 et au-delà. Le loueur d'avions a par ailleurs reporté à 2027 et les années suivantes la livraison de neuf Airbus A320 Neo, qui devaient être livrés entre 2020 et 2021. Résultat, le carnet de commandes d'Avolon sur la période 2020-2023 passe de 284 à 165 appareils.
Cette annonce marque le point de départ d'une période de fortes turbulences pour l'industrie aéronautique. Avec l'arrêt quasi-total du transport aérien pour deux ou trois mois et une reprise qui s'annonce longue et difficile, les compagnies aériennes jouent leur survie. L'heure est davantage aux mesures de préservation de cash (chômage partiel, reports d'investissements...) et aux négociations avec leur gouvernement pour obtenir une aide financière qu'aux réceptions d'avions neufs.
S'ajoutent aussi les risques de faillite de certaines compagnies ayant des commandes en cours, car les États ne pourront pas aider tous les transporteurs.
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Si cette sombre perspective se vérifie, les constructeurs d'avions seront privés des rentrées de cash assorties aux livraisons d'avions, puisqu'une bonne partie du prix des appareils est payée à ce moment-là. L'absence de prise de commandes les privera également des prépaiements. Enfin, autre danger pour Airbus et Boeing, les faillites et la baisse de capacité de certaines compagnies vont augmenter le volume d'avions d'occasion qui feront concurrence aux avions neufs.
Fabrice Gliszczynski